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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2200988

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2200988

jeudi 7 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2200988
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2 ème Chambre
Avocat requérantLEROY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 mars 2022, et un mémoire complémentaire enregistré le 13 juin 2022, M. B, représenté par Me Leroy, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 décembre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé ;

2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois, et dans l'attente de ces deux injonctions, de lui délivrer dans le délai de 8 jours une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, une somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

La décision portant refus de titre de séjour :

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen approfondi de sa demande ;

- a été prise au terme d'une procédure irrégulière en violation du droit à une bonne administration ;

- a été prise en méconnaissance du droit d'être entendu et en violation du principe du contradictoire en ce qui concerne le caractère frauduleux de son acte d'état civil qui lui est opposé dans l'arrêté attaqué ;

- est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;

- méconnaît l'article L. 313-11 (2° bis) devenu l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'erreur de droit s'agissant du critère relatif aux liens avec le pays d'origine ;

- est illégale dès lors qu'il a justifié de son état-civil ;

- méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est insuffisamment motivée ;

- a été prise au terme d'une procédure irrégulière en violation du droit à une bonne administration ;

- a été prise en méconnaissance du droit d'être entendu ;

- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- doit être annulée car elle est fondée sur une décision de refus de titre de séjour elle-même illégale ;

- méconnait l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

La décision octroyant un délai de départ volontaire :

- est insuffisamment motivée ;

- a été prise au terme d'une procédure irrégulière en violation du droit à une bonne administration ;

- a été prise en méconnaissance du droit d'être entendu ;

- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- est fondée sur une décision d'obligation de quitter le territoire elle-même illégale ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

La décision fixant le pays de destination :

- est insuffisamment motivée ;

- a été prise au terme d'une procédure irrégulière en violation du droit à une bonne administration ;

- a été prise en méconnaissance du droit d'être entendu ;

- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- doit être annulée car elle est fondée sur une décision d'obligation de quitter le territoire elle-même illégale ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Par décision du 26 janvier 2022 du bureau d'aide juridictionnelle, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

* la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

* le code civil ;

* le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

* le code des relations entre le public et l'administration ;

* la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

* le décret n°2015-1740 du 24 décembre 2015 ;

* le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

* le rapport de Mme A ;

* les observations de Me Leroy pour M. B ;

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant malien, déclare être entré en France en janvier 2018. Par une ordonnance de placement provisoire du 2 février 2018, le procureur de la République près le tribunal de grande instance du Havre a ordonné qu'il soit confié provisoirement aux services de l'aide sociale à l'enfance du département de la Seine-Maritime. Par un jugement du 26 juin 2018 du juge des enfants du tribunal de grande instance du Havre, M. B a été placé auprès des services de l'aide sociale à l'enfance de la Seine-Maritime. L'intéressé a sollicité, le 24 juillet 2020, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-11 (2° bis) alors en vigueur, devenu l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 2 décembre 2021, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les stipulations de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions des articles L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et celles de l'article 47 du code civil, dont le préfet de la Seine-Maritime a fait application. Il est indiqué que le justificatif d'état-civil par le requérant est frauduleux selon l'avis des services spécialisés de la police aux frontières, que M. B ne justifie pas de son état-civil et ne prouve donc pas avoir été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance alors qu'il était âgé de moins de 16 ans. L'arrêté fait également état de la situation personnelle, familiale et professionnelle de M. B, en mentionnant sa formation en apprentissage, notamment le fait qu'elle a pris fin le 31 juillet 2021, et le fait qu'il ne justifie pas être dépourvu de tout lien familial dans son pays d'origine. La décision de refus de titre de séjour comporte ainsi les considérations de fait et les dispositions de droit dont il est fait application. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit par suite être écarté. En outre, il ressort des termes de la décision attaquée et des pièces du dossier que le refus de titre de séjour a été pris au terme d'un examen sérieux de la situation de M. B.

3. En deuxième lieu, la décision de refus de titre de séjour a été prise en réponse à une demande, elle ne méconnaît donc pas l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration relatif aux cas dans lesquels une décision individuelle est soumise à une procédure contradictoire préalable. En outre, la décision de refus de titre de séjour ne constitue pas une décision mettant en œuvre le droit de l'Union européenne, de sorte que le moyen tiré de la violation du principe général du droit de l'Union européenne relatif au droit d'être entendu doit être écarté comme inopérant.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1./ Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française. ".

5. L'article L. 811-2 du même code dispose que : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. ". L'article 47 du code civil prévoit que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. ". Enfin, aux termes de l'article R. 431-10 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : 1° Les documents justifiant de son état civil ; 2° Les documents justifiant de sa nationalité () ".

6. La force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents.

7. D'une part, le requérant soutient que le préfet n'a pas mis en œuvre la procédure de vérification d'un acte-civil d'étranger prévue par le décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 relatif aux modalités de vérification d'un acte de l'état civil étranger. Toutefois, l'article 1er de ce décret se borne à prévoir que lorsque l'autorité administrative procède ou fait procéder aux vérifications utiles sur un acte de l'état civil étranger auprès de l'autorité étrangère compétente, le silence gardé pendant huit mois vaut décision de rejet, sans imposer à l'autorité administrative de procéder ou de faire procéder à ces vérifications.

8. D'autre part, à l'appui de sa demande de titre de séjour, le requérant a produit, afin de justifier de son état civil et de sa date de naissance du 15 avril 2002, un extrait d'acte de naissance n° 43 délivré le 15 décembre 2017, qui indique que l'extrait est conforme à l'original n° 43 de l'année 2002, mais également que l'acte de naissance a été établi le 13 juin 2008 pour une naissance en date du 15 avril 2002. Alors que le rapport d'analyse de la police aux frontières du 8 avril 2021 produit en défense par le préfet indique que compte tenu de la tardiveté de cette déclaration, un jugement supplétif aurait dû accompagner l'acte, le requérant ne produit aucun jugement supplétif et n'apporte aucune explication sur le caractère tardif de la déclaration et l'absence d'un tel jugement supplétif, et se borne à soulever le fait que l'article 158 du code des personnes et de la famille du Mali cité dans le rapport de la police aux frontières n'est entré en vigueur qu'en 2011 soit postérieurement à sa naissance, sans alléguer qu'aucune disposition antérieure ne comportait la même exigence de production d'un jugement supplétif en cas de déclaration tardive. En outre, le rapport d'analyse relève que le mode d'impression du document n'est pas conforme, que le nom et les coordonnées de l'imprimeur ne sont pas lisibles, que la date d'établissement de l'acte n'est pas mentionnée en toutes lettres, et que l'acte ne comporte pas de numéro national d'identification NINA alors que le numéro NINA a été institué par la loi malienne du n° 06-040 du 11 août 2006 portant institution du numéro d'identification national des personnes physiques et morales qui impose d'inscrire ce numéro d'identification sur les cartes d'identité, passeports ou encore actes d'état civil. Enfin, le rapport conclut que l'extrait d'acte de naissance délivré au nom du requérant est " contrefait ".

9. Si le requérant fait valoir, pour contester les conclusions de l'analyse documentaire produite par le préfet, que son document d'état civil ne comporte pas d'incohérence ni de rature ou de grattage, et que les registres d'état-civil maliens ne sont pas tenus de manière stricte, de sorte que de nombreuses erreurs ou omissions sont commises par les officiers d'état-civil, cette argumentation ne permet pas d'expliquer de manière suffisante les différents points évoqués dans le rapport de la police aux frontières.

10. Dans ces conditions, alors même que M. B s'est vu délirer une carte consulaire, les éléments du dossier permettent de renverser la présomption d'authenticité, résultant des dispositions de l'article 47 du code civil. Compte tenu de ces éléments, le préfet de la Seine-Maritime, qui pouvait remettre en cause l'acte d'état civil étranger par tous moyens sans être tenu de saisir les autorités maliennes, était fondé à considérer que M. B ne justifiait pas avoir été confié à l'aide sociale à l'enfance avant l'âge de seize ans. L'intéressé ne remplit donc pas les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers en France. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions, ainsi que celui tiré de l'erreur de fait doivent être écartés.

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

12. M. B soutient que la décision litigieuse porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance des stipulations citées au point précédent. Toutefois, l'intéressé, dont l'arrivée en France au mois de janvier 2018 est récente, a vécu la majeure partie de son existence dans son pays d'origine où réside sa mère. Il n'établit pas qu'il a développé des liens personnels ou qu'il dispose de liens familiaux sur le territoire. S'il ressort des pièces du dossier que M. B a été inscrit au centre de formation d'apprentis (CFA) de Val-de-Reuil durant les années scolaires 2019-2020 et 2020-2021, pour préparer un certificat d'aptitude professionnelle " cuisine ", la formation s'est terminée le 31 juillet 2020. Le requérant ne démontre pas avoir obtenu son diplôme. S'il a été embauché en contrat à durée déterminée puis en contrat à durée indéterminée par son ancien employeur à l'issue de cette formation, cet élément ne saurait suffire à caractériser une insertion personnelle et sociale sur le territoire français telle que le refus de titre de séjour porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts en vue desquels elle a été prise, en violation de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen tiré de la violation de ces stipulations doit donc être écarté. Le moyen tiré de la violation de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit également être écarté.

13. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences de l'arrêté sur sa situation personnelle et familiale du requérant doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ". Il résulte de ce qui a été dit au point 2 que la décision de refus de titre de séjour est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté par application des dispositions citées ci-dessus de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

15. En deuxième lieu, lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de la violation du droit d'être entendu doit être écarté.

16. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen sérieux de la situation de M. B.

17. En quatrième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 13 qu'aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision refusant un titre de séjour de M. B n'est fondé. Le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour doit être écarté.

18. En dernier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 12 la décision litigieuse ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée familiale de l'intéressé et garanti par l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être également écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

19. En premier lieu, la décision attaquée fixe à 30 jours le délai de départ volontaire accordé à M. B, soit le délai de droit commun le plus long susceptible d'être accordé en application des dispositions de l'article 7 de la directive 2008/116/CE du 16 décembre 2008, transposées par l'article L. 611 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle n'a, par suite pas à faire l'objet d'une motivation particulière. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation est donc inopérant.

20. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 15 M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le délai de départ volontaire a été prise en violation du principe relatif au droit d'être entendu.

21. En troisième lieu, la décision fixant le délai de départ volontaire a été prise au terme d'un examen sérieux de la situation de M. B.

22. En quatrième lieu, ni la durée du séjour de M. B en France ni ses liens personnels sur le territoire, qui ne sont pas établis, ni la circonstance qu'il travaille en qualité de cuisinier ne permettent d'établir que le préfet de la Seine-Maritime a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

23. En premier lieu, la décision attaquée vise l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et précise que les pays à destination desquels l'intéressé est susceptible d'être éloigné sont celui dont il a la nationalité ou tout autre pays dans lequel il est légalement admissible à l'exception d'un Etat membre de l'Union européenne de l'Islande, du Liechtenstein de la Norvège et de la Suisse et que M. B n'établit ni n'allègue qu'il peut être soumis à la torture ou à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Il comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision fixant le pays de renvoi. Il suit de là, que le moyen tiré d'une motivation insuffisante de cette décision doit être écarté.

24. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 15, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi a été prise en violation du principe relatif au droit d'être entendu.

25. En troisième lieu, la décision fixant le pays de renvoi a été prise au terme d'un examen sérieux de la situation de M. B.

26. En quatrième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 14 à 18 qu'aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision obligeant M. B à quitter le territoire français n'est fondé. Le moyen tiré de l'illégalité de la décision fixant le pays de destination par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

27. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

28. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que ses conclusions au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Leroy, et au préfet de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience du 16 juin 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Boyer, présidente ;

Mme Galle, première conseillère ;

Mme Garona, conseillère.

Rendu public par mise au disposition au greffe le 7 juillet 2022.

La présidente

Signé :

C. BOYERLa rapporteure

Signé :

C. A

Le greffier,

Signé :

J-L. MICHEL

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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