jeudi 8 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2202906 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 1 |
| Avocat requérant | TURHALLI |
Vu la procédure suivante :
E une requête, enregistrée le 14 juillet 2022, M. B A, représenté E Me Turhalli, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 juin 2022 E lequel le préfet de l'Eure lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi.
M. A soutient que :
* Les décisions contestées souffrent d'une motivation insuffisante, ont été adoptées E une autorité incompétente et méconnaissent les stipulations des articles 3 et 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
* S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle procède d'une erreur de droit ;
- elle repose sur une erreur manifeste d'appréciation.
* S'agissant de la décision relative au délai de départ volontaire : il ne présente pas un risque de fuite de sorte que le préfet ne pouvait refuser de lui accorder un délai.
* S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle porte atteinte à sa vie privée et familiale.
E un mémoire en production et un mémoire en défense, enregistrés le 18 août 2022 et le 26 août 2022, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés E M. A ne sont pas fondés.
Vu :
la décision E laquelle le président du tribunal a désigné M. C comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
les autres pièces du dossier.
Vu :
la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code des relations entre le public et l'administration ;
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir au cours de l'audience publique du 31 août 2022 présenté son rapport, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
L'instruction étant close à l'issue de l'audience à 9 heures 55, en application de l'article R.776-26 du code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant turc, né le 19 septembre 1991, est, selon ses dires, entré sur le territoire français le 4 novembre 2019. Il a déposé une demande d'asile en préfecture le 26 novembre 2019 qui a été rejetée E l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 8 avril 2021 et E la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 1er juin 2022. E décision du 21 juin 2022, le préfet de l'Eure a refusé de délivrer le titre sollicité et a assorti son refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours aux motifs que M. A ne bénéficie plus du droit de sa maintenir sur le territoire français, qu'il n'a pas sollicité son admission au séjour sur un autre fondement que l'asile, qu'il ne dispose pas de liens personnels intenses et stables en France, qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où résident son épouse et sa fille, que sa situation personnelle ne permet pas de considérer qu'il serait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale, que sa situation ne contrevient pas aux stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et que rien ne s'oppose à ce qu'il soit obligé de quitter le territoire français. M. A demande l'annulation de ces décisions.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit E le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit E la juridiction compétente ou son président [] ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " [] L'admission provisoire est accordée E le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme E l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. " Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'accorder, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la délimitation du litige :
3. Contrairement à ce que soutient M. A, le préfet de l'Eure n'a, E l'arrêté contesté, ni refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, ni adopté à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. E suite, les conclusions tendant à l'annulation de ces décisions sont dirigées contre des décisions inexistantes.
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions :
4. En premier lieu, Mme D, qui a signé les décisions attaquées, bénéficiait d'une délégation de signature du préfet de l'Eure en date du 22 mars 2021, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet notamment de signer les décisions en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque en fait.
5. En deuxième lieu, les décisions attaquées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ces décisions, prises après un examen particulier de la situation de M. A E le préfet de l'Eure sont donc suffisamment motivées.
6. En troisième lieu, M. A ne fait pas état d'insertion sociale ou professionnelle en France. Il n'établit pas qu'il serait isolé en cas de retour en Turquie où il a vécu jusqu'à son entrée en France et où résident sa femme et sa fille. Dès lors, compte tenu des conditions et de la durée du séjour en France du requérant, le préfet de l'Eure n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision a été prise. E suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté, de même que celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation relative à sa situation personnelle.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " [] Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. "
8. Si M. A soutient que sa vie et sa liberté seraient menacées en cas de retour dans son pays d'origine en raison de son refus d'être recruté E l'armée turque, il n'apporte toutefois au soutien de ses allégations, aucun élément de nature à justifier de leur bien fondé. Ainsi, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée aurait été adoptée en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin non-recevoir opposée en défense, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 21 juin 2022 E lequel le préfet de l'Eure lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Turhalli et au préfet de l'Eure.
Rendu public E mise à disposition au greffe le 8 septembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
T. C
Le greffier,
Signé
N. BOULAYLa République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N. BOULAY
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026