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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2200803

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2200803

mardi 18 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2200803
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4 ème Chambre
Avocat requérantLEROY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 février et 10 avril 2022, M. B A, représenté par Me Leroy, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 octobre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois et dans tous les cas de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans les 8 jours dans l'attente de la décision ;

3°) de mettre à la charge de l'État, au bénéfice de son conseil, la somme de 1 000 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

la décision de refus de titre de séjour :

- est insuffisamment motivée ;

- a été prise au terme d'une procédure irrégulière en violation du droit à une bonne administration dès lors qu'il n'a pas été informé, et qu'il n'a pas eu communication des vérifications faites sur ses documents d'identité ;

- a été prise en méconnaissance du droit d'être entendu ;

- a été prise au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;

- méconnaît les dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est insuffisamment motivée ;

- a été prise au terme d'une procédure irrégulière en violation du droit à une bonne administration dès lors qu'il n'a pas été informé, et qu'il n'a pas eu communication des vérifications faites sur ses documents d'identité ;

- a été prise en méconnaissance du droit d'être entendu ;

- est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;

- est entachée d'illégalité par voie de conséquence de l'illégalité de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

la décision fixant le pays de renvoi :

- est insuffisamment motivée ;

- a été prise au terme d'une procédure irrégulière en violation du droit à une bonne administration dès lors qu'il n'a pas été informé, et qu'il n'a pas eu communication des vérifications faites sur ses documents d'identité ;

- a été prise en méconnaissance du droit d'être entendu ;

- est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;

- est entachée d'illégalité par voie de conséquence de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mars 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 janvier 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boyer, présidente-rapporteure ;

- les observations de Me Leroy représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant ivoirien, déclare être entré sur le territoire le 17 avril 2018 sans en justifier. Il a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance par une ordonnance provisoire le 31 mai 2018 et par un jugement d'ouverture de tutelle du 9 octobre 2018. M. A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 et de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile devenus articles L. 435-3 et L. 423-23 du même code. Par l'arrêté du 29 octobre 2021 dont l'annulation est demandée, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit.

Sur la décision de refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui vise les dispositions applicables notamment les articles L. 435-1, L. 423-23 et L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les articles 3 et 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, mentionne les éléments relatifs à la situation personnelle et familiale de M. A, rappelle la nationalité du requérant, mentionne qu'il n'est pas établi que M. A pourrait être soumis à la torture ou à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine et indique les raisons pour lesquelles le préfet de la Seine-Maritime a décidé de prendre les décisions attaquées. L'arrêté comportant les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde avec une précision suffisante pour permettre à l'intéressé d'en comprendre les motifs, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision de refus de titre de séjour a été prise en réponse à une demande, elle ne méconnaît donc pas l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration relatif aux cas dans lesquels une décision individuelle est soumise à une procédure contradictoire préalable. En outre, la décision de refus de titre de séjour ne constitue pas une décision mettant en œuvre le droit de l'Union européenne, de sorte que le moyen tiré de la violation du principe général du droit de l'Union européenne relatif au droit d'être entendu doit être écarté comme inopérant.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. " Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : 1° les documents justifiant de son état civil ; 2° les documents justifiant de sa nationalité ; () ". L'article L. 811-2 du même code prévoit que la vérification des actes d'état civil étrangers doit être effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. Ce dernier article dispose quant à lui que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".

5. Lorsqu'il examine une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de " salarié " ou " travailleur temporaire ", présentée sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, qu'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et dix-huit ans, qu'il justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle et que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Il lui revient ensuite, dans le cadre du large pouvoir dont il dispose, de porter une appréciation globale sur la situation de l'intéressé, au regard notamment du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Il appartient au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation ainsi portée.

6. Pour rejeter la demande de séjour de M. A, le préfet de la Seine-Maritime s'est fondé sur l'analyse réalisée le 14 mars 2020 par les services de la police aux frontières relative au certificat de nationalité et à l'extrait du registre des actes de l'Etat civil délivré le 13 février 2014 produits par le requérant et a considéré que M. A n'établissait ni son identité ni son âge. Il ressort cependant des termes de ces analyses que si elles émettent des avis défavorables, elles indiquent également que ces documents présentent les caractéristiques et sécurités d'un document authentique et relèvent notamment pour le second document qu'il n'y a aucune trace de falsification des données d'état civil. M. A ne peut donc être regardé comme n'établissant pas son identité et sa date de naissance. Toutefois, en défense, le préfet fait également valoir que M. A ne remplit pas la condition tenant au suivi depuis au moins six mois d'une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle. S'il est vrai qu'après un parcours chaotique, M. A semble avoir trouvé sa voie dans un emploi de commis de cuisine auprès de la société Koto SNW, il n'établit pas par les pièces qu'il produit avoir suivi une formation susceptible de lui apporter une formation professionnelle, l'unique relevé de notes d'octobre 2021 produit n'ayant pas conduit le jury à valider un diplôme. Il n'allègue pas davantage poursuivre ses études. Par suite, M. A ne peut être regardé comme justifiant suivre une formation professionnelle depuis au moins 6 mois au jour de la décision contestée, ni du caractère sérieux de cette formation. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le préfet a estimé que les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'étaient pas remplies. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ainsi que celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. /L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (). ".

8. M. A, dont l'arrivée en France au mois d'avril 2018 est récente, a vécu la majeure partie de son existence dans son pays d'origine où réside sa mère. S'il soutient qu'il est père d'un enfant qu'il a reconnu avant sa naissance, il ressort de l'acte de naissance de l'enfant que cette naissance est intervenue postérieurement à la décision contestée. Il ressort également des pièces du dossier qu'il ne vit pas avec la mère de l'enfant dont il n'établit au demeurant ni la nationalité, ni qu'elle résiderait régulièrement sur le territoire. Si M. A dispose d'un contrat de travail à durée indéterminée, cette seule circonstance ne lui confère pas un droit au séjour. S'il a été pris en charge par les services de l'ASE à son arrivée en France alors qu'il était âgé de 17 ans, il n'est pas contesté que sa famille réside en Côte d'Ivoire et notamment sa mère. Par suite, en prenant à son égard la décision lui refusant le bénéficie d'un titre de séjour le préfet de la Seine-Maritime n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. A au regard des buts en vue desquels elle a été prise, en violation de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen tiré de la violation de ces stipulations doit donc être écarté. Le moyen tiré de la violation de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit également pour les mêmes motifs être écarté.

9. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés au point précédent, M. A ne peut se prévaloir d'aucune considération humanitaire ou motifs exceptionnels de nature à justifier l'obtention d'un droit au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () /4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1. ". Il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du cas des étrangers qui remplissent effectivement toutes les conditions prévues à l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auxquels il envisage de refuser la délivrance du titre de séjour sollicité et non de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions. Ainsi qu'il a été dit aux points 6 et 7, M. A ne remplit pas les conditions prévues pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23, ni et, en tout état de cause, de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet n'était donc pas tenu de saisir la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure en l'absence de saisine de cette commission préalablement à l'édiction de la décision attaquée ne peut, dès lors, qu'être écarté.

11. En dernier lieu, pour les mêmes motifs exposés aux points 4 et 6, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences de l'arrêté sur la situation personnelle et familiale du requérant doit être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ". Il résulte de ce qui a été dit au point 2 que la décision de refus de titre de séjour est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté par application des dispositions citées ci-dessus de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

13. En deuxième lieu, le préfet n'avait pas à communiquer l'analyse documentaire réalisée le 14 mars 2020 par les services de la police aux frontières, laquelle au demeurant est produite à l'instance et soumise au contradictoire.

14. En troisième lieu, lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de la violation du droit d'être entendu doit être écarté.

15. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen sérieux de la situation de M. A.

16. En cinquième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 13 qu'aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision refusant un titre de séjour de M. A n'est fondé. Le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour doit être écarté.

17. En dernier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 8 la décision litigieuse ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée familiale de l'intéressé et garanti par l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être également écarté.

Sur la décision fixant le pays de destination :

18. En premier lieu, la décision attaquée vise l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et précise que les pays à destination desquels l'intéressé est susceptible d'être éloigné sont celui dont il a la nationalité ou tout autre pays dans lequel il est légalement admissible à l'exception d'un Etat membre de l'Union européenne de l'Islande, du Liechtenstein de la Norvège et de la Suisse et que M. A n'établit ni n'allègue qu'il peut être soumis à la torture ou à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Il comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision fixant le pays de renvoi. Il suit de là, que le moyen tiré d'une motivation insuffisante de cette décision doit être écarté.

19. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 14, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi a été prise en violation du principe relatif au droit d'être entendu.

20. En troisième lieu, la décision fixant le pays de renvoi a été prise au terme d'un examen sérieux de la situation de M. A.

21. En quatrième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 12 à 17 qu'aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision obligeant M. A à quitter le territoire français n'est fondé. Le moyen tiré de l'illégalité de la décision fixant le pays de destination par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

22. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 8 et 17, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que ses conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Leroy, et au préfet de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Boyer, présidente ;

M. Guiral, conseiller ;

Mme Boucetta, conseillère.

Rendu public par mise au disposition au greffe le 18 octobre 2022.

La présidente-rapporteure

C. BOYERL'assesseur le plus ancien

S. GUIRAL

Le greffier,

J.-L. MICHEL

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

CH

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