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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2201450

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2201450

mardi 10 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2201450
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSILIE VERILHAC ET ASSOCIÉS CABINET D'AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 avril 2022, M. B, représenté par Me Bodineau, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté " 1 F " du 17 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a suspendu son permis de conduire pour une durée de neuf mois à compter de sa notification ;

2°) de mettre à la charge du préfet de la Seine-Maritime la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article L. 224-2 du code de la route ;

- il est entaché d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;

- il est entaché d'un vice de procédure en l'absence de mise en œuvre d'une procédure contradictoire préalable à son édiction, en méconnaissance des articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté est illégal en raison d'un doute sur la validité du test salivaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mai 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté référencé " 1 F " du 17 mars 2022, dont M. B demande l'annulation, le préfet de la Seine-Maritime a prononcé la suspension de son permis de conduire pour une durée de neuf mois sur le fondement de l'article L. 224-7 du code de la route.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.() ".

3. En premier lieu, la circonstance que le préfet ait retiré un premier arrêté pris tardivement sur le fondement de l'article L. 224-2 du code de la route ne faisait pas obstacle à ce que le préfet prenne l'arrêté litigieux sur le fondement des dispositions de l'article L. 224-7 du code de la route.

4. En second lieu, l'arrêté contesté a été signé par M. C, chef du bureau des polices administratives à la préfecture de la Seine-Maritime, qui disposait d'une délégation de signature à cette fin, consentie par l'arrêté n° 21-102 du 2 décembre 2021, publié le même jour au recueil des actes administratifs du département. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'un vice d'incompétence, qui manque en fait, doit être écarté comme étant manifestement infondé.

5. La décision par laquelle un préfet suspend un permis de conduire sur le fondement de l'article L. 224-7 du code de la route est une décision individuelle défavorable qui doit être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. En l'absence d'une procédure contradictoire particulière organisée par les textes, le préfet doit se conformer aux dispositions des articles L. 121-1, L. 121-2 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, en informant le conducteur de son intention de suspendre son permis de conduire et de la possibilité qui lui est offerte de présenter des observations dans les conditions prévues par ces dispositions. Le préfet ne peut légalement se dispenser de cette formalité, en raison d'une situation d'urgence, que s'il apparaît, eu égard au comportement du conducteur, que le fait de différer la suspension de son permis pendant le temps nécessaire à l'accomplissement de la procédure contradictoire créerait des risques graves pour lui-même ou pour les tiers.

6. Il résulte de l'instruction qu'en amont de l'édiction de l'arrêté attaqué, M. B a fait l'objet d'une audition le 6 janvier 2022 à la suite de son accident, ayant donné lieu à l'émission d'un procès-verbal rédigé par un gardien de la paix du commissariat de Neufchâtel-en-Bray, duquel il ressort qu'il a pu faire valoir toutes observations utiles quant à sa situation et aux circonstances qui l'ont conduit à conduire son véhicule, le 6 janvier 2022 matin, sous l'emprise de substances ou plantes classées comme stupéfiants. Dès lors, le moyen tiré de ce que M. B aurait été privé des garanties procédurales prévues par les articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration, qui manque en fait, doit être écarté comme étant manifestement infondé.

7. Si M. B conteste la validité du test salivaire effectué, ce moyen tend à remettre en cause l'élément matériel de l'infraction qui lui est reprochée, dont le contrôle relève de la seule compétence du juge pénal. Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté comme étant inopérant.

8. La requête de M. B ne comporte que des moyens manifestement infondés ou inopérants. Dès lors, à défaut de moyen utile soulevé dans le délai de recours contentieux, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation de M. B, qui n'a pas annoncé de mémoire complémentaire, sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Maritime.

Fait à Rouen, le 10 octobre 2023.

La présidente de la 2ème chambre,

P. Bailly

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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