jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2202636 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | BIDAULT |
Vu les procédures suivantes :
I./ Par une requête enregistrée le 23 juin 2022 sous le numéro 2202636, Mme B A, représentée par Me Bidault, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte journalière de cent euros ; à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat et au bénéfice de son conseil la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Mme A soutient que :
Le refus de séjour :
- n'est pas suffisamment motivé ;
- méconnaît le 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- méconnaît le 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
L'obligation de quitter le territoire français :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité du refus de séjour ;
- méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
La décision fixant le pays de destination :
- repose sur une obligation de quitter le territoire français illégale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 août 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
II./ Par une requête enregistrée le 23 juin 2022 sous le numéro 2202637, M. D, représenté par Me Bidault, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte journalière de cent euros ; à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat et au bénéfice de son conseil la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. C soutient que :
Le refus de séjour :
- n'est pas suffisamment motivé ;
- méconnaît le 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
L'obligation de quitter le territoire français :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité du refus de séjour ;
- méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
La décision fixant le pays de destination :
- repose sur une obligation de quitter le territoire français illégale.
Vu :
- les décisions par lesquelles la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative ;
- les décisions d'admission totale à l'aide juridictionnelle du 25 mai 2022 ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Bouvet, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante algérienne née le 13 mars 1970, est entrée en France le 16 octobre 2019 munie d'un visa court-séjour et accompagnée de son fils, D, né le 17 mars 2004, également de nationalité algérienne. Mme A et M. C ont sollicité leur admission au séjour, respectivement le 4 octobre 2021 et le 11 mars 2022. Par deux arrêtés du 25 avril 2022 dont ils demandent l'annulation, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de leur délivrer un certificat de résidence, les a obligés à quitter le territoire français sous trente jours et a fixé leur pays de renvoi.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n°2202636 et n°2202637, présentées par Mme A et M. C concernent les membres d'une même famille, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Dès lors, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les refus de séjour :
3. En premier lieu, les arrêtés attaqués visent, notamment, le 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif aux conditions d'admission des ressortissants algériens malades et comportent les considérations de fait qui ont conduit le préfet à estimer que Mme A et M. C n'en remplissaient pas les conditions. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions de refus de séjour contenues dans les arrêtés du 25 avril 2022 doit être écarté.
4. En deuxième lieu, par deux avis du 23 mars 2022 et du 31 août 2021, le collège médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a estimé que si l'état de santé de Mme A et de M. C, les exposait, en absence de prise en charge, à des conséquences d'une exceptionnelle gravité, les caractéristiques du système de santé de leur pays d'origine leur permettaient cependant d'y bénéficier effectivement de soins adaptés à leur état. Aucun des éléments produits à l'appui des requêtes, et notamment pas les deux articles de presse faisant état des difficultés de prise en charge en Algérie, des patients atteints de la maladie de Crohn, pathologie dont souffre la requérante, n'est de nature à renverser l'appréciation portée par le collège médical sur la disponibilité des soins dans le pays d'origine de l'intéressée. Il en va de même s'agissant de l'épilepsie traitée par Depakine dont souffre son fils, à supposer le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 6-7 précité, soulevé pour ce dernier. Par suite, en s'étant approprié les conclusions du collège des médecins, le préfet n'a pas méconnu les stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.
5. En troisième lieu, entrée il y a moins de trois ans en France, Mme A quoique justifiant d'estimables efforts d'insertion socio-professionnelle, n'exerce qu'une activité professionnelle précaire qui n'est pas de nature à lui permettre de dégager un revenu suffisant pour subvenir à ses besoins et à ceux de son fils. Si l'intéressée fait valoir qu'elle est désormais dépourvue d'attaches personnelles et familiales en Algérie, étant en instance de divorce avec son mari demeuré dans ce pays, l'unique élément produit au soutien de cette allégation, à savoir, une attestation en ce sens rédigée par son époux, ne permet pas d'établir qu'une telle procédure serait effectivement introduite auprès des autorités civiles algériennes compétentes. Au demeurant, à supposer même cette circonstance établie, elle ne suffirait pas, à elle seule, à caractériser un état d'isolement de l'intéressée dans son pays d'origine. La relation d'amitié avec un ressortissant français, qui l'héberge, ainsi que son fils, dont elle fait état, de même que son engagement associatif, ne permettent pas de démontrer qu'elle a fixé en France le centre de sa vie privée et familiale. Les louables efforts de son fils, scolarisé en classe de première professionnelle, ne permettent pas davantage de caractériser une atteinte excessive au droit au respect de la vie privée et familiale des requérants. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
6. En dernier lieu, les circonstances qui précèdent ne sont pas de nature à montrer qu'en ayant refusé d'admettre les requérants au séjour, le préfet de la Seine-Maritime a entaché ses décisions d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne les obligations de quitter le territoire français :
7. Les mesures d'éloignement litigieuses, qui ne reposent pas sur des refus de séjour entachés d'illégalité, ne sont, pour les motifs énoncés aux points 4, 5 et 6 pas contraires aux stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni entachées d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne les décisions fixant le pays de destination :
8. Les décisions fixant le pays de destination ne reposent pas sur des obligations de quitter le territoire français illégales ainsi qu'il résulte du point n° 7. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées sont dépourvues de base légale doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme A et M. C ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du 25 avril 2022. Par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°2202636 de Mme A et n°2202637 de M. C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à M. E C, à Me Nadejda Bidault et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
M. Leduc, premier conseiller ;
M. Bouvet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
C. BOUVETLa présidente,
Signé
A. GAILLARD
Le greffier,
Signé
N. BOULAY
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
F.HAY
N°2202636,2202637
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026