jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2201953 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | MARY-INQUIMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 mai et le 18 juillet 2022, M. D, représenté par Me Mary, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour temporaire valable un an, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, en tout état de cause, dans un délai d'un mois à compter du présent jugement, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
La décision de refus de titre de séjour :
- est entachée d'un vice de procédure ;
- méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est entachée d'un vice de procédure ;
- méconnaît l'article L. 611-3, 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision fixant le pays de destination :
- méconnait le principe général du droit de l'Union européenne relatif au droit d'être entendu préalablement à l'adoption de toute décision défavorable ;
- est insuffisamment motivée ;
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant interdiction de retour sur le territoire :
- méconnait le principe général du droit de l'Union européenne relatif au droit d'être entendu préalablement à l'adoption de toute décision défavorable ;
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- méconnaît les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 juin 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Mary, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant géorgien, né le 5 juillet 1963, est entré sur le territoire français le 13 septembre 2018. Par l'arrêté contesté du 9 mars 2022, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jour, a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière et lui a interdit de retourner sur le territoire pendant une durée de deux ans.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes des dispositions des premier et deuxième alinéas de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. D a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par un arrêté du 30 avril 2019, à la suite du rejet définitif de sa demande d'asile. Par un jugement du 15 juillet 2019, le tribunal administratif de Rouen a annulé cette décision au motif que M. D venait d'achever une chimiothérapie en France et qu'il était toujours suivi à l'hôpital et enjoint au préfet de réexaminer la demande de titre de séjour de M. D. Le 12 août 2019, il a été demandé à M. D de fonder juridiquement sa demande de titre de séjour et celui-ci a demandé à ce qu'elle soit examinée en qualité d'étranger malade. Le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rendu un avis le 8 juin 2020 dans le cadre de cette procédure de réexamen. Par un arrêté du 27 octobre 2020, le préfet de la Seine-Maritime a cependant rejeté la demande de titre de séjour de M. D et l'a obligé à quitter le territoire français. Le requérant a contesté cette décision devant le tribunal administratif de Rouen, qui a rejeté sa requête par un jugement du 30 mars 2021, confirmé par la cour administrative d'appel de Douai par un arrêt du 29 septembre 2021. Le 16 décembre 2021, M. D a de nouveau sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 425-9 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. D en raison de son état de santé, le préfet de la Seine-Maritime se fonde, dans l'arrêté contesté, sur le précédent avis du collège des médecins de l'OFII. Il fait valoir qu'il n'était pas tenu de saisir de nouveau le collège des médecins de l'OFII pour avis, en l'absence d'éléments nouveaux produits par l'intéressé. Néanmoins, il ressort des pièces du dossier, notamment de certificats médicaux datant de septembre 2021, que M. D est régulièrement suivi dans le cadre de sa maladie pulmonaire qui nécessite des soins réguliers ainsi qu'en consultation externe en psychiatrie, en raison de troubles dépressifs graves, nécessitant un traitement psychiatrique en continu. Le requérant a ainsi produit à l'appui de sa demande de titre de séjour des éléments nouveaux, ayant justifié son hospitalisation en octobre et novembre 2021, imposant au préfet de saisir le collège des médecins de l'OFII avant de se prononcer sur la demande de celui-ci. Par suite, le préfet de la Seine-Maritime a entaché sa décision d'un vice de procédure ayant privé M. D d'une garantie, de telle sorte que ce dernier est bien fondé à demander l'annulation de l'arrêté litigieux.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu d'annuler l'arrêté du 9 mars 2022 du préfet de la Seine-Maritime, en toutes ses dispositions.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Le présent jugement implique nécessairement, eu égard aux motifs qui le fondent, d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer la demande de titre de séjour de M. D dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de délivrer à l'intéressé durant ce réexamen une autorisation provisoire de séjour. Il n'y pas lieu d'assortir cette mesure d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que la SELARL Mary et Inquimbert renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à la SELARL Mary et Inquimbert d'une somme de 1 000 euros pour M. D.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 17 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé à M. D la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer la demande d'admission au séjour de M. D dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer durant le réexamen de sa demande une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'État versera la somme de 1 000 euros à la SELARL Mary et Inquimbert en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, pour M. D, sous réserve que la SELARL Mary et Inquimbert renonce à percevoir les sommes correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à la SELARL Mary et Inquimbert et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bailly, présidente,
Mme E et Mme A, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
La présidente
P. B
L'assesseure la plus ancienne
D. E La greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.ah
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026