jeudi 15 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2200967 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | VEYRIERES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 8 mars 2022 et le 29 juin 2022, M. B A, représenté par Me Veyrières, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions, contenues dans l'arrêté du 23 février 2022, par lesquelles le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 960 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'arrêté :
- a été signé par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivé ;
- est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- est entaché d'erreur de droit ;
- est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- méconnaît le principe du respect des droits de la défense ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entaché d'erreur de fait dès lors qu'il démontre être entré régulièrement sur le territoire ;
- méconnaît les stipulations du 2 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juin 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, celle-ci ne comportant aucun moyen et M. A n'ayant déposé aucun mémoire exposant un ou plusieurs moyen avant l'expiration du délai de recours ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative ;
- l'ordonnance du 22 juin 2022 fixant la clôture de l'instruction au 4 juillet 2022 à 12h ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Vaillant, conseiller,
- et les observations de Me Veyrières, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 3 juillet 1978, déclare être entré en France le 10 juin 2017, sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités italiennes. Le 23 novembre 2019, il a épousé une ressortissante française. Le 19 octobre 2020, il a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement du 2 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. M. A demande l'annulation des décisions, contenues dans l'arrêté du 23 février 2022, par lesquelles le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. "
3. Il ressort de la requête introduite par M. A le 8 mars 2022 que celle-ci contient l'exposé des conclusions soumises au tribunal ainsi que des faits et moyens venant à leur soutien. Par suite, le préfet de la Seine-Maritime n'est pas fondé à opposer une fin de non-recevoir au motif que la requête ne contiendrait l'exposé d'aucun moyen.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A est marié à une ressortissante française depuis le 23 novembre 2019. S'il déclare lui-même vivre séparément de son épouse, il ressort suffisamment des attestations circonstanciées et concordantes produites par l'intéressé, et n'est pas sérieusement contesté par le préfet, qu'il séjourne régulièrement chez son épouse et qu'il entretient des liens étroits avec sa belle-famille. Par ailleurs, M. A justifie de son implication dans la vie et le fonctionnement de la communauté Emmaüs de Rouen depuis le mois de juin 2018, au sein de laquelle il est hébergé et a exercé diverses fonctions, pour lesquelles il a toujours donné satisfaction. S'il n'a pas égard la qualité de salarié, il tire de cette activité des ressources stables, en sus d'avantages en nature garantissant son autonomie, depuis plus de trois ans à la date de la décision attaquée. Ainsi, eu égard à ces circonstances particulières, M. A est fondé à soutenir que le préfet de la Seine-Maritime, en lui ayant refusé la délivrance d'un titre de séjour, a porté à sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée, rapportée aux buts en vue desquels cette décision a été prise.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision, contenue dans l'arrêté du 23 février 2022, par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour et, par voie de conséquence, de la décision, contenue dans le même arrêté, portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard au motif qui la fonde, l'annulation des décisions attaquées implique nécessairement que le préfet de la Seine-Maritime délivre à M. A un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai qu'il y a lieu de fixer à un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Par une décision du 30 mai 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Rouen, M. A s'est vu refuser le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par conséquent, il est fondé à se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 960 euros au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions, contenues dans l'arrêté du 23 février 2022, par lesquelles le préfet de la Seine-Maritime a refusé à M. A la délivrance d'un certificat de résidence et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Maritime de délivrer à M. A un certificat de résidence mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 960 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Maritime. Copie en sera adressée à Me Hélène Veyrieres.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
M. Deflinne, premier conseiller,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2022.
Le rapporteur,
A. LE VAILLANT
Le président,
P. MINNELe greffier,
N. BOULAY
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2200967
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026