mardi 27 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2202836 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | MARY-INQUIMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er juillet 2022 et le 6 septembre 2022, M. C B, représenté par Me Mary, pour la SELARL Mary et Inquimbert, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un titre de séjour temporaire dans un délai de trente jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat à son profit une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de renonciation à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
la décision portant refus de titre de séjour :
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est illégale par exception de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
la décision fixant le pays de destination :
- est illégale par exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- méconnait le principe général du droit de l'Union Européenne relatif au droit à être entendu préalablement à toute décision défavorable ;
- méconnait l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense et un mémoire en réplique, enregistrés le 31 août 2022 et le 14 septembre 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une décision du 30 mai 2022 M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 55%.
Vu :
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boyer, présidente - rapporteure,
- et les observations de Me Mary, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, de nationalité malienne, né le 20 janvier 2002 à Debo-Kagoro (Mali) est entré irrégulièrement sur le territoire français en août 2018. Le 29 août 2018, par jugement du tribunal judiciaire de A, il a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance. Le 10 février 2020, il a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 16 mars 2022, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet d'une décision de placement auprès des services de l'aide sociale à l'enfance jusqu'au 20 janvier 2020 par un jugement du tribunal pour enfants de A en date du 29 août 2018. Il ressort également des pièces du dossier que du 8 octobre 2019 au 31 août 2021, M. B a suivi une scolarisation sérieuse et assidue, ce qui lui a permis d'obtenir un certificat d'aptitudes professionnelles Boulangerie dans le cadre d'un contrat d'apprentissage auprès d'un employeur qui l'a d'ailleurs recruté en qualité de personnel de fabrication le 1er septembre 2021, en contrat à durée indéterminée, lui assurant des ressources stables suffisamment prouvées et ayant d'ailleurs justifié l'octroi d'une aide juridictionnelle partielle. En outre, l'attestation versée au débat par l'employeur de M. B fait état de son implication et de son sérieux dans l'exercice de son métier de boulanger. Par suite, le requérant doit ainsi être regardé comme ayant fixé en France le centre de ses intérêts privés. Ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle de M. B doit être retenu.
3. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à demander, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, l'annulation de la décision de refus de titre de séjour et, par voie de conséquence, de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et de la décision fixant son pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
4. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard aux motifs qui le fondent, que le préfet délivre à M. B, qui est titulaire d'un contrat à durée indéterminée à la date du présent jugement, une carte de séjour temporaire l'autorisant à travailler dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
5.Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante dans la présente instance, 550 euros à verser à Me Mary, conseil de M. B bénéficiaire de l'aide juridictionnelle à hauteur de 55 %, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 450 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés directement par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 16 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine Maritime a refusé à M. B de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire l'autorisant à travailler dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 550 euros à Me Mary en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Article 4 : L'Etat versera la somme de 450 euros à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B, à Me Mary et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 29 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente
M. Guiral, conseiller,
Mme Boucetta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2022.
La présidente - rapporteure,
C. BOYER
L'assesseur le plus ancien,
S. GUIRAL
Le greffier,
J-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2202836
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026