mercredi 6 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2200752 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | FRANCE TERRE D'ASILE |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement du 11 mars 2022, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Rouen, après avoir annulé la décision du 21 février 2022 par laquelle le préfet de la Sarthe a prononcé à l'encontre de M. C B, représenté par Me Paraiso, une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans puis rejeté les conclusions de la requête tendant à l'annulation des décisions du 21 février 2022 par lesquelles ce même préfet lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et a fixé son pays de destination, a renvoyé à une formation collégiale les conclusions de la requête à fin d'annulation de la décision du 21 février 2022 portant refus de titre de séjour ainsi que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
M. B soutient, dans sa requête et son mémoire, enregistrés les 23 février et 2 juin 2022, en ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour, que :
- cette décision est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2022, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- et les observations de Me Paraiso, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant de la République démocratique du Congo né le 28 février 1998, déclare être entré en France en 2013. Le 21 septembre 2017, il a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour, qui a été classée sans suite en l'absence de production d'un dossier complet. Le 13 mai 2019, il a formé une nouvelle demande d'admission exceptionnelle au séjour également classée sans suite le 16 décembre 2019 faute de présentation d'un dossier complet. Le 10 mars 2020, il a présenté une nouvelle demande de titre de séjour, rejetée par un arrêté du 29 mars 2021 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. M. B a formé un recours contre cet arrêté devant le tribunal administratif de Nantes. Le 30 juin 2021, M. B a de nouveau demandé un titre de séjour, pour raisons médicales. Le 19 février 2022, l'intéressé a été interpellé pour des faits de vol. Par l'arrêté attaqué du 21 février 2022, le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui vise les stipulations et dispositions dont le préfet de la Sarthe a fait application, notamment l'article 8 la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, expose la situation personnelle et familiale du requérant et les motifs pour lesquels le préfet a refusé de lui délivrer un titre de séjour. La décision portant refus de séjour comportant les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde avec une précision suffisante pour permettre à l'intéressé d'en comprendre les motifs, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, par un arrêté du 4 novembre 2021 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet de la Sarthe a donné délégation à M. Eric Zabouraeff, secrétaire général de la préfecture, pour signer la décision attaquée. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'État. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que, par un avis du 29 décembre 2021, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que si l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine et qu'il peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Si le requérant fait valoir qu'il souffre de troubles psychiatriques, d'hypertension artérielle et d'insuffisance rénale et produit à cet égard une carte d'aide médicale d'État, deux ordonnances médicales des 7 et 21 février 2022 et un certificat médical établi le 8 avril 2022, selon lequel l'état de santé de M. B justifie la poursuite d'un traitement composé de l'Irbesartan, l'Ercan, l'Uradipil et de l'Olanzapine qui ne serait pas disponible sur la liste nationale des médicaments de la République démocratique du Congo, pays d'origine du requérant, il ne ressort pas des pièces du dossier, et n'est d'ailleurs pas allégué, qu'il ne pourrait pas y bénéficier d'un traitement équivalent adapté à ses pathologies. Dans ces conditions, la décision de refus de titre de séjour du 21 février 2022 n'est pas entachée d'erreur d'appréciation.
6. En dernier lieu, si M. B fait valoir qu'il réside en France depuis 2013, il ne l'établit pas. En outre, le requérant, dont le père, qui résidait régulièrement en France, est décédé en avril 2020, ne justifie d'aucune attache familiale en France ni d'aucune insertion sociale et professionnelle, M. B ayant été, par ailleurs, condamné le 25 octobre 2017 à deux mois d'emprisonnement avec sursis pour recel de bien provenant d'un vol, le 17 janvier 2018 à une amende pour des faits de vol et, le 21 mai 2019, à trois d'emprisonnement avec sursis pour usage illicite de stupéfiants et vol dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B serait dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision de refus de titre de séjour sur sa situation personnelle.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 21 février 2022 du préfet de la Sarthe. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la Sarthe.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Macaud, présidente,
- M. Guiral, conseiller,
- Mme Boucetta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2022.
La présidente-rapporteure,
A. A L'assesseur le plus ancien,
S. GUIRAL
Le greffier
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026