LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2202380

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2202380

jeudi 11 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2202380
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2 ème Chambre
Avocat requérantVERMONT TRESTARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 10 juin 2022, 20 décembre 2022 et 21 février 2023, Mme A E, représentée par Me Colliou, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 21 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Bihorel a délivré un permis de construire n° PC 076 095 21 M0025 valant permis de démolir à la SCCV Victor Hugo pour la construction d'un immeuble de dix logements ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 26 janvier 2023 par lequel le maire de commune de Bihorel a délivré un permis de construire modificatif n° PC 076 095 21 M0025 M01 concernant le même projet ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Bihorel une somme de 3 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a intérêt à agir tant contre le permis initial que contre le permis de construire modificatif ;

- les arrêtés attaqués délivrant le permis de construire et le permis de construire modificatif méconnaissent les dispositions de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme ;

- ils ont été délivrés au regard d'un dossier de demande incomplet en méconnaissance des articles R. 431-4 et R. 431-8 du code de l'urbanisme ;

- ils méconnaissent les dispositions de l'article 3.1 UBA1 du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole de Rouen Normandie ;

- ils méconnaissent les dispositions de l'article 3.2 UBA1 du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole de Rouen Normandie ;

- ils méconnaissent les dispositions de l'article 5.2 UBA1 du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole de Rouen Normandie.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 juillet 2022 et 8 mars 2023, la commune de Bihorel conclut à ce que le tribunal fasse application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés ou, en tout état de cause, que les vices sont régularisables.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 30 novembre 2022, 31 janvier 2023 et 9 mars 2023, la SCCV Victor Hugo, représentée par Me Vermont conclut, dans le dernier état de ses écritures, à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que le tribunal sursoie à statuer et lui permette de déposer une demande de permis modificatif, et demande à ce que soit mise à la charge de Mme E une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- les conclusions de M. Cotraud, rapporteur public,

- les observations de Me Colliou, substituant Me Enard-Bazire représentant Mme E et de Me Vermont représentant la SCCV Victor Hugo.

Considérant ce qui suit :

1. Par une demande déposée le 3 août 2021, la SCCV Victor Hugo, propriétaire d'une parcelle cadastrée n°AE 198 à Bihorel, a sollicité la délivrance d'un permis de construire pour la réalisation d'un immeuble de 10 logements. Par un arrêté du 22 janvier 2022, le maire de la commune de Bihorel a délivré le permis sollicité, sous prescription. Mme A E, voisine immédiate du projet, a présenté un recours gracieux le 27 avril 2022. Postérieurement à l'introduction de la requête, par un arrêté du 26 janvier 2023, le maire de la commune de Bihorel a délivré un permis de construire modificatif pour ce même projet, portant modifications de l'implantation de l'attique, des loggias, de l'aire d'attente, de l'ange de la pente, de l'accès piétons et du local vélo. Par la présente requête, Mme E demande l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Il peut, de même, être régularisé par un permis modificatif si la règle relative à l'utilisation du sol qui était méconnue par le permis initial a été entretemps modifiée. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

En ce qui concerne les dispositions du permis de construire initial qui n'ont pas été modifiées par le permis modificatif délivré ultérieurement :

3. Aux termes de l'article 3.1 UBA1 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie : " 3.1 Implantation des constructions par rapport aux emprises publiques et aux voies. / Pour l'implantation le long des voies, publiques ou privées, exisantes ou projetées, ouvertes à la circulations publique et le long des emprises publiques ; toute construction installation ou aménagement nouveau doit respecter les indications graphiques figurant au règlement graphique - Planche 2. / En l'absence de celles-ci : / - pour les constructions de premier rang, la façade du volume principal de la construction doit s'implanter : / () / soit s'il n'existe ni alignement de fait, ni implantation dominante du même coté de la voie, les constructions seront implantées à une distance minimale de 3m de l'alignement. / () Dans le cas de terrains bordés de plusieurs voies, la règle s'applique le long de l'une des voies au moins ". Aux termes du lexique du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole Rouen Normandie : " Le retrait est la distance séparant la construction d'une limite séparative. Il se mesure horizontalement et perpendiculairement à la limite séparative en tout point de la construction sauf mention spécifique au sein du règlement de zone (LIVRE 2 du règlement écrit). En cas d'implantation sur la limite séparative, les modalités de calcul du retrait ne s'appliquent pas pour les loggias et les attiques ".

4. Il résulte des dispositions précitées, que dès lors que le terrain est bordé par plus d'une voie publique, et alors qu'il est constant qu'aucun alignement de fait ou implantation dominante n'est identifable et qu'aucun retrait n'est prévu en ce qui concerne l'avenue des Canadiens, l'alignement de la construction projetée doit respecter un retrait d'au moins trois mètres par rapport à la rue Victor Hugo, sans qu'il existe une obligation de cumul des retraits par rapport aux autres voies publiques.

5. Pour soutenir que le projet méconnait la règle relative à l'implantation des constructions dès lors qu'il prévoit un retrait de 1,8 mètre inférieur aux 3 mètres prévus par les dispositions de plan local d'urbanisme, Mme E tient compte de l'intersection entre les deux voies publiques. Toutefois, cette ligne tracée entre l'extrémité de la rue Victor Hugo et l'avenue des Canadiens, qui ne relève d'aucune de ces deux voies publiques, ne peut qu'être regardée comme constituant un troisième alignement. Dans ces conditions et dès lors qu'il n'est pas contesté que le retrait de la façade ouest du projet est d'une distance de 3 mètres mesurée horizontalement et perpendiculairement entre la rue Victor Hugo et tout point de l'alignement de la façade ouest du batiment projeté, la circonstance que ce retrait soit inférieur à 3 mètres concernant l'alignement par rapport à la troisième voie publique longeant la parcelle d'assiette du projet à l'angle entre les deux rues n'est pas de nature à entraîner la méconnaissance des dispositions du plan local d'urbanisme précitées. Le permis de construire modificatif n'a pas modifié les plans sur ce point. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3.1 UBA1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole Rouen Normandie doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen dirigé exclusivement contre les dispositions du permis modificatif :

6. Par un arrêté du 5 octobre 2022 publié le 10 octobre suivant au recueil des actes administratifs de la commune, accessible sur le site internet de la commune de Bihorel et transmis au contrôle de légalité le même jour, le maire de la commune de Bihorel a donné à M. C D, quatrième adjoint, délégation à l'effet de signer notamment les décisions accordant des permis de construire. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée doit être écarté.

En ce qui concerne moyens dirigés contre les dispositions du permis de construire initial modifiées par le permis de construire modificatif :

7. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur. "

8. Pour contester l'arrêté du 21 janvier 2022, Mme E soutient que les services ont été consultés pour avis sur la base d'un dossier incomplet, dès lors que des pièces supplémentaires et correctives ont été versées au dossier de demande les 27 octobre et 23 novembre 2021. Toutefois, Mme E ne se prévaut d'aucune consultation obligatoire au titre de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme, elle ne peut donc pas invoquer utilement une méconnaissance des dispositions de cet article. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que les avis émis par les services consultés auraient été pris au regard d'un dossier de demande substantiellement différent du projet autorisé dès lors qu'il n'est pas contesté que les pièces supplémentaires et correctives avaient pour unique objet de réduire la surface de plancher du projet de construction. Les services de l'architecte de Bâtiments de France et le pôle de proximité service voirie de la métropole de Rouen Normandie ont rendu des avis favorables au projet dans le cadre de l'instruction du permis modificatif délivré le 26 janvier 2023. Le moyen tiré du vice de procédure ainsi invoqué ne peut qu'être écarté.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; () ". Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / () 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / () b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ;() ". Et aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ;(). ".

10. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

11. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la notice architecturale produite au dossier de demande de permis de construire modificatif indique notamment que " la parcelle du projet se situe à proximité de l'école élémentaire Les Sapins, de l'église évangélique de Bihorel et en face d'un centre médico-social départemental et du centre d'activité Jean Texcier. / La parcelle est principalement voisine de maisons individuelles, de petits collectifs () Le bâtiment vient se placer en retrait de la limite parcellaire, afin de suivre l'alignement légèrement en recul du front bâti de la rue des canadiens. Il vient également s'appuyer sur le bâti avoisinant en limite séparative afin de continuer le front bâti de la rue Victor Hugo ". En outre, les documents graphiques d'insertion du projet, le plan de masse ainsi que les photographies du bâti avoisinant produits à l'appui de la demande de permis de construire initial, illustrent le bâti environnant ainsi que l'insertion du projet dans l'environnement urbain. En tout état de cause, et contrairement à ce que soutient Mme E, tant sa propriété que le mur du bâtiment longeant sa propriété, qui a vocation à être démoli par le projet, sont identifiables sur les différents plans et photographies produits à l'appui de la demande de permis de construire. Par suite, les branches du moyen tiré de l'insuffisance du dossier concernant la description du bâti environnant et l'insertion du projet dans son environnement doivent être écartées comme infondées.

12. D'autre part, la circonstance que la notice architecturale produite à l'appui de la demande de permis de construire retienne dans son contenu, une surface erronée de 238,2 m² d'espèce vert, en contradiction avec le résumé de cette même notice qui indique une surface d'espace vert de 236,27 m² n'est pas de nature à induire l'administration en erreur dès lors que le résumé de la notice indique clairement que le permis modificatif a vocation à réduire la surface d'espace vert et que la surface retenue reste supérieure au minimum de 35% de la surface totale de la parcelle. La dernière branche du moyen tiré de l'insuffisance du dossier concernant la contradiction du dossier de demande de permis modificatif doit également être écartée.

13. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article 3.2 UBA1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole Rouen Normandie : " Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives. / Les constructions implantées dans la bande de constructibilité renforcée. / Dans une bande de 15 m comptée perpendiculairement depuis l'alignement, les constructions peuvent s'implanter sur les limites séparatives. / En cas de retrait, elles doivent observer une distance au moins égale à la moitié de la hauteur de la construction, avec un minimum de 3 m vis-à-vis de la limite séparative (soit L=H/2 et = 3 m). ()/ Les constructions ou les parties de construction implantées au-delà de la bande de constructibilité renforcée / Les constructions peuvent s'implanter sur les limites séparatives : / - si leur hauteur au point le plus haut n'excède pas 3,5 m au droit de la limite séparative et si leur gabarit reste compris à l'intérieur d'un angle de 45° au delà des 3,5 m (voir schéma opposable n°26 au sein du Livre 1) ;/ - ou si elles s'adossent à un mur de clôture existant ou à un bâtiment implanté en limite. Dans ce cas, la hauteur du bâtiment à implanter (prise à l'égout de toiture ou à l'acrotère) ne peut dépasser la hauteur du point le plus haut du mur de clôture ou du bâtiment contre lequel est réalisé l'adossement (pris en limite séparative au droit du bâtiment à implanter) et le gabarit du nouveau bâtiment doit rester compris à l'intérieur d'un angle à 45° au-delà de la hauteur du mur ou du bâtiment existant sur lequel il s'adosse (voir schéma opposable n°27 au sein du Livre 1)./ En cas de retrait, les constructions doivent s'implanter à une distance au moins égale à la moitié de la hauteur maximale de la construction, avec un minimum de 3 m vis-à-vis de la limite séparative (soit L=Hmax/2 et = 3 m). / Dispositions alternatives dans l'ensemble de la zone. / Aucune bande de constructibilité renforcée ne s'applique pour les parcelles parallèles à la voie et d'une profondeur inférieure ou égale à 8 mètres et ce sur tout leur linéaire le long de la voie, ainsi que pour les constructions situées en second rang de ces parcelles ()".

14. Aux termes du lexique de ce même plan local d'urbanisme : " L'attique correspond à l'étage supérieur d'un bâtiment, réalisé au-dessus de l'acrotère et dont les murs extérieurs sont en retrait d'au minimum 2m par rapport aux murs extérieurs des niveaux inférieurs / () / Le retrait est la distance séparant la construction d'une limite séparative. Il se mesure horizontalement et perpendiculairement à la limite séparative en tout point de la construction sauf mention spécifique au sein du règlement de zone (LIVRE 2 du règlement écrit). En cas d'implantation sur la limite séparative, les modalités de calcul du retrait ne s'appliquent pas pour les loggias et les attiques ".

15. Il ressort des pièces du dossier et notamment du plan de masse modifié que le projet, dans sa version modifiée par le permis de construire modificatif délivré le 23 janvier 2023, prévoit que le bâtiment est réalisé en limite séparative de propriété en ce qui concerne les façades nord-ouest et sud-est et que le dernier étage de ce bâtiment est réalisé au-dessus de l'acrotère avec un retrait des murs extérieurs de 2 mètres par rapport aux murs extérieurs de l'étage inférieur. Le dernier étage du bâtiment doit ainsi être regardé comme étant un attique au sens des dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole Rouen Normandie. Par application des dispositions de ce même plan local d'urbanisme, les règles de retrait définit à l'article 3.2 UBA1 du règlement du PLU ne sont pas applicable aux attiques. Dans ces conditions, Mme E n'est pas fondée à soutenir que le dernier étage du bâtiment ne respecte pas les règles qui lui étaient applicables en matière d'implantation de la construction par rapport à la limite séparative. La première branche du moyen tirée de la méconnaissance de l'article 3.2. UBA1 du règlement du PLU ne peut qu'être écartée comme inopérante.

16. Aux termes du lexique du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole Rouen Normandie : " une construction est un édifice ou un ouvrage fixe et pérenne, comportant ou non des fondations et générant un espace utilisable en sous-sol ou en surface ".

17. Il ressort des pièces du dossier que si le permis de construire initial prévoyait initialement un retrait de trois mètres d'une partie de la façade nord-ouest, le permis de construire modificatif a prévu l'édification d'une pergola comblant l'espace entre la limite séparative nord-ouest et la façade du bâtiment. Cette pergola qui doit être regardée comme une construction au sens des dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole de Rouen Normandie, est édifiée en limite de propriété. Dans ces conditions, Mme E n'est pas fondée à soutenir que le projet de construction n'a ni été édifié en limite de propriété, ni avec un retrait suffisant compte tenu de la hauteur du bâtiment. La deuxième branche du moyen ne peut qu'être écartée.

18. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux prévoit également la démolition d'une construction préexistante accueillant des garages implantés à la limite séparatrice nord-ouest de la parcelle d'assiette du projet. Cette démolition a été autorisée par l'arrêté attaqué du 21 janvier 2022. Dans ces circonstances, contrairement à ce que fait valoir Mme E, le mur visible depuis la parcelle de la requérante a vocation à être démoli si bien que ce mur ne peut être regardé comme un mur de clôture constituant un support pour la pergola. Il s'ensuit que Mme E ne peut pas utilement se prévaloir des dispositions de l'article 3.2. UAB1 du règlement du PLU précitées relatives au gabarit de construction des constructions ou parties de construction édifiées au-delà de la bande de constructibilité renforcée. La dernière branche du moyen doit ainsi être écartée comme inopérante.

19. En quatrième lieu, aux termes de l'article 5.2. UBA1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole Rouen Normandie : " 5.2. Part minimale de surfaces non imperméabilisées. Au moins 35% de surface du terrain doit être traitée en espaces verts. () " Aux termes du lexique du règlement du PLUi de la métropole Rouen Normandie : " Espace vert / L'espace vert correspond à un espace non construit, de " pleine terre ", répondant aux conditions cumulatives suivantes : / ' Sa surface est perméable et est constituée de 70% minimum de pleine terre non recouverte pas des graviers, les 30% maximum restant peuvent être recouverts par des graviers; / ' Sa profondeur est de 2,30 m minimum à compter de sa surface, il ne comporte que le passage éventuel de réseaux (électricité, téléphone, internet, eau potable, eaux usées ou pluviales) ; / ' Il peut recevoir des plantations de type arbre tige ou de haute tige notamment. Ces espaces verts peuvent être comptabilisés au titre du coefficient de biotope dans les secteurs de biotopes concernés. Les aires de stationnement et leurs accès sont exclus des espaces verts de pleine terre. ".

20. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est d'une surface de 675 m², ce qui suppose une surface d'espace vert d'au moins 236,25 m² pour assurer le respect de la règle précitée. Pour contester le permis de construire initial et le permis de construire modificatif, Mme E fait état de ce que la surface d'espace vert ne peut pas comptabiliser les systèmes d'infiltration des eaux, ni même les espaces ayant fait l'objet des prescriptions de la part des services de voiries de la métropole quant aux conditions d'accès. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, d'une part, que le permis de construire modificatif a réduit la surface d'espace vert sur le terrain du projet pour la ramener à 236,27 m² pour intégrer les prescriptions des services de voiries et créer notamment une rampe d'accès pour les véhicules motorisés, et d'autre part, les espaces de bassin d'infiltration à ciel ouvert recouvert de pelouse peuvent être comptabilisés comme des espaces verts dès lors que ces espaces comportent seulement le passage d'éventuels réseaux d'eaux pluviales. Dans ces circonstances, la surface d'espace vert de 236,27 m² respecte l'obligation de surface minimale de 35% de la surface totale du terrain d'assiette du projet. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5.2 du plan local d'urbanisme intercommunal de la métropole de Rouen Normandie doit être écarté.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme E tendant à l'annulation des arrêtés du 21 janvier 2022 et du 26 janvier 2023 ainsi que de la décision par laquelle le maire de la commune de Bihorel a rejeté son recours gracieux doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de commune de Bihorel, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme E demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme E la somme que la SCCV Victor Hugo demande au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la SCCV Victor Hugo en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E, à la commune de Bihorel et à la SCCV Victor Hugo.

Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bailly, présidente,

Mme F et Mme B, conseillères,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.

La rapporteure,

Signé :

B. B

La présidente,

Signé :

P. BaillyLa greffière,

Signé :

A. Hussein

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

ah

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions