lundi 29 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2203096 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3P |
| Avocat requérant | LE TANNEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 juillet 2022, Mme C F, représentée par Me F doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 juin 2022 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Eure a, après avis de la commission de recours amiable, rejeté son recours exercé contre la décision du 10 novembre 2021 l'informant d'une retenue sur prestation de 411 euros au titre d'un indu d'aide personnalisée au logement ;
2°) de condamner la caisse d'allocations familiales de l'Eure au paiement de la somme totale de 2 386,94 euros ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Eure la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme F soutient que la caisse d'allocations familiales a reconnu lui être redevable de la somme de 411 euros et de la somme de 2 454 euros pour son locataire Mme B, dont seulement 222,06 euros lui ont été versés. Dès lors que ces créances sont exigibles, certaines et liquides, et qu'elle reconnaît devoir la somme de 256 euros pour son locataire M. A, la caisse d'allocations familiales doit lui verser la somme totale, après compensation, de 2 386,94 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Eure conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les retenues sur prestations sont légales ;
- les conclusions dirigées contre la retenue sur prestation de 2 231,94 euros et la dette de 256 euros sont irrecevables dès lors que Mme F n'a pas exercé le recours préalable prévu par les dispositions de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Jeanmougin pour statuer en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ni représentée, Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté son rapport.
A l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F, bailleur d'au moins deux logements occupés d'une part par Mme B et son concubin M. D, dont les droits à l'APL lui sont directement versés, et d'autre part par M. A, demande au tribunal de condamner la caisse d'allocations familiales de l'Eure à lui payer la somme totale de 2 386,94 euros au titre d'allocations personnelles au logement que la caisse d'allocations familiales a retenu et doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision du 3 juin 2022 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Eure a, après avis de la commission de recours amiable, rejeté son recours exercé contre la décision du 10 novembre 2021 l'informant d'une retenue sur prestations de 411 euros sur un droit à l'aide personnalisée au logement.
2. Il résulte de l'instruction que Mme F a été informée par courrier du 10 novembre 2021 qu'elle avait droit au versement de la somme de 411 euros au titre de l'aide personnelle au logement due à Mme E B au titre du mois de septembre 2021 mais que cette somme était retenue en remboursement de la dette dont était redevable sa locataire auprès de la caisse d'allocations familiales. Le recours exercé par Mme F et son époux a été rejeté par la décision contestée du 3 juin 2022. En outre, par un courrier du 18 mai 2022 du directeur de la CAF de l'Eure, Mme F, qui ne conteste pas l'avoir reçu, a été informée que la somme de 2 454 euros lui était due mais qu'une retenue de 2 231,94 euros était opérée.
Sur la somme de 2 231,94 euros :
3. Aux termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de prime de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire. " Aux termes de l'article L. 825-3 du même code : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : 1° Les contestations des décisions prises par l'organisme payeur au titre des aides personnelles au logement () ".
4. Si Mme F conteste la retenue de la somme de 2 231,94 euros dont elle a été informée par courrier du 18 mai 2022, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait exercé le recours administratif préalable prévu par les dispositions précitées de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation, le courrier du 10 juin 2022 adressé par M. F aux services de la CAF constituant une mise en demeure de payer et non une réclamation contre cette retenue. Faute d'exercice de ce recours préalable, Mme F est irrecevable à saisir directement le juge, comme le soutient la caisse d'allocations familiales de l'Eure par une fin de non-recevoir. Les conclusions tendant à la contestation de la retenue sur prestation de 2 231,94 euros doivent donc être rejetées.
Sur la somme de 411 euros :
5. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision, qui remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnelle au logement, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur, et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu.
6. Aux termes de l'article L. 821-6 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement sont incessibles et insaisissables, sauf : 1° Au profit de l'organisme payeur, pour le recouvrement des prestations indûment versées ; 2° Au profit de l'établissement habilité ou du bailleur, en cas de versement de l'aide en tiers payant ; () ". Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'allocation de logement est versée, sur leur demande, au prêteur ou au bailleur. / Le prêteur ou le bailleur déduit l'allocation du montant du loyer et des dépenses accessoires de logement ou de celui des charges de remboursement. Il porte cette déduction à la connaissance de l'allocataire. Il verse, le cas échéant, à l'allocataire la part de l'allocation de logement qui excède le montant du loyer et des charges récupérables. () ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable en vertu des dispositions de l'article L. 823-9 du code de la construction de l'habitation aux aides personnelles au logement : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, () par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. A défaut, l'organisme payeur peut, dans des conditions fixées par décret, procéder à la récupération de l'indu par retenues sur les échéances à venir dues soit au titre des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation, soit au titre des prestations mentionnées à l'article L. 168-8 ainsi qu'aux titres II et IV du livre VIII du présent code, soit au titre du revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles. / Par dérogation aux dispositions précédentes, lorsqu'un indu a été constitué sur une prestation versée en tiers payant, l'organisme peut, si d'autres prestations sont versées directement à l'allocataire, recouvrer l'indu sur ces prestations selon des modalités et des conditions précisées par décret. () ".
7. Mme F, qui ne conteste pas l'indu de 411 euros, se borne à soutenir qu'elle détient une créance certaine, liquide et exigible contre la caisse d'allocations familiales mais n'invoque aucun texte ni aucun principe qui s'opposerait à ce que la caisse récupère les sommes indument versées à un bénéficiaire de l'APL sur les prestations à venir dans le cas où ces prestations sont versées directement à son bailleur. Par suite, la requérante, à qui il appartient, si elle s'y croit fondée, d'agir contre son locataire en paiement du complément de loyer qui lui est dû, n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision rejetant son recours contre une retenue de 411 euros.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme F n'est pas recevable à contester la retenue sur prestations de 2 231,94 euros et n'est pas fondée à demander au tribunal l'annulation de la décision du 3 juin 2022 par laquelle le directeur de la CAF de l'Eure a rejeté son recours contre la retenue de 411 euros. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la CAF de lui verser la somme de 2 386,94 euros au titre du remboursement des sommes prélevées pour le remboursement d'indus d'aide personnalisée au logement, doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais d'instance doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C F, à Me Marc F, à la caisse d'allocations familiales de l'Eure et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2024.
La magistrate désignée,
signé
H. JEANMOUGINLe greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2203096
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026