mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2201915 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | MUKENDI NDONKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 mai 2022, Mme B A, représentée par Me Mukendi Ndonki, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer une carte de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une carte de séjour mention " vie privée et familiale " ou " visiteur " dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ou de la munir d'une autorisation provisoire de séjour dans le délai de huit jours et de réexaminer sa situation, le tout sous astreinte journalière de 100 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
* Le refus de séjour :
- n'est pas suffisamment motivé ;
- procède d'un défaut d'examen de sa situation particulière ;
- méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article L. 426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
* L'obligation de quitter le territoire français :
- est insuffisamment motivée ;
- repose sur un refus de séjour illégal ;
- méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
* La décision fixant le pays de destination :
- est insuffisamment motivée ;
- repose sur une obligation de quitter le territoire français illégale.
* L'interdiction de retour sur le territoire français :
- est insuffisamment motivée ;
- repose sur une obligation de quitter le territoire français illégale ;
- méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juillet 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu :
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative ;
- la décision du 27 avril 2022 d'admission totale à l'aide juridictionnelle ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Minne, président de chambre,
- et les observations de Me Mukendi Ndonki, pour Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante géorgienne, est entrée en France en janvier 2017 à l'âge de 62 ans environ. Après le rejet de sa demande de protection internationale, elle a fait l'objet d'un premier arrêté portant obligation de quitter le territoire français du 4 octobre 2017 qu'elle a vainement attaqué devant la juridiction administrative et n'a pas respecté. Un deuxième arrêté préfectoral du 14 février 2020, également vainement attaqué ni davantage respecté, a refusé son admission au séjour en raison de son état de santé et l'a obligée à quitter le territoire français. Par l'arrêté du 23 mars 2022, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de l'admettre au séjour au titre de la vie privée et familiale, a refusé de régulariser sa situation administrative en l'absence de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels, a refusé de la munir d'une carte de séjour en qualité de visiteur et l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours, a fixé le pays de son renvoi et prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'un mois.
Sur le refus de séjour :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué reproduit les termes des articles L. 423-23, L. 426-1 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le bénéfice était demandé par Mme A et comporte les considérations de fait qui ont conduit le préfet à estimer qu'elle ne remplissait pas les conditions prévues par ces textes. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision de refus de séjour contenue dans l'arrêté du 23 mars 2022 doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait manqué à son obligation d'examiner la situation particulière de Mme A.
4. En troisième lieu, la durée significative de présence sur le territoire français de la requérante, qui excède cinq années à la date de l'arrêté en litige, s'explique par son refus de se conformer à deux précédentes mesures d'éloignement dont la légalité a été reconnue par les juridictions compétentes. Si elle est présente aux côtés de sa fille et de ses petits-enfants, elle a vécu pendant plus de soixante ans dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le refus de séjour n'a pas porté une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni au sens des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. En quatrième lieu, en raison de la situation personnelle et familiale de Mme A, son admission au séjour ne répond pas à des considérations humanitaires ni ne se justifie au regard de motifs exceptionnels au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En cinquième lieu, Mme A expose elle-même dépendre des revenus de salaire de sa fille, laquelle la prend en charge depuis de nombreuses années. Par suite, la requérante ne justifie pas remplir les conditions de l'article L. 426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui impose, notamment, que l'étranger apporte la preuve qu'il peut vivre de ses seules ressources, dont le montant doit être au moins égal au salaire minimum de croissance net annuel.
7. En dernier lieu, les motifs qui précèdent ne permettent pas d'identifier une erreur manifeste dans l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la situation particulière de l'intéressée.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, la motivation de l'obligation de quitter le territoire français se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, par conséquent, dès lors que ce refus est lui-même motivé et que les dispositions législatives qui permettent d'assortir le refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire ont été rappelées, de mention spécifique pour respecter les exigences des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration. En l'espèce, la décision de refus de séjour est suffisamment motivée ainsi qu'il est dit au point 2. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
9. En deuxième lieu, pour les motifs énoncés aux points 2 à 7, Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français repose sur un refus de séjour entaché d'illégalité.
10. En dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés pour les motifs énoncés aux points 4 et 7.
Sur la décision fixant le pays de destination :
11. En premier lieu, l'arrêté attaqué mentionne la nationalité géorgienne de Mme A et indique qu'elle n'établit pas être exposée à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. La décision fixant le pays de destination, qui n'avait pas à indiquer en quoi l'intéressée ne serait pas exposée à de tels traitements contraires à l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, est donc suffisamment motivée.
12. En second lieu, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination repose sur une obligation de quitter le territoire français entachée d'illégalité doit être écarté compte tenu des motifs énoncés aux points 8 à 10.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
13. En premier lieu, l'arrêté attaqué cite les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il contient une analyse des critères au vu desquels une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un mois a été prononcée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette mesure d'interdiction doit être écarté.
14. En deuxième lieu, pour les motifs énoncés aux points 8 à 10, Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'interdiction de retour sur le territoire français repose sur une obligation de quitter le territoire français entachée d'illégalité.
15. En dernier lieu, compte tenu notamment du non-respect de mesures d'éloignement précédemment édictées et de la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français en litige, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
16. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 23 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer une carte de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un mois. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Joseph Mukendi Ndonki et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.
Le président-rapporteur,
P. MINNEL'assesseure la plus ancienne,
H. JEANMOUGIN
Le greffier,
N. BOULAY
N°2201915
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026