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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2202178

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2202178

jeudi 10 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2202178
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2 ème Chambre
Avocat requérantLEROY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 mai 2022, M. D, représenté par Me Leroy, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, à titre subsidiaire, de réexaminer son admission au séjour dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, en toute hypothèse, dans l'attente, de lui remettre une autorisation provisoire au séjour l'autorisant travailler, dans un délai de 8 jours à compter de la notification du présent jugement ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat, dans le cas où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. D soutient que :

La décision de refus de titre de séjour :

- est insuffisamment motivée ;

- est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet ;

- est illégale faute pour le préfet d'avoir saisi la commission du titre de séjour ;

- méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles 7 ter b) et 7 quater de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;

- méconnait l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;

- méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile combiné avec les articles 7 ter b) et 7 quater de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision portant obligation de quitter le territoire :

- est insuffisamment motivée ;

- est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet ;

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;

- méconnaît " la jurisprudence Diaby " et le droit au respect de la vie privée et familiale, tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision fixant le pays de destination et accordant un délai de départ volontaire :

- est insuffisamment motivée ;

- est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet ;

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 25% par une décision du 30 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- et les observations de Me Leroy, représentant M. D.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant tunisien né le 10 avril 2003, est entré en France le 17 mars 2018. Par un arrêté du 18 juin 2021, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français. Par un jugement du 3 février 2022, le tribunal administratif de Rouen a annulé cet arrêté au motif que le préfet n'avait pas procédé à un examen complet de la demande de M. D sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 et a enjoint au préfet de réexaminer la demande de titre de séjour de l'intéressé. M. D a ainsi procédé à une nouvelle demande de titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que sur le fondement des articles 7 ter b), 7 quater et 3 de l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988. Par l'arrêté en litige du 8 mars 2022, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer le titre de séjour demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière.

Sur l'arrêté pris dans son ensemble :

2. En premier lieu, l'arrêté litigieux vise les textes dont il fait application et expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. D sur lesquelles le préfet s'est fondé pour refuser de lui délivrer un titre de séjour. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation ne peut qu'être écarté.

3. En second lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment des mentions de l'arrêté du 8 mars 2022, que le préfet de la Seine-Maritime a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. D avant de lui refuser la délivrance d'un titre de séjour. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen ne peut qu'être écarté.

Sur le refus de titre de séjour :

4. Aux termes des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

5. S'il ressort des pièces du dossier que M. D, présent sur le territoire français depuis 2018, vit en concubinage avec sa compagne Mme B E, leur communauté de vie n'est établie que depuis le 7 février 2022, soit depuis seulement un mois à la date de l'arrêté attaqué. Par ailleurs, si le requérant produit un acte de reconnaissance antérieure à la naissance de son enfant à naître avec sa compagne, ce seul élément ne suffit à démontrer de manière certaine la réalité de sa future paternité. Ainsi, M. D, hébergé de 2018 à 2022 par un oncle à qui il avait été confié par ses parents, ne démontre pas disposer de liens personnels et familiaux suffisamment stables et anciens sur le territoire français, alors qu'il n'est pas isolé dans son pays d'origine, où vivent ses parents. Par suite, au regard de la durée et des conditions du séjour en France de l'intéressé, qui n'était pas entré sur le territoire français par l'intermédiaire du regroupement familial mais sous couvert uniquement d'un visa touristique, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas méconnu les dispositions et stipulations précitées en refusant de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. Aux termes des dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () ".

7. Il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du cas des étrangers qui remplissent effectivement toutes les conditions prévues à l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auxquels il envisage de refuser la délivrance du titre de séjour sollicité et non de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions. Ainsi qu'il a été dit au point 5, M. D ne remplit pas les conditions prévues pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 précité. Le préfet n'était donc pas tenu de saisir la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure en l'absence de saisine de cette commission préalablement à l'édiction de la décision attaquée ne peut, dès lors, qu'être écarté.

8. Aux termes des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an et renouvelable et portant la mention "salarié " () ".

9. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, M. D, entré en France le 17 mars 2018 sous couvert d'un visa touristique, ne justifiait pas d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, ni d'un visa de long séjour au sens de l'article précité. Ainsi, le préfet n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3 de l'accord précité en refusant de lui délivrer un titre de séjour.

10. Aux termes des stipulations de l'article 7 ter b) de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " Les ressortissants tunisiens âgés de seize à dix-huit ans qui déclarent vouloir exercer une activité professionnelle salariée reçoivent, de plein droit, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention "vie privée et familiale" ou un titre de séjour d'une durée de dix ans, s'ils remplissent les conditions prévues aux articles 7 bis ou 10 du présent Accord. / Ils peuvent, dans les autres cas, solliciter un titre de séjour valable un an. / Les ressortissants tunisiens mineurs de dix-huit ans qui remplissent les conditions prévues à

l'article 7 bis, ou qui sont mentionnés au e ou au f de l'article 10, ainsi que les mineurs entrés en

France pour y poursuivre des études sous couvert d'un visa de séjour d'une durée supérieure à

trois mois reçoivent, sur leur demande, un document de circulation. ". Aux termes des stipulations de l'article 7 quater du même accord : " Sans préjudice des dispositions du b et du d de l'article 7 ter, les ressortissants tunisiens bénéficient, dans les conditions prévues par la législation française, de la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" ".

11. Il ressort des pièces du dossier et tel qu'il a été énoncé au point 9, que M. D, est entré en France le 17 mars 2018 sous couvert d'un visa touristique et non selon la procédure du regroupement familial. Dès lors, M. D ne peut utilement se prévaloir des stipulations précitées pour demander la délivrance d'un titre de séjour et le moyen tiré de la méconnaissance des articles 7 ter b) et 7 quater de l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail doit être écarté.

12. Aux termes des stipulations de l'article 11 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord ". Aux termes des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat ".

13. L'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte mais, portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaires prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-tunisien visé ci-dessus prévoit la délivrance de titres de séjour à raison d'une activité salariée, un ressortissant tunisien souhaitant obtenir un titre de séjour à raison d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 citées à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988, au sens de l'article 11 cité de cet accord. Néanmoins, les stipulations de l'accord franco-tunisien n'interdisent pas au préfet de délivrer un titre de séjour à un ressortissant tunisien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.

14. Si le préfet pouvait, ainsi qu'il l'a d'ailleurs fait, apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir si l'intéressé pouvait faire l'objet d'une mesure de régularisation à titre gracieux, il ressort des pièces du dossier que M. D ne démontre sa présence continue sur le territoire français que depuis 2018 et ne justifie pas avoir tissé en France des liens personnels suffisamment stables et intenses. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, le préfet n'a pas méconnu les dispositions précitées en décidant de ne pas procéder à une régularisation de la situation de M. D.

15. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime aurait entaché la décision contestée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

16. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'établit pas que la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour est illégale. Dès lors, le moyen tiré de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour doit être écarté.

17. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet, soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être écartés.

Sur la décision fixant le pays de destination et accordant un délai de départ volontaire :

18. Aucun des moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant fondé, le moyen tiré de l'illégalité de la décision fixant le pays de destination et de celle accordant un délai de départ volontaire ne peut être qu'écarté.

19. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

20. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur la situation personnelle de l'intéressé.

21. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F D et au préfet de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Bailly, présidente,

Mme G et Mme A, conseillères,

Assistées de Mme Hussein, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.

La présidente,

P. C

L'assesseure la plus ancienne

D. G

La greffière,

A. Hussein

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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