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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2201971

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2201971

lundi 5 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2201971
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantHUON SARFATI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 mai 2022, la commune de Notre-Dame de Bondeville, représentée par Me Huon, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner sans délai la libération du logement situé au 4, rue Victor Hugo, à Notre-Dame de Bondeville (76960) appartenant à la commune, occupé par M. C A, agent territorial de catégorie C sur le fondement de l'article L. 521 -3 du Code de justice administrative,

2°) d'assortir cette injonction d'une astreinte de 150 € par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) d'autoriser si besoin le recours à la force publique ;

4°) de mettre à la charge de M. C A une somme de 2000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-la juridiction administrative est compétente, le logement ayant été concédé par nécessité absolue du service ;

- la demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse dès lors que M. A occupe le logement sans droit ni titre dès lors qu'il n'exerce plus les fonctions justifiant de l'octroi du logement depuis le 3 novembre 2021, que l'emploi de gardien du complexe sportif a été retiré de la liste des emplois pour lesquels un logement de fonction peut être attribué par délibération du conseil municipal du 23 mars 2022 et l'arrêté du 20 avril 2022 a mis fin à la concession et le Conseil municipal ayant décidé, par délibération du 24 août 2021 du changement d'affectation des deux logements situés parcelle cadastrée AB 111 dont celui occupé par M. C A, la concession a pris fin en application de l'article R. 2124-73 du Code général de la propriété des personnes publiques ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors que le bien immobilier est inscrit, par suite de la délibération du Conseil municipal du 24 août 2021 dans un projet acté visant à la conclusion d'un bail emphytéotique avec l'association AGOEL pour l'installation d'un Centre de formation professionnelle lié à la radiophonie et à la communication, ainsi que la gestion de la radio RC2 (FM 94,4).

M. A n'a pas produit de mémoire malgré la mise en demeure qui lui a été adressée le 26 juillet 2022, dans le délai qui lui était imparti.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B, pour statuer sur les demandes en référé.

Après avoir convoqué les parties à l'audience publique.

Au cours de l'audience publique du 5 septembre 2022 à 10h15, tenue en présence de M. Michel, greffier d'audience, après la présentation du rapport, ont été entendues les observations de :

-Me Garceries, substituant Me Huon, qui a repris en les développant les conclusions et moyens présentés dans les écritures et a indiqué que malgré l'aide de la commune depuis un an pour son relogement, M. A a fait preuve d'une parfaite inertie.

-M. A qui ne conteste pas ne pas être en droit de se maintenir dans le logement mais allègue une impossibilité de se reloger.

La clôture de l'instruction est intervenue à 10 h 46 en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Une note en délibéré de la commune de Notre-Dame de Bondeville a été enregistrée le 5 septembre 2022.

Considérant ce qui suit :

1. La commune de Notre-Dame de Bondeville demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L.521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion de M. C A du logement qu'il occupe au 4, rue Victor Hugo, à Notre-Dame de Bondeville (76960).

Sur les conclusions à fins d'expulsion :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune mesure administrative ".

3. Il ressort de l'instruction que M. A a été autorisé à occuper le logement litigieux par nécessité absolue de service au titre de ses fonctions de gardien du complexe sportif Marcel Sauvage situé rue Victor Hugo à Notre-Dame de Bondeville, en dernier lieu, par arrêté du 13 août 2015. Ainsi, et dès lors que la mise à disposition du logement est fondée sur la nécessité absolue de service, le litige relève de la compétence de la juridiction administrative.

4. Lorsque que le juge des référés est saisi, sur le fondement des dispositions susmentionnées au point 2, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, la demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

5. D'une part, il résulte de l'instruction qu'à compter du 3 novembre 2021, par modification de sa fiche de poste, il a été mis fin aux missions de M. A qui nécessitaient une présence avec une forte amplitude horaire sur le site. Par délibération n° 2022-35 du 23 mars 2022, le Conseil municipal a décidé du retrait de la liste des bénéficiaires d'une concession de logement par nécessité absolue de service l'emploi de gardien du complexe sportif par suite de la réorganisation des services. Par arrêté du 20 avril 2022, il a été mis fin à la concession accordée à M. A pour l'occupation du logement. Dans ces conditions, la demande de la commune de Notre-Dame-de-Bondeville ne s'oppose à aucune contestation sérieuse.

6. D'autre part, il résulte de l'instruction que le logement est inscrit, par suite de la délibération du Conseil municipal du 24 août 2021 dans un projet visant à la conclusion d'un bail emphytéotique avec l'association AGOEL pour l'installation d'un Centre de formation professionnelle lié à la radiophonie et à la communication, ainsi que la gestion de la radio RC2 (FM 94,4). La commune justifie par les documents qu'elle produit que le maintien dans les lieux de M. A fait obstacle à la réalisation des travaux nécessaires à l'affectation du local à une mission d'intérêt général et au développement de cette activité sur le site. Dans ces conditions, la libération du logement litigieux présente un caractère d'urgence et d'utilité.

7. Il résulte de tout ce qui précède, qu'il y a lieu d'autoriser la commune de Notre-Dame de Bondeville à procéder d'office dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir, à l'expulsion de M. A et de tous autres occupants du logement de fonction situé au 4, rue Victor Hugo, à Notre-Dame de Bondeville (76960), au besoin avec le concours de la force publique, et à évacuer tous ses effets personnels à ses frais.

Sur les frais de l'instance :

8. Il n' y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de M. A la somme que la commune demande sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er : La commune de Notre-Dame de Bondeville est autorisée à procéder d'office dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir, à l'expulsion de M. A et de tous autres occupants du logement de fonction situé au 4, rue Victor Hugo, à Notre-Dame de Bondeville (76960), au besoin avec le concours de la force publique, et à évacuer tous ses effets personnels à ses frais.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Notre-Dame de Bondeville et à M. C A.

Fait à Rouen, le 5 septembre 2022.

La juge des référés

C. B

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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