mardi 20 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2201780 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | RENOULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 28 avril 2022, le 21 octobre 2022 et le 11 septembre 2023, Mme B A, représentée par Me Renoult demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 février 2022 par laquelle le groupe hospitalier du Havre (GHH) a refusé de reconnaître l'accident survenu le 20 juillet 2021 imputable au service ;
2°) d'enjoindre, sous astreinte, au GHH de reconnaître l'imputabilité de cet accident au service ;
3°) de mettre à la charge du GHH la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- elle était présente sur son lieu de travail le jour de l'accident qui s'est manifesté par la survenance d'un choc psychologique causé par la consultation de son dossier administratif ;
- ce choc, survenu pendant l'exercice de ses fonctions sur son temps de travail et sur son lieu de travail, constitue un accident qui doit être présumé imputable au service ;
- à supposer que la présomption ne soit pas retenue, les éléments produits démontrent que la lésion est imputable au service ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article 35-3 du décret n° 88-386 du 19 avril 1988 dès lors que sa déclaration d'accident de service a bien été transmise dans un délai de quinze jours à compter de la survenue de l'accident et que la constatation médicale, régularisant sa déclaration, a été adressée dès qu'elle a été en mesure d'obtenir un rendez-vous médical, soit le 20 août 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2023, le GHH conclut au rejet de la requête.
Le GHH soutient que :
- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés ;
- il doit être regardé comme sollicitant une substitution de motifs tenant à l'absence de fait accidentel.
Vu les autres pièces du dossier, notamment celle produite par le GHH le 5 octobre 2023, non communiquée.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Deflinne, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique,
- et les observations de Mme A.
Connaissance prise de la note en délibéré produite par Mme A le 6 février 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée au GHH au mois d'octobre 2003 en qualité d'auxiliaire de puériculture. Elle a été titularisée le 16 mars 2005. Le 5 décembre 2016, Mme A a effectué une déclaration d'accident de service relative à un choc émotionnel, apparu le 19 février 2016 suite à la remise d'une fiche d'évaluation, puis aggravé après un entretien avec son cadre. Par décision du 5 avril 2019, le GHH a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de cet accident. Par un jugement du 12 mai 2021, le tribunal a rejeté le recours formé contre cette décision et ce jugement a été confirmé par un arrêt du 26 juillet 2022 de la Cour administrative d'appel de Douai. Par ordonnance du 30 mars 2023, le Conseil d'État a rejeté l'admission du pourvoi formé par Mme A à l'encontre de cet arrêt. Le 20 juillet 2021, l'intéressée, alors en arrêt de travail, s'est présentée à la direction des ressources humaines de l'établissement afin de consulter son dossier administratif accompagnée par une représentante du personnel. Le 25 juillet 2021, elle a effectué une nouvelle déclaration d'accident de service, indiquant avoir subi un choc psychologique en prenant connaissance de certains éléments contenus dans son dossier. Par décision du 11 février 2022, le GHH a refusé de voir dans cet événement un accident de service. Mme A demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, la décision attaquée a été rendue au motif de l'absence de transmission d'une déclaration complète d'accident dans le délai de quinze jours suivant la date de l'accident allégué du 20 juillet 2021. Il ressort des dispositions des articles 35-2 et 35-3 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière que la déclaration doit être adressée dans les quinze jours suivant la survenance de l'accident ou dans les quinze jours qui suivent la constatation médicale établie dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A justifie avoir adressé une déclaration complète dans les quinze jours suivant la survenue de l'accident, ni dans les quinze jours suivant la constatation établie le 20 août 2021.
3. En second lieu, à supposer que Mme A puisse être regardée comme ayant mis en œuvre l'ensemble des moyens dont elle disposait pour transmettre en temps utile une déclaration complète d'accident, le GHH fait valoir qu'elle n'établit pas la réalité de l'accident de service.
4. Constitue un accident de service un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire le supérieur hiérarchique à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, un entretien, notamment d'évaluation, entre un agent et son supérieur hiérarchique, ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent. Il en va ainsi a fortiori de même, non d'un entretien mais de la simple consultation par l'agent public de son dossier administratif, qui ne saurait être regardée comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'elle a pu produire sur l'agent, à moins que le dossier contienne des propos d'une nature particulièrement déplacée.
5. D'une part, il ne ressort d'aucune pièce du dossier soumis au tribunal que le contenu du dossier administratif consulté par Mme A le 20 juillet 2021 ait comporté des propos déplacés à son encontre, excédant les remarques ou reproches pouvant normalement figurer dans le dossier d'un agent. D'autre part, aucun des éléments produits ne permet de considérer que la consultation du dossier de l'intéressée ait pu être de nature à constituer un accident de service, alors notamment qu'elle souffrait de problèmes cardiaques antérieurs comme cela ressort notamment du courrier établi par le Dr C le 20 août 2021. Par suite, il résulte de l'instruction que le GHH aurait pris la même décision s'il avait entendu se fonder initialement sur ce seul motif.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 11 février 2022 par laquelle le GHH a refusé de reconnaître l'accident survenu le 20 juillet 2021 imputable au service. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au groupe hospitalier du Havre.
Délibéré après l'audience du 6 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
M. Deflinne, premier conseiller,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2024.
Le rapporteur,
T. DEFLINNE
Le président,
P MINNE
Le greffier,
N. BOULAY
N°2201780
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026