vendredi 21 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2202797 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | AXLAW |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 7 juillet 2022, le 19 octobre 2022, les 8, 9, 25 février et 23 mars 2023, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 mai 2022 par lequel la maire de la commune de Cuy-Saint-Fiacre a rapporté la délégation de fonctions qui lui avait été accordée, en sa qualité de premier adjoint, par arrêté du 6 juillet 2020.
Il soutient que :
- la maire n'a pas obtenu de délégation du conseil municipal pour représenter la commune en justice et mandater un cabinet d'avocats ;
- la décision n'a pas été précédée d'un entretien préalable, ni d'une procédure contradictoire le mettant en mesure de présenter ses observations ;
- elle n'a pas été précédée d'un avertissement préalable ;
- les conseillers municipaux n'ont pas été informés préalablement à la prise de cette décision ;
- la décision n'est pas motivée ;
- les conseillers municipaux n'ont pas été convoqués dans un délai de quinze jours ;
- la séance du conseil municipal du 20 juin 2022 est entachée d'irrégularité dès lors que la maire a méconnu les dispositions de l'article L. 2121-15 du code général des collectivités territoriales en s'abstenant de nommer un secrétaire de séance ;
- la décision ne prend pas en compte son investissement dans ses différentes fonctions ; en outre, depuis l'adoption de la décision contestée, la gestion de la maire est défaillante ;
- la décision est entachée d'un détournement de pouvoir dès lors qu'elle a été prise en vue de l'écarter de la gestion de la municipalité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2023, la commune de Cuy-Saint-Fiacre, représentée par Me Sélégny, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le moyen tiré du défaut d'avertissement ou d'entretien préalable contradictoire est inopérant ;
- le moyen tiré de l'insuffisance de motivation est inopérant ;
- la méconnaissance alléguée du délai de convocation du conseil municipal est sans incidence sur la légalité de l'arrêté, dès lors qu'elle concerne une délibération postérieure à l'acte attaqué ;
- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme C,
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 6 juillet 2020, la maire de la commune de Cuy-Saint-Fiacre a accordé à M. A, en sa qualité de premier adjoint, une délégation de fonctions dans les domaines de la gestion des locations et de l'entretien de la salle des fêtes, ainsi que de la sécurité communale. Par l'arrêté attaqué du 9 mai 2022, la maire lui a retiré cette délégation qui lui avait été accordée.
Sur la recevabilité des écritures en défense :
2. Aux termes de l'article R. 431-2 du code de justice administrative : " Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né de l'exécution d'un contrat. / La signature des requêtes et mémoires par l'un de ces mandataires vaut constitution et élection de domicile chez lui. " En outre, l'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales dispose : " Le maire peut, en outre, par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat : / () / 16° D'intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil municipal ; / () ".
3. Il résulte de ces dispositions que le maire doit avoir reçu du conseil municipal une délégation, générale ou spéciale, pour être habilité à agir en justice au nom de la commune.
4. En outre, lorsqu'une partie est une personne morale, il appartient à la juridiction administrative saisie, qui en a toujours la faculté, de s'assurer, le cas échéant, que le représentant de cette personne morale justifie de sa qualité pour agir au nom de cette partie. Tel est le cas lorsque cette qualité est contestée sérieusement par l'autre partie ou qu'au premier examen, l'absence de qualité du représentant de la personne morale semble ressortir des pièces du dossier.
5. M. A soutient que faute pour la maire de justifier d'une délégation du conseil municipal à l'effet de représenter la commune en justice, son mémoire en défense doit être écarté des débats. Il est constant que la maire de la commune de Cuy Saint-Fiacre, n'a pas justifié, en dépit de cette fin de non-recevoir, de son habilitation à défendre les intérêts de la commune dans le cadre de la présente instance. Par suite, il y a lieu d'écarter des débats, en raison du défaut de qualité pour agir de la maire à représenter la commune de Cuy-Saint-Fiacre, nonobstant sa représentation par avocat, son mémoire en défense et les pièces annexées produits le 9 février 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. D'une part, aux termes de l'article L. 100-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le présent code régit les relations entre le public et l'administration en l'absence de dispositions spéciales applicables. / Sauf dispositions contraires du présent code, celui-ci est applicable aux relations entre l'administration et ses agents ". Aux termes de l'article L. 100-3 du même code : " Au sens du présent code et sauf disposition contraire de celui-ci, on entend par : / 1° Administration : les administrations de l'Etat, les collectivités territoriales (). / 2° Public : a) Toute personne physique ; () ". D'autre part, aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales, dans sa version applicable au litige : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. () Lorsque le maire a retiré les délégations qu'il avait données à un adjoint, le conseil municipal doit se prononcer sur le maintien de celui-ci dans ses fonctions. ". L'article L. 2122-20 du même code dispose : " Les délégations données par le maire en application des articles L. 2122-18 et L. 2122-19 subsistent tant qu'elles ne sont pas rapportées. ".
7. En premier lieu, la décision par laquelle le maire rapporte la délégation qu'il a consentie à l'un de ses adjoints sur le fondement de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales est une décision à caractère réglementaire qui a pour objet la répartition des compétences entre les différentes autorités municipales. Ainsi, la décision contestée n'entre dans aucune des catégories de mesures qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et qui sont soumises à une procédure contradictoire préalable. Par suite, les moyens tirés de l'absence de procédure contradictoire et du défaut de motivation doivent être écartés comme inopérants.
8. En deuxième lieu, il ne résulte d'aucun texte, ni d'aucun principe que le maire devrait, préalablement à la prise d'un arrêté portant retrait de délégations de fonctions, avertir l'intéressé et informer les élus municipaux. Par suite, les moyens tirés de l'absence préalable d'avertissement de M. A et d'information des conseillers municipaux, étant inopérants, doivent être écartés.
9. En troisième lieu, M. A ne peut utilement invoquer le défaut de convocation dans un délai de quinze jours du conseil municipal de Cuy-Saint-Fiacre, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de l'arrêté litigieux pris par le maire dans le cadre des pouvoirs qu'il tient directement des dispositions précitées de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales. Par suite, ce moyen inopérant doit être écarté.
10. En quatrième lieu, M. A ne peut utilement soutenir que la séance du 20 juin 2022 est entachée de multiples irrégularités, notamment faute de désignation d'un secrétaire conformément aux dispositions de l'article L. 2121-15 du code général des collectivités territoriales, dès lors que l'arrêté contesté n'a pas été pris sur le fondement de cette délibération. Par suite, ce moyen, étant inopérant, doit être écarté.
11. En cinquième lieu, il est loisible au maire d'une commune, sous réserve que sa décision ne soit pas inspirée par des motifs matériellement inexacts ou étrangers à la bonne marche de l'administration communale, de mettre un terme, à tout moment, aux délégations de fonctions qu'il avait données à l'un de ses adjoints ou à un autre membre du conseil municipal.
12. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du procès-verbal du conseil municipal du 20 juin 2022, certes postérieur à l'arrêté attaqué mais de nature à révéler l'état des relations entre le requérant et la maire de la commune à la date de son édiction, et dont les termes ne sont pas sérieusement contestés, qu'il existait des dissensions et un manque de communication entre cette dernière et M. A et que ses relations avec certains agents du personnel et conseillers municipaux étaient particulièrement dégradées. Eu égard à la nature et à l'objet de la mesure contestée, l'investissement dont M. A se prévaut n'est pas de nature, à lui seul, à établir que la maire de la commune de Cuy-Saint-Fiacre aurait pris cette décision pour des motifs étrangers à la bonne marche de l'administration. Enfin, les évènements invoqués par le requérant tenant au comportement de la maire de la commune depuis le retrait de sa délégation de fonctions, à les supposer même établis, étant postérieurs à la décision attaquée, demeurent sans incidence sur sa légalité. Dans ces conditions, en se fondant sur la perte de confiance nécessaire entre un maire et son adjoint, la maire de la commune de Cuy-Saint-Fiacre a pu considérer, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, que la bonne marche de l'administration communale nécessitait de mettre fin à la délégation de fonctions de M. A.
13. En dernier lieu, le détournement de pouvoir allégué par M. A n'est pas établi.
14. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 9 mai 2022 de la maire de la commune de Cuy-Saint-Fiacre lui retirant sa délégation de fonctions en qualité de premier adjoint.
Sur les frais liés à l'instance :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Cuy-Saint-Fiacre, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. En outre, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme que la commune de Cuy-Saint-Fiacre demande à ce même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Cuy-Saint-Fiacre tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à la commune de Cuy-Saint-Fiacre.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- M. Guiral, conseiller,
- Mme Boucetta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 avril 2023.
La rapporteure,
Signé : H. B
La présidente,
Signé : C. BOYER Le greffier,
Signé : J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026