lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2202627 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 4 |
| Avocat requérant | MARY-INQUIMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2022, M. C D, représenté par la SELARL Mary et Inquimbert, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir les décisions en date du 13 juin 2022 par lesquelles le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros HT à verser à la SELARL Mary et Inquimbert sur le fondement du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
En ce qui concerne la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est entachée d'un vice de procédure, faute de saisine préalable du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation et de celle de son épouse ;
- elle viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :
- cette décision méconnaît le principe général du droit de l'Union européenne relatif au droit d'être entendu ;
- elle est fondée sur une mesure d'éloignement elle-même illégale ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation et de celle de son épouse ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juillet 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme A comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de la santé publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 13 juillet 2022, ont été entendus :
- le rapport de Mme Dibie, premier conseiller,
- les observations orales de Me Mary représentant M. D, qui insiste sur le fait qu'en application de l'article L. 3212-5 du code de la santé publique, le préfet était informé de l'état de santé de Mme B et de son hospitalisation sous contrainte.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant guinéen né le 16 décembre 1987 à Conakry (République de Guinée), s'est présenté le 24 novembre 2020 au guichet de la préfecture de la Seine-Maritime afin de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile. Par une décision du 5 mars 2021, l'office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande de protection internationale, refus confirmé par une décision de la cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 30 septembre 2021. Par l'arrêté contesté du 13 juin 2022, le préfet de la Seine-Maritime a obligé M. D à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Par un arrêté du même jour, faisant l'objet d'une requête distincte, le préfet de la Seine-Maritime a pris la même décision à l'encontre de sa concubine, Mme B.
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre provisoirement M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
3. Il ressort des pièces du dossier que, le 21 novembre 2021, Mme B, concubine de M. D, a été admise en soins psychiatriques au sein de l'unité d'accueil et de crise de l'Hôpital Pierre Janet du Havre, en application des dispositions du 2° du II de l'article L. 3212-1 du code de la santé publique, dispositions qui figurent au chapitre II du titre Ier de la troisième partie législative de ce code. En application de l'article L. 3212-5 de ce code, le préfet de la Seine-Maritime a été informé de cette mesure, par la transmission de la décision d'admission. Dans ces conditions, en ne procédant pas à l'examen de la situation de Mme B dont il était informé au regard de son état de santé, le préfet, qui devait procéder à un examen complet de la situation du couple, n'a pas, avant de prononcer la mesure d'éloignement en litige, procédé à un examen particulier de la situation de M. D. Il s'ensuit que, pour ce motif, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale et doit être annulée, ainsi que, par voie de conséquence la décision fixant le pays de destination.
4. Le présent jugement implique que le préfet de la Seine-Maritime procède au réexamen de la situation de M. D, au regard notamment de l'état de santé de Mme B, et lui délivre dans l'attente une autorisation provisoire de séjour. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de procéder au réexamen de la situation de M. D dans un délai de deux mois, et de lui délivrer dans l'attente et sans délai une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
5. M. D a été admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Il n'y a toutefois pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ni, en cas de non admission définitive du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat une somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. D est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté en date du 13 juin 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a obligé M. D à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination de cette mesure d'éloignement, est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Maritime de procéder au réexamen de la situation de M. D dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, et de lui délivrer dans l'attente et sans délai une autorisation provisoire de séjour.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à la SELARL Mary et Inquimbert et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
A. A La greffière,
N. DROUILHET
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2202627
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026