jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2201955 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | MARY-INQUIMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mai 2022, Mme B D, représentée par Me Mary, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 17 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, en cas de reconnaissance du bien-fondé de sa requête, de lui délivrer une carte de séjour temporaire pour un an, dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai d'un mois, sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à la SELARL Mary et Inquimbert, en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de l'absence d''avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration ;
- elle méconnait l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de l'absence d'avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle méconnait le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ;
- elle méconnait l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance du droit à être entendu préalablement à toute décision défavorable ;
- elle est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- elle est illégale en raison de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur de droit tirée de ce que le préfet s'est estimé en situation de compétence liée avec les décisions de l'office français de production des réfugiés et des apatrides ;
- elle méconnait l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Maritime qui n'a pas produit de mémoire en défense mais a versé des pièces à l'instance le 13 septembre 2022.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention relative aux droits de l'enfant,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991, modifiée, relative à l'aide juridique,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Cotraud, rapporteur public,
- et les observations de Me Mary, représentant Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D, ressortissant géorgienne, née le 16 octobre 1983, a sollicité le 25 novembre 2019 la délivrance d'un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 17 mars 2022, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime a produit à l'instance l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration du 22 septembre 2021 relatif à la situation de l'enfant Luko Tejoevi. Par suite, le moyen tiré d'un vice de procédure doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. / Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9. " Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () "
4. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires et en cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
5. Il ressort des mentions même de l'arrêté attaqué que par un avis du 22 septembre 2021, le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que l'enfant Luka Tejoevi nécessitait un traitement médical dont le défaut n'entraînait pas des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il pouvait voyager sans risque vers son pays d'origine. Mme D n'a produit aucun élément relatif à l'état de santé de son enfant de nature à renverser la présomption établie par l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration et se borne à affirmer que l'état de santé de son fils nécessite un traitement, qui n'est pas effectivement disponible en Géorgie et dont le défaut aurait pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. En outre, Mme D n'apporte pas les éléments suffisants de nature à s'assurer qu'elle remplirait les conditions prévues à l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile notamment concernant l'entretien et la contribution à l'éducation de son enfant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-10 précité doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (). "
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme D est entrée en France le 22 mai 2018 avec son époux et ses deux enfants et que ses deux enfants sont scolarisés depuis leur arrivée le territoire. Toutefois, Mme D soutient qu'elle est séparée de son époux. Il n'est pas contesté que son époux a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en 2019. En outre, si les enfants sont scolarisés respectivement en classe de CE1 et de CM2, rien ne fait obstacle à ce qu'ils poursuivent leur scolarité dans leur pays d'origine. Enfin, Mme D, qui fait seulement état de son apprentissage du français, n'apporte aucun élément quant à son insertion personnelle ou professionnelle dans la société française depuis son arrivée en France. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et de l'atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale au regard des buts dans lesquels la décision attaquée a été prise, doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle doit également être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1- Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ()"
9. S'il ressort des pièces du dossier que les enfants de A D sont scolarisés en France en classe de CE1 et CM2 à la date de la décision attaquée, rien ne fait obstacle à ce qu'ils poursuivent leur scolarité dans leur pays d'origine. En outre, l'état de santé de l'enfant de Mme D ne ressort d'aucune pièce du dossier. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
En ce qui concerne décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 2, le moyen tiré du vice de procédure relatif à l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration ne peut qu'être écarté.
11. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 9 qu'aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision refusant un titre de séjour de Mme D n'est fondé. Le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour doit être écarté.
12. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. "
13. Il ressort des pièces du dossier que Mme D se prévaut de l'état de santé de son fils, mais ne soutient pas qu'elle remplit, elle-même, les conditions mentionnées à l'article L. 611-3 précité. Elle ne peut donc pas se prévaloir utilement de ces dispositions à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français. En tout état de cause, elle n'apporte pas les éléments suffisants de nature à établir que l'état de santé de son enfant remplirait les conditions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme inopérant.
14. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux présentés au point 6 à 9, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, de l'atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
15. En premier lieu, d'une part, lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.
16. D'autre part, aux termes de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office. ".
17. En l'espèce, Mme D a fait l'objet d'une décision de refus de titre de séjour et a pu présenter ses observations au moment du dépôt de sa demande de titre. En outre, il n'est pas sérieusement allégué que Mme D aurait sollicité en vain un entretien avec les services du préfet de la Seine-Maritime ni qu'elle aurait été empêchée de présenter ses observations avant que soit prise la décision litigieuse. Par suite, le moyen tiré de ce que son droit à être entendu garanti par le droit européen n'aurait pas été respecté, dirigé contre la décision fixant le pays de destination prise simultanément à la décision d'obligation de quitter le territoire, doit être écarté.
18. En deuxième lieu, il ressort des termes de l'arrêté contesté que, pour fixer le pays à destination duquel Mme D serait renvoyée en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement, le préfet de la Seine-Maritime s'est fondé sur les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a fait état de la nationalité de l'intéressée et a examiné sa situation au regard des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dès lors, la décision attaquée mentionne les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision et permet ainsi à l'intéressée d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.
19. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 14 qu'aucun des moyens soulevés à l'encontre des décisions refusant un titre de séjour de Mme D et l'obligeant à quitter le territoire n'est fondé. Le moyen tiré de l'illégalité de la décision fixant le pays de destination, par voie de conséquence de l'illégalité des décisions lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire, doit être écarté.
20. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime a estimé que Mme D n'établissait pas qu'elle encourait des risques d'atteinte à la vie ou des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le préfet de la Seine-Maritime a porté une appréciation sur la situation de Mme D sans s'estimer lier par les décisions de l'office français de production des réfugiés et des apatrides et de la cour nationale du droit d'asile. Le moyen tiré de l'erreur de droit, en ce que le préfet se serait estimé à tort en situation de compétence liée, doit être écarté.
21. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
22. Si Mme D soutient avoir été victime de menaces et d'agressions en raison de ses origines yézides, des engagements politiques et de l'adultère de son époux, il ressort des pièces du dossier que Mme D n'apporte aucun élément pour corroborer son récit. Elle n'établit pas qu'elle serait actuellement soumise à des menaces de la part des personnes qui, selon ses allégations, auraient été ses oppresseurs, ni même de la gravité des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine alors qu'elle s'est séparée de son époux. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme D tendant à l'annulation de l'arrêté du 17 mars 2022 du préfet de la Seine-Maritime rejetant sa demande d'admission au séjour et l'obligeant à quitter le territoire français doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles qu'elle a présentées aux fins d'injonction et d'astreinte, et sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bailly, présidente,
Mme E et Mme C conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022 .
La rapporteure,
B. C
La présidente,
P. Bailly La greffière
A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026