jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2201623 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | ELATRASSI-DIOME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 avril 2022 et des mémoires, enregistrés les 19 mai et 19 juillet 2022, Mme B C, représentée par Me Elatrassi-Diome, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 décembre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la date de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jours de retard, ou, à titre subsidiaire de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil.
Elle soutient que :
La décision portant refus de titre de séjour :
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- est entachée d'incompétence ;
- est illégale faute de saisine de la commission du titre de séjour ;
- méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée ;
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- est entachée d'incompétence ;
- est illégale faute de saisine du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;
- a été prise en violation du droit d'être entendu ;
- a été prise en violation des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
La décision fixant le pays de renvoi :
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- est entachée d'incompétence ;
- est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français ;
- méconnait les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- a été prise en violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 mai 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Par jugement en date du 23 mai 2022, le magistrat désigné du tribunal a annulé l'obligation de quitter le territoire français ainsi que l'arrêté emportant assignation à résidence de Mme C.
Par décision du 21 mars 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Rouen, l'aide juridictionnelle partielle a été accordée à Mme C à hauteur de 55%.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 modifié en matière de séjour et d'emploi ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bailly, vice-présidente ;
- et les observations de Me Elatrassi-Diome pour Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, ressortissante marocaine née le 20 août 1991, entrée en France en janvier 2018 afin d'y rejoindre M. D C, titulaire d'une carte de résident permanent, qu'elle a épousé au Maroc le 28 décembre 2012, a sollicité l'octroi d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile par une demande du 4 novembre 2021, rejetée par arrêté du 24 décembre 2021. Son conjoint avait précédemment sollicité le bénéfice de la procédure de regroupement familial au profit de son épouse le 19 décembre 2013, demande rejetée par l'administration le 4 décembre 2015. Le recours contentieux contre cet acte a été rejeté par le tribunal administratif de Rouen le 14 novembre 2017, jugement confirmé par la cour administrative d'appel de Douai le 14 mai 2019. M. C avait de nouveau demandé le bénéfice du regroupement familial en faveur de son épouse le 12 mars 2020, demande rejetée par le préfet de la Seine-Maritime le 18 août 2021.
2. A la suite de la décision du 16 mai 2022 assignant Mme C à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, le magistrat désigné par le président du tribunal a, par jugement du 23 mai 2022, annulé la décision portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi ainsi que l'arrêté du 16 mai 2022 emportant assignation à résidence.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
4. Il ressort des pièces du dossier, ainsi que le préfet l'a d'ailleurs relevé dans son arrêté du 24 décembre 2021, que M. et Mme C sont mariés depuis le 28 décembre 2012, soit depuis neuf ans à la date de l'arrêté portant refus de séjour. Il est constant que M. C réside sur le territoire français sous couvert d'une carte de résident et est père d'un enfant français né en mars 2006. En outre, celui-ci a, à deux reprises, sollicité le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse. Au regard tant de la durée du séjour en France de Mme C que de l'ancienneté et de la stabilité des liens de celle-ci sur le territoire français, la décision de refus de titre de séjour du 24 décembre 2021 a porté au droit au respect de la vie familiale de l'intéressée une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et a, ainsi, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 24 décembre 2021 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. L'annulation prononcée, eu égard à ses motifs, implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet territorialement compétent de délivrer à Mme C, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Elatrassi-Diome, avocate de Mme C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à celle-ci de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 24 décembre 2021 rejetant la demande d'admission au séjour de Mme C est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de délivrer à Mme C une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Elatrassi-Diome une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de renonciation de sa part à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à Me Elatrassi-Diome et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bailly, présidente,
Mme E et Mme A, conseillères,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
La présidente-rapporteure,
P. Bailly
L'assesseure la plus ancienne,
D. E
La greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026