LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2202679

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2202679

jeudi 12 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2202679
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2 ème Chambre
Avocat requérantMARY-INQUIMBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 juin 2022, Mme F C, représentée par Me Mary, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er avril 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une carte de séjour temporaire valable un an dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à la SELARL Mary et Inquimbert en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge, pour son conseil, de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

La décision portant refus de séjour :

- est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'elle n'a pas été précédée de la saisine de la commission du titre de séjour ;

- a été prise en violation de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- a été prise en violation du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'article 3 protocole additionnel n° 4 à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'elle n'a pas été précédée de la saisine de la commission du titre de séjour ;

- est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- a été prise en violation du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- a été prise en violation du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'article 3 protocole additionnel n° 4 à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;

La décision portant fixation du pays de destination :

- a été prise en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu préalablement à l'édiction d'une décision défavorable ;

- est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- a été prise en violation de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 novembre 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la décision portant de refus de séjour contestée aurait pu être fondée sur le motif tiré de ce que la reconnaissance de paternité de l'enfant français de Mme C est frauduleuse ;

- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 mai 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Rouen.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme G,

- et les observations de Me Vercoustre, substituant Me Mary, représentant Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme F C, ressortissante nigériane née le 16 février 1984 à Lagos, est entrée en France pour la dernière fois le 19 juillet 2019 sous couvert d'un visa de court séjour. Le 19 juin 2020, l'intéressée a sollicité son admission au séjour en qualité de parent d'enfant français. Un titre de séjour valable un an lui a été délivré sur ce fondement. Le 12 janvier 2022, Mme C a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour. Par l'arrêté attaqué du 1er avril 2022, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Aux termes de l'article L. 423-8 de ce code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. () ". Aux termes de l'article L. 823-11 du même code : " Est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende le fait, pour toute personne, () de reconnaître un enfant aux seules fins d'obtenir, ou de faire obtenir, un titre de séjour ou le bénéfice d'une protection contre l'éloignement () ".

3. Si un acte de droit privé opposable aux tiers est en principe opposable dans les mêmes conditions à l'administration tant qu'il n'a pas été déclaré nul par le juge judiciaire, il appartient cependant à l'administration, lorsque se révèle une fraude commise en vue d'obtenir l'application des dispositions de droit public, d'y faire échec même dans le cas où cette fraude revêt la forme d'un acte de droit privé. Ce principe peut conduire l'administration, qui doit exercer ses compétences sans pouvoir renvoyer une question préjudicielle à l'autorité judiciaire, à ne pas tenir compte, dans l'exercice de ces compétences, d'actes de droit privé opposables aux tiers. Tel est le cas pour la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'ont pas entendu écarter l'application des principes ci-dessus rappelés. Par conséquent, si la reconnaissance d'un enfant est opposable aux tiers, en tant qu'elle établit un lien de filiation et, le cas échéant, en tant qu'elle permet l'acquisition par l'enfant de la nationalité française, dès lors que cette reconnaissance a été effectuée conformément aux conditions prévues par le code civil, et s'impose donc en principe à l'administration tant qu'une action en contestation de filiation n'a pas abouti, il appartient néanmoins au préfet, s'il dispose d'éléments précis et concordants de nature à établir, lors de l'examen d'une demande de titre de séjour présentée sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou du renouvellement de ce titre de séjour, que la reconnaissance de paternité a été souscrite dans le but de faciliter l'obtention de la nationalité française ou d'un titre de séjour, de faire échec à cette fraude et de refuser, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, tant que la prescription prévue par les articles 321 et 335 du code civil n'est pas acquise, la délivrance du titre de séjour sollicité par la personne se présentant comme père ou mère d'un enfant français.

4. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a donné naissance le 21 mai 2013 à un garçon, B D, reconnu par anticipation le 24 avril 2013 par l'intéressée et M. H D, ressortissant français. Contrairement à ce qu'il fait valoir en défense, le préfet a, pour rejeter la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par Mme C sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, estimé que des éléments concordants laissaient " présumer une fraude ". Il appartient à l'administration, et non à la requérante dont la bonne foi se présume, d'apporter la preuve de la fraude. Or, les circonstances que M. D ne participerait pas effectivement à l'entretien et à l'éducation de B D et qu'il a reconnu un autre enfant le 2 novembre 2015, ne sauraient établir le caractère frauduleux de la reconnaissance de paternité, les pièces du dossier permettant au demeurant d'établir qu'il était séparé à tout le moins depuis le mois de novembre 2014 de Mme C. S'il n'est pas contesté que la circonstance que le fils de la requérante porte comme prénom le nom de famille du compagnon avec lequel elle a entretenu une relation à compter de l'année 2015, constitue un élément de nature à faire naître un doute sur la réalité du lien de paternité unissant le fils de la requérante à M. D, il ne suffit toutefois pas pour considérer, en l'espèce, que cette reconnaissance de paternité présente un caractère frauduleux. De même, dès lors que la requérante soutient sans être sérieusement contestée être entrée en France en 2012, la circonstance qu'elle a bénéficié d'un visa lui permettant d'entrer en France à compter du 28 mars 2013 et a accouché le 21 mai 2013 ne suffit pas pour considérer que cette reconnaissance de paternité présente un caractère frauduleux. Enfin, le préfet n'apporte aucun élément permettant d'établir qu'une action en contestation de la filiation diligentée à l'encontre des intéressés aurait été engagée par le ministère public à la date de la décision en litige, alors même qu'il a effectué, par courrier du 1er avril 2022, un signalement au procureur de la République. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que le préfet de la Seine-Maritime ne pouvait opposer à Mme C la circonstance qu'il présumait l'existence d'une fraude pour refuser de lui délivrer un titre de séjour.

5. Toutefois, si Mme C vit avec son fils B et contribue ainsi à son entretien et à son éducation, il est constant que le père de son enfant, dont elle est séparée à tout le moins depuis le mois de novembre 2014, ne contribue pas à son entretien et à son éducation, ainsi que l'intéressée l'a au demeurant indiqué aux services préfectoraux par courrier du 15 février 2022. Il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision s'il s'était fondé seulement sur ce motif.

6. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser () de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, () ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () ".

8. Il résulte de ce qui vient d'être dit que Mme C ne remplit pas les conditions requises justifiant la saisine pour avis par le préfet de la commission du titre de séjour avant de rejeter une demande de renouvellement de titre de séjour. Le moyen tiré de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour doit, dès lors, être écarté.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

10. En l'espèce, Mme C est entrée en France pour la dernière fois au mois de juillet 2019, soit moins de trois ans à la date de la décision contestée, et n'établit au demeurant pas, par les seules pièces qu'elle produit, la continuité de son séjour sur le territoire français depuis cette date. Par ailleurs, la décision attaquée n'a ni pour effet ni pour objet de séparer la requérante de ses deux enfants mineurs, B, né le 21 mai 2013 en France, et Olamiji, né le 19 janvier 2016 aux Etats-Unis. La requérante ne fait en outre état d'aucune circonstance particulière qui ferait obstacle à la reconstitution de la cellule familiale dans son pays d'origine, où elle a vécu la majorité de son existence et où résident ses parents. De plus, Mme C ne se prévaut ni ne justifie d'aucune intégration sociale et professionnelle d'une particulière intensité en France. Dans ces conditions, au regard de la durée et des conditions de son séjour en France, la décision attaquée n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme C une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis et n'a, dès lors, pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce moyen doit, par suite, être écarté.

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

12. La décision contestée n'a ni pour objet ni pour effet de priver l'enfant mineur de nationalité française de Mme C de la présence de cette dernière. En outre, aucune pièce du dossier ne permet d'établir que les enfants de la requérante ne pourraient pas vivre au Nigéria avec elle. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que les intéressés ont vécu ensemble aux Etats-Unis entre les années 2016 et 2019. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.

13. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 du protocole additionnel n° 4 à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Interdiction de l'expulsion des nationaux / 1. Nul ne peut être expulsé, par voie de mesure individuelle ou collective, du territoire de l'Etat dont il est le ressortissant. / 2. Nul ne peut être privé du droit d'entrer sur le territoire de l'Etat dont il est le ressortissant. ".

14. Si la requérante soutient que son fils B est de nationalité française, cette circonstance est sans incidence sur la décision de refus de titre de séjour prise à l'encontre de l'intéressée, qui n'a ni pour objet ni pour effet d'expulser son fils du territoire français ou de le priver du droit d'entrer sur ce même territoire. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

15. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime aurait entaché la décision contestée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de la requérante.

16. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 1er avril 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime lui a refusé le renouvellement du titre de séjour dont elle bénéficiait.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

17. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; () ".

18. Ainsi que cela a déjà été dit, Mme C est mère d'un enfant de nationalité française, né le 21 mai 2013, qui réside en France. Il est constant que la requérante contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de son fils depuis sa naissance. Dans ces conditions, elle est fondée à soutenir qu'elle ne pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français et que la décision contestée méconnaît les dispositions précitées du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

19. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés à l'appui des conclusions à fin d'annulation de la décision en litige, que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 1er avril 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Il y a lieu, par voie de conséquence, d'annuler la décision du même jour portant fixation du pays de destination de cette mesure d'éloignement.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

20. En vertu de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, lorsqu'une obligation de quitter le territoire est annulée, " l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".

21. Le présent jugement n'implique pas nécessairement, au sens des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, que le préfet de la Seine-Maritime délivre un titre de séjour à Mme C. En revanche, l'annulation de l'obligation faite à la requérante de quitter le territoire français implique nécessairement qu'elle soit munie d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur sa situation. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime ou au préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de Mme C dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement, après lui avoir délivré, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

22. Mme C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que la SELARL Mary et Inquimbert, avocat de Mme C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à la SELARL Mary et Inquimbert d'une somme de 1 000 euros.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions du 1er avril 2022 par lesquelles le préfet de la Seine-Maritime a obligé Mme C à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination, sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Maritime ou au préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de Mme C dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans cette attente, de la munir d'une autorisation provisoire de séjour.

Article 3 : L'Etat versera à la SELARL Mary et Inquimbert une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que la SELARL Mary et Inquimbert renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme F C, à la SELARL Mary et Inquimbert et au préfet de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

- Mme Bailly, présidente,

- Mme G et Mme A, conseillères.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 janvier 2023.

La rapporteure,

Signé :

D. GLa présidente,

Signé :

P. BaillyLa greffière,

Signé :

A. Hussein

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

ah

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions