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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2202761

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2202761

vendredi 15 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2202761
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge Unique
Avocat requérantSEYREK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 juillet 2022, M. A, représenté par Me Seyrek, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois mois ;

3°) d'annuler l'arrêté du même jour par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée ;

- a été prise en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne relatif au droit d'être entendu ;

- est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur sa situation personnelle ;

La décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- est insuffisamment motivée ;

- a été prise en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne relatif au droit d'être entendu ;

- est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- est dépourvue de base légale en raison de l'incompatibilité des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avec l'article 7 de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ;

- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur sa situation personnelle ;

La décision fixant le pays de destination :

- est insuffisamment motivée ;

- a été prise en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne relatif au droit d'être entendu ;

- est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée ;

- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est disproportionnée ;

La décision l'assignant à résidence :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée ;

- est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai ;

- est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que le préfet s'est cru à tort lié par sa décision d'éloignement ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête et fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 13 juillet 2022, ont été entendus :

- le rapport de Mme Garona, magistrate désignée,

- et les observations orales de Me Seyrek, pour M. A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.

Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 13h42.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien, né le 4 juillet 1993, déclare être entré en France le 17 mai 2018, sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires espagnoles valable du 10 mai au 8 juin 2018 et s'est maintenu en France au-delà de sa validité. Il a été interpellé par les services de police dans le cadre d'une enquête diligentée à la demande du Procureur de la République, qui a prononcé le 8 juin 2022 un sursis à célébration de son mariage avec une ressortissante française. Par les deux arrêtés attaqués du 5 juillet 2022, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois mois et l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions portant obligation de quitter le territoire français, interdiction de retour sur le territoire français et assignation à résidence :

3. Par arrêté n°22-013 du 1er avril 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour, Mme B F, cheffe du bureau de l'éloignement, a reçu délégation à l'effet de signer les actes relevant des attributions de son bureau et notamment les mesures d'éloignement et d'assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision, qui manque en fait, doit être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, la décision attaquée vise le 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que M. A est entré en France sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités espagnoles, s'est maintenu au-delà de la validité de ce visa, n'a entamé aucune démarche pour régulariser sa situation et se maintient volontairement en situation irrégulière sur le territoire national. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

5. En deuxième lieu, M. A soutient qu'il n'a pas été mis en mesure, en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne, de bénéficier de son droit d'être entendu avant le prononcé de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Toutefois, le droit d'être entendu doit être interprété en ce sens qu'il ne s'oppose pas à ce qu'une autorité nationale n'entende pas le ressortissant d'un pays tiers spécifiquement au sujet d'une décision d'éloignement lorsque, après avoir constaté le caractère irrégulier de son séjour sur le territoire national à l'issue d'une procédure ayant pleinement respecté son droit d'être entendu, elle envisage de prendre à son égard une telle décision, que cette décision d'éloignement soit consécutive ou non à un refus de titre de séjour. Il ressort du procès-verbal d'audition de l'intéressé par les services de police du 5 juillet 2022 que M. A a été entendu et a pu présenter des observations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu préalablement à l'édiction de la décision litigieuse manque en fait et doit être écarté.

6. En troisième lieu, il ressort de la décision attaquée que la situation de

M. A a fait l'objet d'un examen particulier.

7. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (). ".

8. M. A soutient qu'il est présent en France depuis 2018, qu'il vit en concubinage depuis cinq mois avec Mme D, ressortissante française, avec laquelle il prévoit de se marier. Toutefois, d'une part, cette relation, qui a débuté au mois de février 2022, ainsi que cela ressort de l'attestation de Mme D, est très récente à la date de la décision attaquée et M. A déclare ne pas avoir d'autres attaches sur le territoire français. D'autre part, le requérant n'établit ni même n'allègue être dépourvu de tout lien dans son pays d'origine, l'Algérie, où il a vécu, à tout le moins, jusqu'à l'âge de 25 ans et où résident encore son père et ses frères et sœurs, ainsi que le fait valoir le préfet en défense. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Il va de même, pour les mêmes motifs du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur sa situation.

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

9. En premier lieu, la décision attaquée cite expressément le 3° de l'article L. 612-2 et les 2° et 7° de L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que l'intéressé se maintient volontairement en situation irrégulière sur le territoire national, au-delà de la validité de son visa délivré par les autorités espagnoles et utilise une fausse carte d'identité française. Elle comporte ainsi les circonstances de fait et de droit sur lesquelles elle a entendu se fonder. Ainsi, la décision est suffisamment motivée.

10. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 5, M. A a été entendu par les services de police le 5 juillet 2022. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne relatif au droit d'être entendu doit être écarté.

11. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, il n'y a pas lieu d'annuler par voie de conséquence la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire.

12. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article 3 de la directive 2008/115/CE 16 décembre 2008 : " Aux fins de la présente directive, on entend par : () / 7° " risque de fuite " : le fait qu'il existe des raisons, dans un cas particulier et sur la base de critères objectifs définis par la loi, de penser qu'un ressortissant d'un pays tiers faisant l'objet de procédures de retour peut prendre la fuite ; / () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 7 de cette même directive : " () / 4. S'il existe un risque de fuite () ou si la personne concernée constitue un danger pour l'ordre public, la sécurité publique ou la sécurité nationale, les États membres peuvent s'abstenir d'accorder un délai de départ volontaire ou peuvent accorder un délai inférieur à sept jours ".

13. D'autre part, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Enfin, aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () / 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; () ".

14. Il ressort des pièces du dossier que pour refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire, la décision attaquée est fondée sur les dispositions du 3° de l'article L. 612-2 précité. En estimant qu'il existe des risques que l'étranger se soustraie à l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français, dans les cas prévus à l'article L. 612-3 précité, le législateur a déterminé des critères objectifs qui ne sont pas incompatibles avec les objectifs fixés par la directive du 16 décembre 2018 précitée. Par ailleurs, en réservant à l'article L. 612-3 précité, l'hypothèse de " circonstance particulière ", le législateur a entendu garantir un examen particulier de chaque situation individuelle, en compatibilité avec le principe de proportionnalité rappelé par la directive précitée. Dès lors, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant un délai de départ volontaire a été prise sur le fondement de dispositions nationales incompatibles avec les objectifs de la directive 2008/115/CE et est par suite dépourvue de base légale.

15. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, les moyens tirés de la méconnaissance les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur la situation de M. A doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

16. En premier lieu, la décision attaquée vise l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et précise que M. A, ressortissant algérien, n'allègue ni ne prouve être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en cas de retour dans son pays d'origine. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est par suite suffisamment motivée.

17. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 5, M. A a été entendu par les services de police, le 5 juillet 2022. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne relatif au droit d'être entendu doit être écarté.

18. En dernier lieu, il ressort de la décision attaquée que la situation de

M. A a fait l'objet d'un examen particulier.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

19. En premier lieu, la décision vise l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que le requérant est présent en France depuis 2018 selon ses déclarations, en situation irrégulière depuis l'expiration de son visa de court séjour, fait état de sa relation avec Mme D et de ce qu'il dispose d'attaches en Algérie où résident son père ainsi que ses frères et sœurs. Il précise enfin que M. A n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et ne représente pas une menace pour l'ordre public. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est par suite suffisamment motivée.

20. En second lieu, d'une part, et contrairement à ce que le requérant soutient, sa présence continue en France depuis 2018 n'est pas établie par les pièces du dossier. D'autre part, si le requérant se prévaut de sa vie de couple avec une ressortissante française, cette relation qui a débuté au mois de février 2022, est très récente à la date de la décision attaquée et M. A déclare ne pas disposer d'autres liens sur le territoire national. Enfin, il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, l'Algérie, où il a vécu à tout le moins, jusqu'à l'âge de 25 ans, et où résident encore son père ainsi que ses neufs frères et sœurs. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Il va de même, pour les mêmes motifs du moyen tiré de la disproportion de cette décision.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision portant assignation à résidence :

21. En premier lieu, l'arrêté attaqué cite expressément le 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que M. A a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois mois, par arrêté du 5 juillet 2022. Cette décision comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est par suite suffisamment motivée.

22. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire n'étant pas illégales, il n'y a pas lieu d'annuler par voie de conséquence la décision portant assignant à résidence.

23. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / () ".

24. Il ne ressort pas de la décision attaquée que le préfet de la Seine-Maritime se serait cru lié par la décision portant obligation de quitter le territoire français, pour prendre la décision d'assignation à résidence attaquée.

25. En dernier lieu, en se bornant à soutenir que rien ne justifiait son assignation à résidence, l'intéressé n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Le moyen de l'erreur manifeste d'appréciation doit dès lors être écarté.

26. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du 5 juillet 2022 par lesquels le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination, a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois mois et l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

27. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution particulière. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance la somme que demande M. A au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au préfet de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 15 juillet 2022.

La magistrate désignée,

E. C

La greffière,

S. Danet

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2202761

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