vendredi 1 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2202477 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | HUON SARFATI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 16 et 24 juin 2022, M. B A, représenté par la SCP Baron C, demande au juge des référés, saisi en application de l'article L 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision, en date du 5 avril 2022, par laquelle le Procureur de la République près le tribunal judiciaire d'Evreux a prononcé le retrait de son agrément en qualité d'agent de police municipale ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que cette décision lui interdit d'exercer ses fonctions et a entrainé son licenciement alors qu'il ne dispose d'aucun autre revenu que celui qu'il perçoit de cette profession, alors qu'en instance de divorce il assure seul l'entretien de son logement ; cette décision préjudicie de façon grave et immédiate à sa situation personnelle alors qu'aucun intérêt public ne justifie qu'il soit écarté du service ;
- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant la légalité de la décision attaquée dès lors que :
. elle est insuffisamment motivée ;
. elle est entachée d'un vice de procédure faute d'avoir mis en œuvre correctement la procédure contradictoire en le l'informant pas de la faculté de se faire assister d'un conseil, le privant ainsi des garanties qui s'y attachent ;
. elle est fondée sur des faits dont la matérialité n'est pas établie, à l'exception de son écart aux règles de conduite automobile ;
. elle méconnaît l'article L. 511-2 du code de la sécurité intérieure au motif, d'une part, que son écart de conduite n'est pas de nature à affecter l'honorabilité d'un agent, et d'autre part qu'il conteste les faits qui lui sont reprochés alors qu'il est par ailleurs victime de harcèlement moral ce qui peut expliquer l'animosité de certains de ses collègues à son endroit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le requérant ne justifie pas de l'urgence faute de démontrer l'existence d'un préjudice grave et immédiat à sa situation faute d'établir concrètement la nature et l'étendue de ce préjudice alors que les faits reprochés justifient de l'intérêt public à adopter la décision de retrait d'agrément ;
il n'existe pas de moyens de nature à créer un doute sérieux quant la légalité de la décision attaquée.
Par un mémoire, enregistré le 27 juin 2022, la commune de Gisors, représentée par la Selarl Huon et Serfati, conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer, à titre subsidiaire au rejet de la requête, et dans tous les cas à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est privée d'objet à raison de l'épuisement des effets de la décision de retrait d'agrément qui a été entièrement exécutée par la notification au requérant d'un licenciement, le 24 juin 2022, à raison de cette décision de retrait ;
- le requérant ne justifie pas de l'urgence faute de démontrer l'existence d'un préjudice grave et immédiat à sa situation notamment financière, et alors que le préjudice qu'il invoque est davantage lié à une décision de licenciement du 24 juin 2022 ; ;
- il n'existe pas de moyens de nature à créer un doute sérieux quant la légalité de la décision attaquée qui est motivée en fait et en droit, notamment pour ce dernier point dans le cadre de la lettre de notification de la décision du 5 avril 2022 qui l'accompagnait ; que cette décision n'a pas été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, le requérant ayant pu présenter, préalablement à son adoption, ses observations et ce quand bien même la lettre l'informant de cette possibilité n'aurait pas mentionné la faculté de se faire assister d'un conseil ; que les faits qui lui sont reprochés sont établis ; qu'ils justifient légalement la décision de retrait prise sur le fondement de l'article L. 511-2 du code de la sécurité intérieure.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2202342 enregistrée le 7 juin 2022, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Le Président du tribunal a désigné M. Bertoncini, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 27 juin 2022 à 13 heures 30.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue en présence de, M. Michel greffier d'audience :
- le rapport de M. Bertoncini, juge des référés ;
- les observations orales de Me André, représentant M. A, qui reprend ses conclusions et moyens ;
- et les observations orales de Me Huon, représentant la commune de Gisors, qui reprend ses conclusions et moyens.
Le garde des sceaux, ministre de la justice, n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, brigadier-chef de la police municipale de Gisors demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision, en date du 5 avril 2022, par laquelle le Procureur de la République près le Tribunal judiciaire d'Evreux a prononcé le retrait de son agrément en qualité d'agent de police municipale en application de l'article L. 511-2 du code de la sécurité intérieure
Sur l'exception de non-lieu :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 511-2 du code de la sécurité intérieure : " Les fonctions d'agent de police municipale ne peuvent être exercées que par des fonctionnaires territoriaux recrutés à cet effet dans les conditions fixées par les statuts particuliers prévus à l'article 6 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale. / Ils sont nommés par le maire (), agréés par le représentant de l'Etat dans le département et le procureur de la République, puis assermentés. Cet agrément et cette assermentation restent valables tant qu'ils continuent d'exercer des fonctions d'agents de police municipale. () / L'agrément peut être retiré ou suspendu par le représentant de l'Etat ou le procureur de la République après consultation du maire () ".
3. Il résulte des dispositions de l'article L. 511-2 du code de la sécurité intérieure que le retrait de l'agrément par le représentant de l'Etat dans le département ou le procureur de la République à un agent de police municipale fait obstacle à ce que celui-ci continue d'exercer les fonctions d'agent de police municipal.
4. Il ressort des pièces du dossier que, suite à la décision de retrait d'agrément du 5 avril 2022 prise en application de l'article L. 511-2 du code de la sécurité intérieure, le maire de la commune de Gisors a décidé de licencier M. A pour perte d'agrément par une décision du 9 juin suivant qui ne lui a été notifiée que le 24 juin 2022. Par suite, et alors que cette dernière n'est pas définitive, la décision dont la suspension est sollicitée a certes été exécutée mais elle continue à produire ses effets. Partant la requête présente un objet et les conclusions aux fins de non-lieu présentées par la commune de Gisors ne peuvent qu'être écartés.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
5. Il résulte de l'application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de la sécurité intérieure que l'agrément accordé à un policier municipal par le procureur de la République peut légalement être retiré lorsque l'agent ne présente plus les garanties d'honorabilité auxquelles est subordonnée la délivrance de cet agrément. L'honorabilité d'un agent de police municipale, nécessaire à l'exercice de ses fonctions, dépend notamment de la confiance qu'il peut inspirer, de sa fiabilité et de son crédit.
6. En l'état de l'instruction, eu égard notamment à la circonstance que le requérant a pu présenter des observations préalablement à l'adoption de la décision attaquée en indiquant être assisté d'un conseil, et alors qu'il a reconnu l'essentiel des faits qui lui sont reprochés, hormis son comportement envers de jeunes mineures, aucun des moyens invoqués par M. A à l'appui de sa demande de suspension n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision prononçant le retrait de son agrément en qualité d'agent de police municipale. Par suite, et sans qu'il soit besoin de déterminer si la condition d'urgence est remplie, ses conclusions aux fins de suspension de cette décision doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent dès lors être rejetées.
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Gisors présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de M. A est rejetée.
Article 2 :Les conclusions de la commune de Gisors présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au garde des sceaux, ministre de la justice et à la commune de Gisors. et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet l'Eure et au procureur de la République près le tribunal judicaire d'Evreux.
Fait à Rouen, le 1er juillet 2022.
La juge des référés
signé
T. Bertoncini
N°2202477
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026