jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2202532 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | DECOSTER - CORRET - DELOZIERE - LECLERCQ |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le n°2202532, les 22 juin 2022, 4 octobre 2022 et le 2 janvier 2023, Mme C A épouse L, représentée par Me Tarteret, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 3 mai 2022 par lequel le maire de la commune de Sainte-Adresse a délivré un permis de construire pour l'édification d'un immeuble de dix logements sur les parcelles cadastrées AC 205 et 548 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Sainte-Adresse une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure tiré du défaut de saisine de l'architecte des bâtiments de France ;
- il méconnait les dispositions de l'article UC 2 du PLU ;
- il méconnait les dispositions de l'article UC 7 du PLU ;
- il méconnait les dispositions de l'article UC 9 du PLU ;
- il méconnait les dispositions de l'article UC 11 du PLU ;
- il méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2022, la commune de Sainte-Adresse, représentée par Me Delozière conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 octobre 2022, la SEML Séminor, représentée par Me Tugaut conclut à titre principal au rejet de la requête, subsidiairement à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 ou L. 600-5 du code de l'urbanisme, et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une lettre du 28 mars 2023, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible de surseoir à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme pour permettre la régularisation des vices tirés de la méconnaissance des articles UC 7 et UC 9 du règlement du plan local d'urbanisme de commune de Sainte-Adresse relatifs respectivement à l'implantation et l'emprise au sol du projet.
Par un mémoire du 11 avril 2023, la SEML Séminor a présenté ses observations sur le sursis à statuer.
Par un mémoire du 17 avril 2023, la requérante a présenté ses observations sur le sursis à statuer.
II. Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n°2202547, les 23 juin 2022 et 2 janvier 2023, Mme J F épouse M et M. I M, représentés par Me Tarteret, demandent au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 3 mai 2022 par lequel le maire de la commune de Sainte-Adresse a délivré un permis de construire pour l'édification d'un immeuble de dix logements sur les parcelles cadastrées AC 205 et 548 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Sainte-Adresse une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure tiré du défaut de saisine de l'architecte des bâtiments de France ;
- il méconnait les dispositions de l'article UC 2 du PLU ;
- il méconnait les dispositions de l'article UC 7 du PLU ;
- il méconnait les dispositions de l'article UC 9 du PLU ;
- il méconnait les dispositions de l'article UC 11 du PLU ;
- il méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2022, la commune de Sainte-Adresse, représentée par Me Delozière conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistré le 11 octobre 2022 et 31 janvier 2023, la SEML Séminor, représentée par Me Tugaut conclut à titre principal au rejet de la requête, subsidiairement à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 ou L. 600-5 du code de l'urbanisme, et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le moyen tiré du défaut de saisine de l'architecte des bâtiments de France est irrecevable compte tenu de l'expiration du délai de cristallisation prévu à l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une lettre du 28 mars 2023, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible de surseoir à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme pour permettre la régularisation des vices tirés de la méconnaissance des articles UC 7 et UC 9 du règlement du plan local d'urbanisme de commune de Sainte-Adresse relatifs respectivement à l'implantation et l'emprise au sol du projet.
Par un mémoire du 11 avril 2023, la SEML Séminor a présenté ses observations sur le sursis à statuer.
Par un mémoire du 17 avril 2023, les requérants ont présenté leurs observations sur le sursis à statuer.
III. Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n°2202667, les 27 juin 2022 et 2 janvier 2023, M. E G et Mme H D épouse G, représentés par Me Tarteret, demandent au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 3 mai 2022 par lequel le maire de la commune de Sainte-Adresse a délivré un permis de construire pour l'édification d'un immeuble de dix logement sur les parcelles cadastrées AC 205 et 548 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Sainte-Adresse une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure tiré du défaut de saisine de l'architecte des bâtiments de France ;
- il méconnait les dispositions de l'article UC 2 du PLU ;
- il méconnait les dispositions de l'article UC 7 du PLU ;
- il méconnait les dispositions de l'article UC 9 du PLU ;
- il méconnait les dispositions de l'article UC 11 du PLU ;
- il méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistré les 9 et 11 août 2022, la commune de Sainte-Adresse, représentée par Me Delozière conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistré le 11 octobre 2022 et 31 janvier 2023, la SEML Séminor, représentée par Me Tugaut conclut à titre principal au rejet de la requête, subsidiairement à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 ou L. 600-5 du code de l'urbanisme, et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le moyen tiré du défaut de saisine de l'architecte des bâtiments de France est irrecevable compte tenu de l'expiration du délai de cristallisation prévu à l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une lettre du 28 mars 2023, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible de surseoir à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme pour permettre la régularisation des vices tirés de la méconnaissance des articles UC 7 et UC 9 du règlement du plan local d'urbanisme de commune de Sainte-Adresse relatifs respectivement à l'implantation et l'emprise au sol du projet.
Par un mémoire du 11 avril 2023, la SEML Séminor a présenté ses observations sur le sursis à statuer.
Par un mémoire du 17 avril 2023, les requérants ont présenté leurs observations sur le sursis à statuer.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code du patrimoine ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Cotraud, rapporteur public,
- les observations de Me Tarteret, représentant les requérants ;
- et les observations de Me Le Velly représentant de la SEML Séminor.
Considérant ce qui suit :
1. La société d'économie mixte locale (SEML) Séminor, a sollicité la délivrance d'un permis de construire pour la construction d'un immeuble de dix logements sur les parcelles cadastrées AC 205 et 548 situées à Sainte-Adresse. Par un arrêté du 3 mai 2022, le maire de la commune de Sainte-Adresse lui a délivré le permis de construire sollicité assorti de prescriptions.
2. Par les requêtes présentées sous les numéros 2202532, 2202547 et 2202667, respectivement Mme L, M. et Mme M et M. et Mme G demandent l'annulation de l'arrêté du 3 mai 2022.
Sur la jonction :
3. Les requêtes présentées sous les numéros 2202532, 2202547 et 2202667, respectivement par Mme L, M. et Mme M et M. et Mme G, sont dirigées contre la même décision, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le défaut de saisine de l'architecte des bâtiments de France :
4. Aux termes de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire, le permis d'aménager, le permis de démolir ou la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées, ou son avis pour les projets mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine. " Aux termes de l'article L. 621-32 du code du patrimoine : " Dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, sont soumis à une autorisation préalable les travaux susceptibles de modifier l'état des parties extérieures des immeubles bâtis, y compris du second œuvre, ou des immeubles non bâtis. / Les travaux susceptibles de modifier l'aspect extérieur d'un immeuble, bâti ou non bâti, protégé au titre des abords sont soumis à une autorisation préalable. / L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur d'un monument historique ou des abords. / Lorsqu'elle porte sur des travaux soumis à formalité au titre du code de l'urbanisme ou au titre du code de l'environnement, l'autorisation prévue au présent article est délivrée dans les conditions et selon les modalités de recours prévues aux articles L. 632-2 et L. 632-2-1. " Et aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine " II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31. Ce périmètre peut être commun à plusieurs monuments historiques. / En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci. "
5. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que ne peuvent être délivrés qu'avec l'accord de l'architecte des Bâtiments de France les permis de construire portant sur des immeubles situés, en l'absence de périmètre délimité, à moins de cinq cents mètres d'un édifice classé ou inscrit au titre des monuments historiques, s'ils sont visibles à l'œil nu de cet édifice ou en même temps que lui depuis un lieu normalement accessible au public, y compris lorsque ce lieu est situé en dehors du périmètre de cinq cents mètres entourant l'édifice en cause.
6. Il est constant que le projet est situé dans le périmètre de 500 mètres du manoir de Vitanval, classé monument historique.
7. Si les requérants soutiennent que la parcelle d'assiette du projet est visible depuis le deuxième étage du manoir de Vitanval et que le bâtiment voisin du projet est visible à l'œil nu depuis le manoir, il ressort du constat d'huissier qu'ils produisent à l'instance qu'un arbre feuillu est présent sur la trajectoire visuelle entre le manoir et le terrain d'assiette du projet. Ainsi, compte tenu notamment de la présence de cet arbre et de la hauteur des bâtiments sur la trajectoire visuelle entre le manoir et le projet de construction, il ne ressort pas des pièces des dossiers que le projet serait visible à l'œil nu de cet édifice. En outre, il ressort des pièces des dossiers que par une lettre du 7 mars 2022, l'architecte des bâtiments de France s'est prononcé sur la visibilité du projet de construction depuis le manoir et a retenu que " cet immeuble n'est pas situé dans le champ de visibilité d'un monument historique. Par conséquence, l'accord de l'architecte des Bâtiments de France n'est pas obligatoire. " tout en précisant que " Ce projet n'appelle pas d'observation ". Il doit, ce faisant, en tout état de cause, être regardé comme s'étant prononcé sur le projet.
8. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de ce moyen, le moyen tiré du défaut d'avis de l'architecte des bâtiments de France doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UC 2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sainte-Adresse :
9. Aux termes de l'article UC 2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sainte-Adresse : " TYPES D'OCCUPATION ET D'UTILISATION DU SOL SOUMISES A CONDITIONS PARTICULIERES / l. Dispositions applicables à la zone UC: / Les nouvelles constructions à usage d'habitation, d'enseignement, de santé, de soins et d'action sociale, et d'hébergement à caractère touristique, situées à moins de 100 mètres de part et d'autre de la RD 940, et moins de 30 mètres de part et d'autre de la RD 32, classées voies bruyantes au titre de l'arrêté préfectoral du 28/05/2002, et repérées sur le plan des servitudes et dispositions particulières, doivent être dotées d'un isolement acoustique adapté par rapport aux bruits de l'espace extérieur (Article 13 de la loi Bruit, décret 95-21du 9 janvier 1995, arrêté du 30 mai 1996) ()"
10. Il ne résulte pas des dispositions de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme que des pièces ou informations permettant d'établir le respect des normes d'isolation acoustique, telles que définies par la loi sur le bruit du 31 décembre 1992 devraient être jointes à la demande de permis de construire. Par ailleurs, même si elle est mentionnée dans le règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone UC, la réglementation acoustique fixée par cette même loi ne fait pas partie des règles d'urbanisme au regard desquelles l'autorité administrative doit apprécier la conformité du projet de construction en litige. En tout état de cause, il ressort des pièces des dossiers que le maître d'œuvre a certifié le 27 juillet 2022 la conformité de la construction à la réglementation acoustique en vigueur. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC 2 du règlement du plan local d'urbanisme en ce que le dossier de permis de construire ne permet pas de s'assurer du respect de la règlementation acoustique doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
11. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
12. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
13. Pour contester le permis de construire litigieux, les requérants font valoir que le projet comporte des risques d'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique dès lors qu'un bâtiment d'habitation sera édifié sur un ancien site pollué, sans qu'aucune mesure de dépollution des sols n'ait été envisagée. Toutefois, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet aurait été répertorié par les bases de données des anciens sites pollués, les cartes des anciens sites pollués ou encore sur le site internet " géorisque.gouv.fr " comme étant un site présentant un risque de pollution. En outre, la seule circonstance que le terrain d'assiette du projet accueillait préalablement un garage automobile n'est pas de nature à établir l'existence de pollutions persistantes. Enfin, si les requérants se prévalent d'un article de journal pour établir la présence de cuves enterrées, source de pollution, ce même article mentionne que les cuves ont été neutralisées en 1988. Au demeurant, les requérants n'apportent aucun élément sur la nature des risques pour la sécurité et la salubrité publiques qui existeraient du fait de la pollution alléguée des sols. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme :
14. D'une part, aux termes du point 4.1 de l'article UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sainte-Adresse : " 4. Les clôtures / 4.1. Dispositions applicables à l'ensemble de la zone UC./ Les brique et des éléments du paysage de Sainte-Adresse à protéger (article L.123-1 7ème alinéa du Code de l'Urbanisme). / A ce titre, elles doivent être maintenues et entretenues. / Les nouvelles clôtures sur rue sont constituées soit de haies vives, soit de grilles ajourées ou grillages, soit d'une structure à claire-voie devant présenter des ouvertures successives d'au moins 12 cm sur les parties pleines ne dépassant pas 12 cm. En cas de soubassement, celui-ci ne pourra excéder 70 cm mesurés au plus haut de la limite concernée./ Des clôtures pleines sur rue, composées de matériaux opaques, ou d'une plus grande hauteur, peuvent être autorisées lorsqu'elles répondent à des nécessités tenant à la nature de l'occupation du sol, au caractère particulier des constructions édifiées sur le terrain considéré ou pour se conformer à la spécificité d'un quartier. /Enfin, la hauteur des clôtures en limite séparative ne devra pas excéder 2 mètres. "
15. Il ressort des pièces du dossier que le muret maçonné édifié le long de la route d'Octeville constitue une clôture au sens des dispositions du plan local d'urbanisme. Il est constant que, comme le mentionnent les requérants dans leurs écritures, " le dossier de permis de construire a prévu la réalisation d'une clôture maçonnée au niveau de la Route d'Octeville manifestement destinée à éviter les risques de chutes sur les terrains mitoyens qui présentent des altimétries inférieures. ". En outre, il ressort des pièces du dossier que d'autres clôtures pleines sont réalisées le long de la route d'Octeville notamment sur les terrains voisins. Il s'ensuit que la clôture pleine sous la forme d'un muret maçonné répond à des nécessités tenant à la nature de l'occupation du sol et se conforme à la spécificité du quartier. La clôture du projet entre ainsi dans la catégorie des clôtures pleines pouvant être autorisées. Au demeurant, l'avis de la direction départementale des routes, repris au stade des prescriptions par l'arrêté attaqué, indique que la clôture doit prévoir une interruption pour permettre le retrait des ordures ménagères et justifie ainsi l'aspect semi-ouvert de la clôture du projet. Dans ces conditions, la première branche du moyen tirée de la méconnaissance de l'article UC 11 du plan local d'urbanisme en ce que le projet prévoit une clôture pleine ne peut qu'être écartée.
16. D'autre part, aux termes de l'article UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sainte-Adresse : " () En vertu de l'article R.111-21 du Code de l'Urbanisme [devenu R. 111-27], le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. / Les dispositions de cet article pourront être adaptées aux projets de construction intégrant des technologies compatibles avec la notion de développement durable (énergie solaire, éoliennes, aérothermie) et aux constructions et installations d'intérêt général ".
17. Les dispositions de l'article UC 11 du plan local d'urbanisme de la commune de Sainte-Adresse ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, qui sont d'ailleurs reprises dans cet article et posent des exigences qui ne sont pas moindres que celles résultant de l'article R. 111-27. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de l'autorisation d'urbanisme en litige.
18. Il résulte de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, reprenant les anciennes dispositions de l'article R. 111-21 que, si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ou encore à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé, dans le second temps du raisonnement, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux mentionnés par cet article et, le cas échéant, par le plan local d'urbanisme de la commune.
19. Pour apprécier aussi bien la qualité du site que l'impact de la construction projetée sur ce site, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, de prendre en compte l'ensemble des éléments pertinents et notamment, le cas échéant, la covisibilité du projet avec des bâtiments remarquables, quelle que soit la protection dont ils bénéficient par ailleurs au titre d'autres législations.
20. Il ressort des pièces du dossier et notamment des photographies produites à l'instance que le secteur dans lequel s'insère le projet est mixte, composé à la fois de bâtisses bourgeoises traditionnelles et d'immeubles collectifs ainsi que de commerces avec une dominance d'un bâti en briques ou en enduit clair. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet ferait l'objet d'une covisibilité avec le manoir de Vitanval. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que la notice architecturale fait état de ce que le projet de construction sera réalisé avec une toiture plate et notamment en briques et en enduit blanc, pour se rapprocher des constructions environnantes en faisant usage des mêmes matériaux. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le bâtiment, dont l'architecture ne traduit aucune rupture particulière avec le bâti environnant apprécié dans son ensemble, méconnaitrait les exigences découlant des dispositions de l'article UC 11 du plan local d'urbanisme. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC 11 du plan local d'urbanisme de la commune de Sainte-Adresse doit ainsi être écarté en ses deux branches.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UC 9 du règlement du plan local d'urbanisme :
21. D'une part, aux termes de l'article UC 9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sainte-Adresse : " EMPRISE AU SOL L'emprise au sol correspond à l'ensemble des projections au sol des divers niveaux de construction y compris leurs annexes. / 1. Dispositions applicables à la zone UC sans indice et aux secteurs UCa, UCb, UCd, UCe / La surface maximale d'emprise au sol, correspondant à l'ensemble des projections au sol des divers niveaux de construction y compris leurs annexes, ne doit pas excéder 50% de la superficie de la parcelle. / - Sans dépasser 350 m2, l'emprise au sol peut atteindre 70 % si la partie construite en sus des 50 % d'emprise ne l'est que sur un niveau, sans toutefois dépasser 3,50 mètres de hauteur,et 100 m2 de surface totale au sol ".
22. D'autre part, un permis de construire n'a d'autre objet que d'autoriser la construction d'immeubles conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire. La circonstance que ces plans et indications pourraient ne pas être respectés ou que ces immeubles risqueraient d'être ultérieurement transformés ou affectés à un usage non conforme aux documents et aux règles générales d'urbanisme n'est pas, par elle-même, sauf dans le cas où des éléments établissent l'existence d'une fraude à la date de la délivrance du permis, de nature à affecter la légalité de celui-ci ;
23. Pour contester la décision attaquée, les requérants font état de ce que le cadastre retient une superficie du terrain d'assiette de seulement 519 m² et qu'aucun bornage n'a été réalisé si bien que le projet de construction prévoyant une emprise au sol de 292 m² est supérieur à la limite d'emprise au sol de 50% de la superficie du terrain d'assiette fixée par les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme précitées.
24. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la société pétitionnaire a indiqué dans le document CERFA à l'appui de sa demande de permis de construire que si la surface du terrain d'assiette était de 519 m² selon les mentions du cadastre, elle est de 584 m² selon les relevés de l'expert-géomètre. En ce sens, la SEML Séminor verse à l'instance les plans topographiques réalisés par un expert géomètre. En outre, elle a également produit des échanges de courriels avec le cabinet d'expert-géomètre, selon lesquels les mentions du cadastre seraient erronées, n'ayant pas fait l'objet de renouvellement depuis 1963, et qui précisent que le site internet géofoncier.fr de l'ordre des géomètres-experts fait état d'une discordance entre la contenance cadastrale et la superficie graphique de la parcelle AC 205. Enfin, le calcul de la superficie graphique du terrain d'assiette par les outils à disposition sur le site cadastre.gouv.fr s'évalue à environ 590m².
25. Dans ces conditions, compte tenu, d'une part, de l'aspect déclaratif de la demande de permis de construire se référant aux relevés de 584m² du géomètre et, d'autre part, des indications apportées par l'expert géomètre de nature à remettre en cause les données du cadastre, les requérants, qui se prévalent uniquement de la contenance cadastrale, n'apportent pas d'éléments suffisants de nature à établir que la surface de 584m² retenue par la société pétitionnaire serait entachée d'erreur de fait. Par suite, ils n'établissent pas que l'emprise au sol excède la limite de 50% de la superficie du terrain d'assiette. Dans ces circonstances, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sainte-Adresse doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UC 7 du plan local d'urbanisme :
26. Aux termes de l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sainte-Adresse : " Toute construction ou installation doit être implantée, par rapport aux limites séparatives, à une distance au moins égale à la moitié de sa hauteur et jamais inférieure à 3 mètres. ()"
27. Il résulte de ces dispositions, en l'absence de mention particulière du règlement du plan local d'urbanisme applicable, que, tout point de la façade, y compris au niveau de balcons en saillie, doit respecter une distance minimale par rapport à la limite séparative correspondant à la moitié de la hauteur de la façade, mesurée à l'égout du toit ou, dans le cas d'un mur pignon, au sommet de ce dernier, avec un minimum de trois mètres.
28. Il ressort des pièces des dossiers que la façade ouest de la construction autorisée, qui se situe pour l'essentiel à une distance comprise entre 5,12 et 4,87 mètres de la limite séparative, comporte, sous le débord de toiture deux balcons en saillie de la même profondeur, dont il n'est pas contesté que la profondeur est d'au moins un mètre si bien que leurs projections verticales se trouvent à une distance respective de 4 et 3,80 mètres par rapport à la limite séparative, alors que, compte tenu de la hauteur de la construction à son plus haut point, cette distance devrait être d'au moins 4,79 mètres. Par suite, en tenant compte, pour le calcul de la distance de retrait par rapport à la limite séparative, de la seule position de la façade de la construction, sans y intégrer les balcons en saillie, l'arrêté du 3 mai 2022 a méconnu les dispositions de l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sainte-Adresse.
Sur l'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
29. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. "
30. Le vice relevé au point 28 du présent jugement affecte une partie identifiable du projet et peut être régularisé, dès lors que l'arrêté attaqué est illégal en tant seulement qu'il autorise, sur la façade ouest du bâtiment des balcons situés à une distance insuffisante de la limite séparative au regard des dispositions de l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sainte-Adresse. Cette régularisation du permis de construire attaqué n'implique pas d'apporter au projet litigieux un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Compte tenu du vice retenu qui rentre dans le champ d'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, il n'y a pas lieu de faire application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et de sursoir à statuer sur les requêtes.
31. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 3 mai 2022 qu'en tant qu'il autorise, sur la façade ouest du bâtiment des balcons situés à une distance insuffisante de la limite séparative.
Sur les frais d'instance :
32. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante dans les présentes instances, les sommes que la commune de Sainte-Adresse et la SEML Séminor demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Sainte-Adresse une somme de 1 000 euros à verser à Mme L, une somme de 1 000 euros à verser à M. et Mme M, et une somme de 1 000 euros à verser à M. et Mme G au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 3 mai 2022 par lequel le maire de la commune de Sainte-Adresse a délivré un permis de construire à la SEML Séminor pour la construction d'un immeuble de dix logements sur les parcelles cadastrées AC 205 et 548 est annulé en tant qu'il autorise, sur la façade ouest du bâtiment des balcons situés à une distance insuffisante de la limite séparative.
Article 2 : La commune de Sainte-Adresse versera une somme de 1 000 euros à Mme L au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La commune de Sainte-Adresse versera une somme de 1 000 euros à M. et Mme M au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La commune de Sainte-Adresse versera une somme de 1 000 euros à M. et Mme G au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 6 : Les conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et L. 600-5-1 du code de justice administrative présentées par la commune de Sainte-Adresse et la SEML Séminor sont rejetées.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A épouse L, à Mme J F épouse M et M. I M, à M. E G et Mme H D épouse G, à la commune de Sainte-Adresse et à la SEML Séminor.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bailly, présidente,
Mme K et Mme B, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
La rapporteure,
B. B
La présidente,
P. Bailly La greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2202532, 2202547, 2202667
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026