mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2201770 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | MEGHERBI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 avril 2022, M. B C, représenté par Me Megherbi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 avril 2022 du préfet de la Seine-Maritime en tant qu'il a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
La décision portant refus de séjour :
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît les dispositions l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- est entachée d'une erreur de droit résultant de ce que le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée pour édicter à son encontre une mesure d'éloignement ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun de ses moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant tunisien né le 4 juin 1990, est entré régulièrement en France le 11 août 2013 muni d'un passeport revêtu d'un visa long séjour valant titre de séjour. Il a été par la suite muni d'un titre de séjour en qualité de conjoint de français. Par un arrêté du 21 avril 2015, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui renouveler son titre et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Le 16 novembre 2018, M. C a obtenu un nouveau titre de séjour en raison de cette même qualité, pour lequel le renouvellement a été refusé par un arrêté du 21 octobre 2020, l'obligeant également à quitter le territoire français. Le 8 février 2022, il a sollicité son admission au séjour en qualité de salarié sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 4 avril 2022, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de la Seine-Maritime a notamment refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de trois mois.
Sur la décision de refus de titre de séjour :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. C est entré régulièrement en France muni d'un visa entrées multiples, vie privée et familiale l'autorisant à travailler. Il justifie résider depuis neuf ans en France compte tenu de ses périodes travaillées justifiées par des contrats de travail et des bulletins de paie et de ses deux mariages avec des ressortissantes françaises. Il justifie avoir travaillé de juin à septembre 2014, de janvier 2015 à avril 2019 et depuis octobre 2019. Il jouit ainsi d'une bonne insertion professionnelle compte tenu de sa période d'emploi et de ses qualifications, M. C ayant débuté comme livreur et étant depuis le 1er octobre 2019 employé en qualité de technicien réseau au sein de la société FGS selon un contrat à durée indéterminée à temps plein, emploi pour lequel il a acquis une formation professionnelle spécifique en janvier 2019. Une attestation de son employeur en date du 25 avril 2022 témoigne que ses compétences sont appréciées dans le domaine de l'installation de la fibre, que sa connaissance des normes de sécurité est un gage de sécurité pour ses collègues, que son implication dans la vie de l'entreprise est réelle et utile et que le maintien à son poste est souhaité. Il se prévaut également de son insertion sociale et de la présence sur le territoire de son ancienne épouse de nationalité française avec laquelle il a vécu jusqu'en 2020 et a maintenu des liens et produit en outre, des témoignages d'amitié. Eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en France et alors même qu'il s'y serait maintenu en situation irrégulière, M. C doit être regardé comme ayant établi ses intérêts privés en France. Dans ces conditions, en prenant la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour le préfet de la Seine-Maritime a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation.
3. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 4 avril 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour et, par voie de conséquence, l'annulation des décisions du même jour portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination et lui faisant interdiction de retour sur le territoire.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
4.L'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard aux motifs qui le fondent, que l'autorité préfectorale territorialement compétente délivre à M. C une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au préfet d'y procéder dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette mesure d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. C de la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 4 avril 2022 du préfet de la Seine-Maritime est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à l'autorité préfectorale territorialement compétente de délivrer à M. C une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera M. C une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 2 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- M. Guiral, conseiller,
- Mme Boucetta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.
La présidente-rapporteure,
C. A L'assesseur le plus ancien,
S. GUIRALLe greffier
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026