jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2202309 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | BIDAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 juin 2022, Mme C D, représentée par Me Nadejda Bidault, a demandé au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'un mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une carte de séjour temporaire " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, de lui enjoindre de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer pour la durée de ce réexamen une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État et au bénéfice de Me Bidault, ou subsidiairement à son propre bénéfice, la somme de 1 500 euros en application des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme D soutient que
Le refus de séjour :
- est insuffisamment motivé ;
- méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- procède d'une erreur manifeste d'appréciation.
L'obligation de quitter le territoire français :
- est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- procède d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision fixant le pays de renvoi :
- est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
L'interdiction de retour sur le territoire français :
- porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- procède d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 août 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête, en soutenant qu'elle n'est pas fondée.
Vu :
- la décision du 11 mai 2022 par laquelle Mme D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C D, ressortissant congolaise (République du Congo) née le 15 février 1962, est entrée en France en juin 2019, munie d'un passeport de service supportant un visa Schengen court-séjour pour visite officielle délivré par les autorités suisses. L'intéressée a déposé une demande d'asile qui a été définitivement rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), le 24 mars 2021. Le 4 décembre 2019, elle a sollicité son admission au séjour au titre de la vie privée et familiale. Par arrêté du 9 décembre 2021, auquel elle ne s'est pas conformée, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de l'admettre au séjour et l'a obligée à quitter le territoire français. Le 22 mars 2022, Mme D a sollicité son admission au séjour au titre de la vie privée et familiale. Par un nouvel arrêté en date du 28 mars 2022, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sous trente jours, a fixé son pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'un mois. Mme D demande, à titre principal, l'annulation de cet arrêté.
Sur le refus de séjour :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles s'est fondé le préfet de la Seine-Maritime pour rejeter la demande de titre de séjour de Mme D. Cette décision est, dès lors, suffisamment motivée.
3. En second lieu, aux termes de l'article L 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
4. Mme D fait valoir qu'elle réside depuis 2019, en France, où elle vit avec son compagnon, de nationalité congolaise titulaire d'une carte de résident, avec lequel elle a conclu un PACS. Toutefois, l'intéressée ne peut valablement se prévaloir de sa durée de séjour sur le territoire national, celle-ci résultant, notamment de ce qu'elle ne s'est pas conformée à la première mesure d'éloignement prononcée à son encontre dans les conditions rappelées au point n°1. Si l'intéressée se prévaut de sa relation de couple avec M. B, titulaire d'une carte de résident, cette relation qu'elle date de " l'année 2020 ", sans autres précisions et sans le démontrer, est en tout état de cause récente, de même que la conclusion du PACS entre les partenaires, le 22 avril 2021. En outre, Mme D, qui est dépourvue de charge de famille, a développé sa vie privée et familiale alors que sa demande d'asile avait été rejetée et qu'elle avait déjà fait l'objet d'une première mesure d'éloignement de sorte qu'elle ne pouvait ignorer la précarité de sa situation, en France. L'intéressée, qui ne fait pas même état d'une activité professionnelle actuelle ou passée, ni plus que d'une quelconque inscription dans une formation qualifiante, ne justifie d'aucune insertion professionnelle en France. Il n'est pas établi, par la seule production de l'acte de décès de son père, qu'elle est dépourvue d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine, le Congo, ainsi qu'elle le soutient. Enfin, si Mme D, qui n'a pas déposé de demande de titre de séjour " étranger malade ", se prévaut de problèmes de santé, en l'espèce, d'hypertension, l'unique pièce médicale produite, au demeurant postérieure à la décision contestée, ne permet nullement de démontrer la gravité de sa pathologie. Au regard de l'ensemble de ces éléments, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions citées au point n°3 et le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, la décision de refus de séjour n'étant pas illégale, la requérante n'est pas fondée à exciper de son illégalité à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
6. En second lieu, pour les motifs exposés au point n°4, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
7. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, la requérante n'est pas fondée à exciper de son illégalité à l'encontre de la décision fixant le pays de destination de cette mesure d'éloignement.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
8. En premier lieu, au regard des motifs indiqués au point n°4, et eu égard à la circonstance que Mme D a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement à laquelle elle ne s'est pas conformée, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français en litige n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
9. En second lieu, au regard de l'ensemble des éléments précédemment exposés, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme D doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à Me Nadejda Bidault et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
M. Bouvet, premier conseiller,
M. Mulot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.
Le rapporteur,
signé
C. A
La présidente,
signé
A. GAILLARD
La greffière,
signé
A. HUSSEIN
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
POUR EXPEDITION
CONFORME
La Greffière
C. PINHEIRO RODRIGUES
N°2202309
ah
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026