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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2203030

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2203030

mardi 31 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2203030
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4 ème Chambre
Avocat requérantELATRASSI-DIOME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 juillet et 13 octobre 2022, M. B D, représenté par Me Elatrassi-Diome, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une carte de séjour temporaire, valable un an et portant la mention " salarié " ou " vie privée et familiale ", dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision de refus de titre de séjour a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée de la saisine de la commission du titre de séjour ;

- elle méconnaît le droit d'être entendu préalablement à toute décision défavorable ;

- le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) n'a pas été préalablement saisi ;

- l'avis du collège de médecins est insuffisamment motivé et " manque de substance " ;

- elle méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les articles L. 114-5 et L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- l'obligation de quitter le territoire français n'est pas motivée ;

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle méconnaît le droit d'être entendu préalablement à toute décision défavorable ;

- le collège de médecins de l'OFII n'a pas été préalablement saisi ;

- l'avis du collège de médecins est insuffisamment motivé et " manque de substance " ;

- elle méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ;

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée ;

- elle est signée par une autorité incompétente ;

- elle méconnaît le droit d'être entendu préalablement à toute décision défavorable ;

- elle méconnaît l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 août 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Côte d'Ivoire relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Abidjan le 21 septembre 1992 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- et les observations de M. D.

Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant ivoirien né le 12 mai 1999 à Abidjan, déclare être entré en France le 1er juillet 2017. Il a sollicité son admission au séjour en raison de son état de santé. Par l'arrêté attaqué du 9 mars 2022, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois mois.

Sur la décision de refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 21-101 du 21 décembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, M. E C, directeur des migrations et de l'intégration, a reçu délégation du préfet de la Seine-Maritime à l'effet de signer toutes les décisions relevant des attributions de sa direction. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui vise les dispositions applicables, notamment le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, expose la situation personnelle de M. D et énonce les raisons pour lesquelles le préfet a décidé de refuser de lui délivrer un titre de séjour. La décision comportant l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, le moyen tiré de l'absence de motivation doit être écarté.

4. En troisième lieu, il ressort des pièces produites en défense que le collège de médecins de l'OFII a rendu le 9 novembre 2021 un avis sur l'état de santé de M. D. Par suite, le moyen tiré du défaut de saisine du collège des médecins de l'OFII manque en fait et doit être écarté.

5. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le collège des médecins de l'OFII a rendu le 9 novembre 2021 son avis sur la base du rapport médical du médecin rapporteur. Le collège des médecins de l'OFII s'est prononcé sur les conséquences d'un défaut de prise en charge médicale du requérant et l'existence d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine. Ainsi, et alors qu'il ne doit pas comporter de mention couverte par le secret médical, cet avis, qui a été établi conformément à l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé, est suffisamment motivé. Le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis du collège des médecins de l'OFII ne peut qu'être écarté.

6. En cinquième lieu, les dispositions de la charte de l'Union européenne et les principes généraux du droit de l'Union européenne ne trouvent à s'appliquer dans l'ordre juridique national que lorsque la situation juridique dont a à connaître le juge administratif français est régie par le droit de l'Union. M. D ne peut dès lors utilement se prévaloir de la méconnaissance du droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union, à l'encontre de la décision de refus de titre de séjour qui n'est pas régie par la directive n° 2008/15/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ni ne peut être regardée comme mettant en œuvre le droit de l'Union européenne.

7. En sixième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et en particulier de la motivation détaillée de l'arrêté qui fait état des éléments propres à la situation du requérant, notamment de son état de santé, que le préfet, même s'il mentionne que l'intéressé " ne prouve pas formellement son identité ", n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. D.

8. En septième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet n'a pas rejeté la demande de titre de séjour du requérant au motif qu'elle aurait été incomplète. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 114-5 et L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté comme inopérant.

9. En huitième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an ".

10. Pour rejeter la demande de titre de séjour, le préfet a considéré, au vu notamment de l'avis du 9 novembre 2021 du collège de médecins, que, si le défaut de prise en charge médicale du requérant pouvait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il pouvait effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine.

11. M. D soutient qu'il présente un anévrisme intracérébral et une malformation artérioveineuse qui provoque des crises épileptiques et qu'il bénéficie d'un suivi médical régulier en France depuis 2017. Toutefois, ni l'étude parue en 2013 dans la revue internationale des sciences d'Abidjan relative à la prise en charge des patients épileptiques, qui est ancienne et se borne à mentionner qu'il " y a un retard à la prise en charge des épileptiques qui se traduit par de longs délais de consultation ", ni les comptes rendus d'hospitalisation, ni même le certificat médical établi le 27 juin 2022 par un praticien hospitalier français qui décrit la pathologie dont est atteint le requérant et le traitement qui lui est prescrit, ne peuvent suffire à établir qu'en cas de retour en Côte d'Ivoire, l'intéressé ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié à ses pathologies. M. D ne peut enfin se prévaloir du précédent avis du collège de médecins concluant à l'absence de traitement disponible dans son pays, dès lors que cet avis, qui mentionnait la nécessité d'une prise en charge en France d'une durée de neuf mois seulement, a été émis le 27 mars 2020, soit plus d'un an avant le dernier avis rendu le 9 novembre 2021 par le même collège et au vu duquel le préfet s'est fondé pour prendre l'arrêté litigieux. Par suite, en refusant le titre de séjour sollicité, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point 9.

12. En neuvième lieu, compte tenu de ce qui précède, M. D, qui ne justifie pas être dans l'impossibilité de bénéficier de soins adaptés dans son pays, n'est pas fondé à soutenir que le préfet, en refusant son admission exceptionnelle au séjour, aurait commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, ce moyen doit être écarté.

13. En dixième lieu, M. D ne peut utilement invoquer, à l'encontre de la décision de refus de séjour qui ne fixe pas le pays de renvoi, la violation de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

14. En onzième lieu, compte tenu de ce qui précède, M. D ne peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet n'était pas tenu de saisir la commission du titre de séjour avant de statuer sur la demande du requérant.

15. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle du requérant.

16. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de refus de titre de séjour.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

17. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 2, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la mesure d'éloignement doit être écarté.

18. En deuxième lieu, en vertu de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. La décision de refus de titre de séjour étant, ainsi qu'il a été dit précédemment, suffisamment motivée, le moyen tiré du défaut de motivation de la mesure d'éloignement ne peut, dès lors, qu'être écarté.

19. En troisième lieu, M. D a déposé une demande de titre de séjour au soutien de laquelle il a pu faire état de tous les éléments pertinents relatifs à sa situation personnelle et familiale. Il ne pouvait, dès lors, ignorer qu'un rejet de cette demande l'exposait à une mesure d'éloignement assortie d'une décision fixant son pays de destination et, le cas échéant, d'une interdiction de retour sur le territoire français. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé ait été privé de la possibilité d'apporter à l'administration, pendant l'instruction de sa demande, toutes les précisions qu'il jugeait utiles tant au regard de son droit au séjour qu'au regard des conséquences d'un éventuel éloignement du territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu, tel qu'il est garanti par le principe général du droit de l'Union européenne, doit être écarté.

20. En quatrième lieu, le moyen tiré de l'absence de saisine du collège de médecin doit être écarté pour les motifs qui ont été exposés au point 4.

21. En cinquième lieu, le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis du collège de médecin doit être écarté pour les motifs qui ont été exposés au point 5.

22. En sixième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté pour les motifs qui ont été exposés au point 11.

23. En septième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure d'éloignement sur la situation personnelle du requérant.

24. En dernier lieu, M. D ne peut utilement invoquer, à l'encontre de la mesure d'éloignement qui ne fixe pas le pays de renvoi, la violation de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

25. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.

Sur la décision fixant le pays de destination :

26. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 2, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision fixant le pays de renvoi doit être écarté.

27. En deuxième lieu, la décision comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, suffisamment motivée.

28. En troisième lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'exception d'illégalité du refus de séjour et de la mesure d'éloignement, soulevé à l'appui des conclusions d'annulation dirigées contre la décision fixant le pays de renvoi, ne peut qu'être écarté.

29. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié à ses pathologies en Côte d'Ivoire. Dès lors, en décidant son renvoi vers ce pays, le préfet n'a méconnu ni l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

30. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

31. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 2, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.

32. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que M. D s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire et ne justifie pas de son insertion dans la société française. Il indique également que M. D ne représente pas une menace pour l'ordre public. Par suite, elle est suffisamment motivée. Ce moyen doit être dès lors écarté.

33. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté pour les motifs qui ont été exposés au point 19.

34. En quatrième lieu, la décision attaquée ne trouve pas son fondement légal dans l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions est inopérant.

35. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant.

36. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié à ses pathologies en Côte d'Ivoire. Dès lors, et en tout état de cause, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

37. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 9 mars 2022 du préfet de la Seine-Maritime. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles relatives aux frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience du 10 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Boyer, présidente,

- M. Guiral, conseiller,

- Mme Boucetta, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 février 2023.

Le rapporteur,

S. A

La présidente,

C. BOYER

Le greffier,

J.-L. MICHEL

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

CH

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