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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2201052

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2201052

mercredi 31 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2201052
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3 ème Chambre
Avocat requérantMARY-INQUIMBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 mars 2022, Mme A B, représentée par la SELARL Mary et Inquimbert, demande au tribunal :

1) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté en date du 8 décembre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de renouvellement de carte de séjour temporaire, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2) à titre subsidiaire, de désigner avant-dire-droit un expert aux fins d'éclairer la juridiction et les parties sur les conséquences d'un défaut de traitement médical et sur la possibilité pour elle de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine et de mettre les dépens provisoires à la charge de l'Etat ;

3) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai ;

4) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision de refus de titre de séjour :

- la commission du titre de séjour aurait dû être consultée avant l'édiction de la décision attaquée, dès lors qu'elle remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de plein droit ;

- il appartient au préfet de produire l'avis émis par le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration et de justifier de sa régularité ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant, garanti par les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le préfet de la Seine-Maritime a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- la commission du titre de séjour aurait dû être consultée avant l'édiction de la décision attaquée, dès lors qu'elle remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de plein droit ;

- il appartient au préfet de produire l'avis émis par le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration et de justifier de sa régularité ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est elle-même entachée la décision de refus de titre de séjour ;

- elle méconnait les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle porte atteinte à son droit à la vie privée et familiale, protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant, garanti par les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le préfet de la Seine-Maritime a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle porte atteinte à son droit de ne pas subir de traitements inhumains ou dégradants, garanti par les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante sont inopérants ou infondés.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 février 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Mulot, premier conseiller ;

- et les observations de Me Inquimbert, avocate de Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante de la République fédérale du Nigéria, née le 14 février 1982, est entrée en France en 2009 pour y solliciter le statut de réfugiée, qui ne lui a pas été accordé. Toutefois, compte-tenu de son état de santé qui nécessitait une prise en charge médicale, elle a été mise en possession d'autorisations provisoires de séjour, puis d'une carte de séjour temporaire et enfin d'une carte de séjour pluriannuelle, depuis 2014 et jusqu'au 7 mars 2021. Elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour qui expirait à cette date. Toutefois, par un arrêté du 8 décembre 2021, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme B demande à titre principal au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur le moyen de forme commun aux trois décisions attaquées :

2. Aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Il résulte, en outre, des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée mais qu'elle n'a pas, lorsqu'elle assortit un refus de délivrance de titre de séjour, à faire l'objet d'une motivation spécifique.

3. Il ressort des pièces du dossier que la décision de refus de titre de séjour attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. En outre, il résulte des dispositions précitées que l'obligation de quitter le territoire français qui assortit cette décision n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte. Enfin, la décision fixant le Nigéria comme pays de renvoi comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par ailleurs, une erreur ou omission dans les visas d'une décision administrative est, par elle-même, sans incidence sur la légalité de cette décision. Il s'ensuit que le moyen doit être écarté dans ses deux branches.

Sur la décision de refus de renouvellement de titre de séjour :

4. En premier lieu, il résulte des dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la décision relative à la délivrance de la carte de séjour temporaire délivrée à un ressortissant étranger en raison de son état de santé " est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ".

5. Le préfet de la Seine-Maritime a produit, à l'appui de son mémoire en défense, l'avis émis le 8 avril 2021 par le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration sur la demande de Mme B. Les irrégularités alléguées dans leur principe par la requérante, présentées sur un mode hypothétique et sans que ne soit présentée une quelconque réplique, n'apparaissent pas établies.

6. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa du même article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an () ".

7. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration allant dans le sens de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

8. Pour refuser de renouveler le titre de séjour précédemment délivré à Mme B, le préfet de la Seine-Maritime s'est approprié le sens de l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration mentionné au point 5 du présent jugement, au terme duquel ledit collège a estimé que si l'état de santé de Mme B nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle pouvait bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.

9. Pour renverser cette présomption, Mme B produit des ordonnances qui listent certains médicaments dont son état de santé nécessite la prise, ainsi qu'un article de l'Organisation des Nations-Unies qui fait état de difficultés d'accès à l'insuline dans le monde entier, sans aucune mention particulière du Nigéria, ainsi que la fiche de l'Organisation mondiale de la santé relative au traitement du diabète au Nigéria. Toutefois, il résulte de ladite fiche que le gouvernement de ce pays a mis en œuvre une politique opérationnelle pour le diabète et que plusieurs des soins, examens ou médicaments dont Mme B a besoin sont disponibles. S'agissant de la sitaglypine et du test HbA1c (examen glycémique), qui sont indiqués comme " généralement pas disponibles ", la requérante n'établit ni qu'elle a effectivement besoin de ce traitement et de cet examen, ni à quelle fréquence, ni encore qu'aucun traitement approprié, qui peut être différent de celui dispensé en France, n'est effectivement accessible. Par suite, et sans que l'expertise sollicitée à titre subsidiaire présente un caractère utile, c'est sans faire une inexacte application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet de la Seine-Maritime a pu rejeter la demande de renouvellement de titre de séjour de Mme B.

10. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ", et aux termes des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger () qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an () / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine () ".

11. Si la présence de Mme B en France est ancienne et qu'elle a donné naissance, sur le territoire, à une jeune C, née le 27 juillet 2017 qui est scolarisée, elle s'est déclarée célibataire, n'ayant pas de relation de couple avec le père de l'enfant, lui-même en situation irrégulière, et elle n'est pas dépourvue d'attaches au Nigéria où résident, d'après les informations portées par ses soins sur le formulaire de demande de titre de séjour, ses parents et ses quatre frères et sœurs. Il suit de là que Mme B n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué du préfet de la Seine-Maritime porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention de New-York relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

13. Toutefois, ainsi qu'il a été dit, aucune circonstance ne fait obstacle à ce que la cellule familiale constituée de Mme B et de sa jeune fille se reconstitue hors de France. Dès lors, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Seine-Maritime n'aurait pas porté l'attention requise à l'intérêt supérieur de son enfant. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de la convention relative aux droits de l'enfant doit, par suite, être écarté.

14. En cinquième lieu, il résulte de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la commission du titre de séjour instituée dans chaque département est saisie par l'autorité administrative lorsque celle-ci envisage de refuser de délivrer ou de renouveler l'une des cartes de séjour temporaire qui y sont mentionnées. Il résulte de ces dispositions que le préfet est tenu de saisir la commission du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues à ces articles auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions. Dès lors qu'ainsi qu'il a été dit, Mme B ne remplissait pas les conditions lui permettant de bénéficier de plein droit de la délivrance d'un titre de séjour, le préfet de la Seine-Maritime n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande.

15. En sixième lieu, si Mme B produit des attestations faisant l'éloge de sa discrétion, de sa fiabilité et de l'absence de trouble quelconque à l'ordre public, elle ne justifie pas d'une intégration professionnelle forte, compte-tenu des faibles ressources qu'elle dégage d'une activité salariée très limitée, ni d'une intégration personnelle marquée, outre ce qui a déjà été exposé ci-dessus s'agissant de sa vie privée et familiale et de son parcours migratoire. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle doit être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

16. En premier lieu, aucune disposition ni aucun principe ne fait obligation à l'autorité administrative de saisir pour avis la commission du titre de séjour avant de prononcer une mesure d'éloignement. Par suite, le moyen tiré du défaut de saisine de cette commission doit être écarté comme inopérant.

17. En deuxième lieu, les moyens dirigés contre la décision de refus de séjour ont tous été écartés. Dès lors, l'exception d'illégalité de cette décision soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas fondée et doit ainsi être écartée.

18. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 4 à 15 du présent jugement, les moyens tirés de ce que la décision obligeant Mme B à quitter le territoire français aurait été prise au terme d'une procédure irrégulière, méconnaitrait le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou celles de l'article 3.1 de la convention de New York relative aux droits de l'enfant et qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

Sur la décision fixant le Nigéria comme pays de renvoi :

19. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". L'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

20. A l'appui de ce moyen, Mme B reprend les éléments relatifs à son état de santé et à la prétendue impossibilité d'accéder effectivement, dans son pays d'origine, à un traitement approprié ; le moyen doit, par suite, être écarté pour les mêmes motifs que ceux précédemment exposés.

21. Enfin le moyen tiré de ce que la décision fixant le Nigéria comme pays de renvoi serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de Mme B doit être écarté pour les mêmes motifs que précédemment.

22. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées. Ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées par voie de conséquence. Les conclusions de son avocat tendant à l'octroi de frais d'instance doivent également être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er:La requête de Mme B est rejetée.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la SELARL Mary et Inquimbert au préfet de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience du 7 juillet 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Gaillard, présidente,

MM. Leduc et Mulot, premiers conseillers,

Assistés de Mme Rahili, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 août 2022.

Le rapporteur,

Robin Mulot

La présidente,

Anne Gaillard

La greffière,

Aurélia Rahili

La République mande et ordonne au préfet de la région Normandie, préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°220105

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