mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2200946 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 4 |
| Avocat requérant | SAGON LOEVENBRUCK LESIEUR LEJEUNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 7 mars 2022 et 23 juin 2022, Mme B C, représentée par Me Languil, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 octobre 2021 par laquelle la directrice de Pôle emploi Normandie a rejeté son recours administratif préalable obligatoire présenté à l'encontre de la décision du 26 juillet 2021 la radiant de la liste des demandeurs d'emploi pour une durée d'un mois à compter de cette même date et supprimant ses allocations ;
2°) de mettre à la charge de pôle emploi une somme de 1500 euros en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- il appartient à pôle emploi de justifier de la compétence du signataire de la décision en la personne de M. D E ;
- la décision est insuffisamment motivée au regard des dispositions de l'article L. 212-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 5412-1 du code du travail en ne prenant en considération que les actions en recherche d'emploi ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation des faits dès lors que la situation particulière de la requérante qui ne dispose plus de véhicule personnel et habite dans une commune rurale sans accès aux transports en commun, n'a pas été prise en considération et que ces circonstances peuvent impacter ses diligences à rechercher un emploi et qu'elle a accompli des démarches en vue de la création d'une activité d'hypnothérapeute.
Par des mémoires en défense enregistrés les 24 mars 2022, 2 août 2022 et 22 février 2023, Pôle emploi Normandie, représenté par Me Lesieur-Guinault, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1500 euros soit mise à la charge de Mme C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 26 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Au cours de l'audience publique, en présence de M. Mialon greffier d'audience, Mme A a présenté son rapport et entendu les observations de Me Languil pour Mme C.
Pôle emploi Normandie n'était ni présent ni représenté.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1.Mme C demande au tribunal de prononcer l'annulation de la décision du 8 octobre 2021 par laquelle la directrice de Pôle emploi Normandie a rejeté son recours administratif préalable obligatoire présenté à l'encontre de la décision du 26 juillet 2021 la radiant de la liste des demandeurs d'emploi pour une durée d'un mois à compter de cette même date et supprimant ses allocations.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2.En premier lieu, Pôle Emploi Normandie produit la délégation de signature en date du 31 août 2021, publiée sur le site de l'établissement public, consentie par la directrice régionale à M. D E, directeur de l'appui à la production, à l'effet de signer les décisions statuant sur les réclamations préalables obligatoires formées contre les décisions de radiation et de suppression du revenu de remplacement. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / - infligent une sanction () ". Et aux termes de l'article R. 5412-7-1 du code du travail " la décision, notifiée à l'intéressé, est motivée. Elle indique la durée de la radiation et mentionne les voies et délais de recours ".
4. Il résulte de l'instruction que, d'une part, la décision du 8 octobre 2021 fait référence à la décision initiale du 26 juillet 2021 à laquelle elle se substitue à la suite du recours administratif préalable formé par Mme C. Cette décision indiquait les dispositions légales et réglementaires, issues du code du travail, sur le fondement desquelles elle a été prise et a permis ainsi à la requérante d'avoir connaissance des dispositions sur lesquelles l'administration s'est implicitement mais nécessairement fondée en confirmant sa décision initiale par la décision en litige du 26 juillet 2021. D'autre part, la décision contestée mentionne le motif sur lequel pôle emploi s'est fondé pour prononcer la radiation de l'intéressée. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 5412-1 du code du travail : " Est radiée de la liste des demandeurs d'emploi, dans des conditions déterminées par un décret en Conseil d'Etat, la personne qui : 1° Soit ne peut justifier de l'accomplissement d'actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer, reprendre ou développer une entreprise ; () ". Aux termes de l'article L. 5426-2 du même code : " Le revenu de remplacement est supprimé par Pôle emploi dans les cas mentionnés aux 1° à 3° de l'article L. 5412-1, à l'article L. 5412-2 et au II de l'article L. 5426-1-2 (). ".
6. Il résulte de la décision contestée que pour la mise en œuvre des dispositions précitées de l'article L. 5412-1 du code du travail, Pôle emploi a retenu que Mme C ne justifiait pas des démarches effectuées au titre de sa recherche d'emploi. Ainsi pôle emploi n'a pas commis d'erreur de droit.
7. Si la requérante fait valoir que Pôle emploi a commis une erreur d'appréciation en ne prenant pas en considération ses démarches pour la création d'entreprise, il ressort des pièces du dossier que Mme C s'est bornée à formuler un projet d'activité d'hypnothérapeute en janvier 2020 pour lequel elle a été informée dès le 3 juillet 2020 que ce projet nécessitait une formation dont Pôle emploi ne pouvait assurer le financement. Pôle emploi fait valoir sans être utilement contredit que ce projet venait à la suite de divers projets non aboutis présentés par la requérante depuis 2018. Mme C ayant invoqué des problèmes de mobilité, il lui a été proposé à l'issue d'un entretien du 29 juin 2021 de suivre la prestation Activ Crea pour faciliter la préparation d'un projet de création d'entreprise, cette prestation pouvant être suivie en distanciel. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'en retenant une absence de démarche pour la recherche d'emploi, Pôle emploi aurait commis une erreur d'appréciation de sa situation.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de Pôle emploi, qui n'est pas partie perdante. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante la somme demandée par Pôle Emploi au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à Me Languil, à la directrice régionale de Pôle emploi Normandie et à Me Lesieur-Guinault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.
La magistrate désignée,
C. A
Le greffier,
J.-B. Mialon
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026