LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2203235

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2203235

mercredi 17 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2203235
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantSINOIR AURELIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 6 août 2022 et le 12 août 2022, M. D A, représenté par Me Sinoir, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 août 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sans délai à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard ;

3°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que les décisions attaquées :

- sont insuffisamment motivées ;

- ont été signées par une autorité incompétente ;

- sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle ;

- s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il justifie être en concubinage avec une ressortissante française et exercer une activité professionnelle, pour laquelle son employeur a entamé des démarches afin de régulariser sa situation ;

- s'agissant de la décision fixant le pays de destination, un retour dans son pays d'origine est impossible dès lors qu'il a établi le centre de ses intérêts en France ;

- s'agissant de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, son assignation à résidence, substituée à son placement en rétention administrative, démontre qu'il présente des garanties suffisantes de représentation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 août 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. C comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative ;

- les autres pièces du dossier, notamment celles produites par M. A, enregistrées le 9 août 2022 ainsi que celles produites le même jour par le centre de rétention administrative de Oissel, pour M. A.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 12 août 2022, après la présentation du rapport, ont été entendues les observations de Me Sinoir, pour M. A, qui reprend les conclusions et moyens de la requête, à l'exception du moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué qu'elle retire ; ajoute le moyen, dirigé contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, tiré de l'exception d'illégalité de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire ; précise que M. A justifie d'une vie commune avec une ressortissante française, qui a entamé des démarches en sa faveur ; qu'il justifie également d'une insertion professionnelle et que l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français devrait être suspendue à tout le moins jusqu'à ce qu'il ait été statué sur les démarches de son employeur à son égard.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant tunisien né le 20 septembre 1994, déclare être entré sur le territoire français le 20 juillet 2020. Le 5 août 2022, il a été interpellé par les services de police de Rouen et placé en garde à vue. Par l'arrêté attaqué du 5 août 2022, le préfet de la

Seine-Maritime a obligé M. A à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par un arrêté du 9 août 2022, M. A a été assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur l'aide juridictionnelle :

2. D'une part, aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 614-5 et du dernier alinéa de l'article L. 614-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () L'audience est publique. (). L'étranger est assisté de son conseil s'il en a un. Il peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné à cette fin qu'il lui en soit désigné un d'office. "

3. D'autre part, aux termes de l'article 19 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'avocat commis d'office ou désigné d'office dans les cas prévus par la loi peut saisir le bureau d'aide juridictionnelle compétent au lieu et place de la personne qu'il assiste ou qu'il a assistée. ". Aux termes de l'article 20 de la même loi : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. " Par ailleurs, aux termes de l'article 80 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " Sans préjudice de l'application des articles 64-1 et 64-3 de la loi du 10 juillet 1991 (), l'avocat () commis d'office, désigné d'office, ou désigné sur demande du prévenu ou de la victime est valablement désigné au titre de l'aide juridictionnelle ou de l'aide à l'intervention de l'avocat si la personne pour le compte de laquelle il intervient remplit les conditions d'éligibilité à l'aide. "

4. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que l'avocat désigné d'office dans le cadre de la procédure prévue par les articles L. 614-5 et L. 614-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile peut obtenir le versement à son profit de la somme mise à la charge de la partie perdante sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à la condition que la personne qu'il assiste ait, soit directement soit par son entremise, en application de l'article 19 de cette loi, sollicité et obtenu l'aide juridictionnelle. Si l'avocat désigné d'office est valablement désigné au titre de l'aide juridictionnelle lorsque la personne qu'il assiste bénéficie déjà de celle-ci, sa désignation d'office ne peut, par elle-même, valoir demande et admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle au profit de cette personne et lui ouvrir droit au bénéfice de ces dispositions. Il s'ensuit qu'il appartient à l'avocat désigné d'office qui entend obtenir le versement à son profit de la somme mise à la charge de la partie perdante de formuler expressément, au besoin dans ses écritures, une demande tendant à l'attribution de l'aide juridictionnelle à son client si celui-ci ne l'a pas fait. Le juge ne peut décider que les sommes mises à la charge de la partie perdante seront versées à cet avocat dans les conditions prévues à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sans avoir, au préalable, admis son client au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991, sans préjudice de la décision définitive du bureau d'aide juridictionnelle.

5. M. A, bénéficiant de l'assistance de l'avocat de permanence, a sollicité dans ses écritures son admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle et doit ainsi être regardé comme ayant présenté, par l'intermédiaire de son avocat, une demande tendant à l'attribution de l'aide juridictionnelle. Eu égard à l'urgence qui s'attache à son litige, il y a lieu de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

6. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise notamment les dispositions des articles L. 611-1, L. 612-2 et L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont il a été fait application à M. A. Il mentionne également les considérations de fait, propre à ce dernier, qui constituent le fondement des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai départ volontaire, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

7. En deuxième lieu, M. A se prévaut de sa relation amoureuse avec une ressortissante française, avec qui il résiderait depuis plus d'un an à la date de l'arrêté attaqué, ainsi que de son insertion professionnelle. Il se borne cependant à produire, au soutien de ses allégations, une facture d'électricité établie à son nom ainsi qu'à celui de sa compagne, postérieurement à l'arrêté en litige, ainsi qu'un accusé de réception de démarches en ligne effectuée par cette dernière afin d'obtenir copie d'un acte de naissance, si bien qu'il n'apporte aucune justification quant à l'ancienneté et l'intensité de cette relation. En outre, il ressort également du contrat de travail produit par M. A, qu'il serait domicilié non pas au Havre mais à Drancy (Seine-Saint-Denis). S'il soutient avoir auparavant travaillé de manière non déclarée, sans être en mesure d'apporter plus de précisions à cet égard, il ne produit qu'un contrat de travail à durée déterminée à temps partiel, commençant au 1er août 2022, ainsi qu'une déclaration préalable à l'embauche établie par son employeur le même jour que l'arrêté attaqué. Contrairement à ce que soutient le requérant, les démarches engagées par son employeur ne sauraient justifier ni l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ni qu'il soit sursis à l'exécution de celle-ci. Enfin, M. A ne justifie par aucun moyen de l'ancienneté de son séjour en France, la date d'entrée sur le territoire qu'il déclare demeurant en tout état de cause récente à la date de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

8. En troisième lieu, si M. A soutient qu'il lui est impossible de rejoindre son pays d'origine en raison de ses attaches en France, cette circonstance est sans incidence, en tant que telle, sur la légalité de la décision fixant la Tunisie, pays dont M. A a la nationalité et où il a toujours vécu, comme pays de destination.

9. En quatrième lieu, M. A soutient que son assignation à résidence le 9 août 2022, alors qu'il avait été préalablement placé en rétention administrative le 5 août 2022, révèle qu'il présente des garanties suffisantes de représentation, si bien que le préfet ne pouvait légalement lui refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire pour l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. S'il ressort des pièces du dossier que l'autorité préfectorale a assigné M. A à résidence à l'adresse de sa compagne au Havre, cette seule circonstance, alors par ailleurs qu'il n'a été en mesure de présenter aucun document d'identité ou de voyage et qu'il disposerait également d'une adresse à Drancy (Seine-Saint-Denis), ne saurait suffire à considérer que le préfet aurait entaché sa décision d'erreur d'appréciation en refusant d'octroyer au requérant un délai de départ volontaire. Par voie de conséquence, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision.

10. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 5 août 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Sinoir et au préfet de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 août 2022.

Le magistrat désigné,

Signé :

A. C

La greffière,

Signé :

M. B

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions