jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2200984 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | WEINBERG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 mars 2022 et un mémoire complémentaire enregistré le 5 mai 2022, M. D C, représenté par Me Weinberg, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er mars 2022, par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 25 euros par jour retard, ou à défaut, de réexaminer sa demande dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant le réexamen de sa situation, sous astreinte de 25 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
La décision portant refus de titre de séjour :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien
- méconnaît l'article 6-2 de l'accord franco-algérien ;
- méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est entachée d'illégalité par voie de conséquence de l'illégalité de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour ;
- méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;
La décision fixant le pays de renvoi :
- est fondée sur une décision d'obligation de quitter le territoire français elle-même illégale.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 mai 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour et des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les observations de Me Weinberg, représentant M. C.
Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 19 septembre 1995, est entré en France le 6 août 2019. Le 11 janvier 2022, il a demandé un certificat de résidence en se prévalant de son mariage avec une ressortissante française. Par un arrêté du 1er mars 2022, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit :/ () 2. Au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état-civil français (). ".
3. Par un courrier du 7 janvier 2022 reçu le 11 janvier 2022 par la sous-préfecture du Havre, M. C a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". A ce courrier était joint, en pièce numérotée " 0 ", un formulaire d'admission au séjour, dans lequel M. C a précisé, dans la rubrique " motif de la demande ", qu'il sollicitait un titre de séjour en qualité de " conjoint de Français ". La demande de titre de séjour de M. C comportait toutes les indications et pièces utiles sur l'identité et la nationalité française de l'épouse de M. C, ainsi que sur la régularité de l'entrée en France de ce dernier. Dans ces conditions, alors même que le préfet de la Seine-Maritime s'est borné, dans l'arrêté attaqué, à examiner son droit au séjour au regard de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien, le requérant peut utilement soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît l'article 6-2 de l'accord franco-algérien.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. C est entré en France le 6 août 2019 muni d'un visa de court séjour en cours de validité. Il justifie donc d'une entrée régulière sur le territoire français. Contrairement à ce que soutient le préfet de la Seine-Maritime en défense, la circonstance qu'il a fait l'objet, le 29 août 2020, d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français sans délai édictée par le préfet de la Seine-Saint-Denis, à laquelle il n'a pas déféré, ne fait pas obstacle à ce que la condition d'entrée régulière continue d'être regardée comme remplie, dès lors qu'il s'est maintenu sur le territoire. En l'espèce, il est constant que l'intéressé, qui produit d'ailleurs de nombreuses pièces établissant la continuité de sa résidence en France, s'est maintenu sur le territoire français entre le 29 août 2020 et l'arrêté attaqué du 1er mars 2022.
5. Enfin, il ressort des pièces du dossier, et il n'est d'ailleurs pas contesté que M. C a épousé sur le territoire français, le 17 octobre 2020, Mme B E, ressortissante française.
6. Par suite, M. C remplissait l'ensemble des conditions pour obtenir un certificat de résidence sur le fondement des stipulations de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien. Il est fondé, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, à soutenir que la décision de refus de titre de séjour a été prise en violation de ces stipulations et doit être annulée. Par voie de conséquence, les décisions portant obligation de quitter le territoire français, ainsi que la décision fixant le pays de renvoi doivent également être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
7. Le présent jugement implique nécessairement, eu égard à ses motifs, à ce qu'il soit enjoint au préfet compétent de délivrer à M. C un certificat de résidence valable un an portant la mention " vie privée et familiale ". Il y a lieu d'enjoindre au préfet territorialement compétent de procéder à cette délivrance dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 1er mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de délivrer à M. C un certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination, est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet compétent de délivrer à M. C un certificat de résidence valable un an portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. C une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions à fin d'injonction sous astreinte sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
Mme Galle, première conseillère
Mme Garona, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
La rapporteure,
Signé :
C. ALa présidente,
Signé :
C. BoyerLe greffier,
Signé :
J-L. Michel
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026