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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2203328

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2203328

jeudi 26 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2203328
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3 ème Chambre
Avocat requérantELATRASSI-DIOME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 août et 18 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Elatrassi-Diome, demande au tribunal :

1) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté en date du 18 juillet 2022 par lequel le préfet de l'Eure a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2) d'enjoindre au préfet de l'Eure de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;

3) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient dans le dernier état de ses écritures que :

S'agissant de la décision de refus de titre de séjour :

- le signataire de la décision attaquée était incompétent ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- la commission du titre de séjour aurait dû être consultée préalablement à l'édiction de la décision attaquée ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la décision contestée est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle porte atteinte aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant, garanti par les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- le signataire de la décision attaquée était incompétent ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la décision contestée est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle porte atteinte aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant, garanti par les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- le signataire de la décision attaquée était incompétent ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité dont sont elles-mêmes entachées la décision de refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle porte atteinte à son droit de ne pas subir de traitements inhumains ou dégradants, garanti par les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle porte atteinte aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant, garanti par les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 4 et 23 novembre 2022, ce dernier non communiqué, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le décret n°2004-374 du 29 avril 2004 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Mulot, premier conseiller ;

- et les observations de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant tunisien né en 1988, entré irrégulièrement en France en 2017 selon ses déclarations, a sollicité le 28 juin 2022 un titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française. Par un arrêté du 18 juillet 2022, le préfet de l'Eure a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A demande à titre principal au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les moyens de légalité externe communs aux trois décisions attaquées :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 43 du décret du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements : " Le préfet de département peut donner délégation de signature () : 1° En toutes matières () au secrétaire général ". L'arrêté attaqué a été signé par la secrétaire générale de la préfecture, qui bénéficiait, par arrêté du 22 mars 2021 régulièrement publié le même jour, d'une délégation de signature du préfet de l'Eure, à l'effet de signer notamment " tous arrêtés () relevant des attributions de l'Etat dans le département " à l'exception de mesures aux nombres desquelles ne figurent pas les décisions en litige. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Il résulte, en outre, des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée mais qu'elle n'a pas, lorsqu'elle assortit un refus de délivrance de titre de séjour, à faire l'objet d'une motivation spécifique.

4. Il ressort des pièces du dossier que la décision de refus de titre de séjour attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. En outre, il résulte des dispositions précitées que l'obligation de quitter le territoire français qui assortit cette décision n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte. Enfin, la décision fixant la Tunisie comme pays de renvoi comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

5. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Le paragraphe 1 de l'article 51 de la charte précise que : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union () ". L'article 41 précité de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adressant non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union, le moyen tiré de sa violation est inopérant.

6. Toutefois, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

7. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a pu exposer les motifs de sa demande et sa situation personnelle auprès des services préfectoraux lors du dépôt de sa demande de titre de séjour. En outre, il n'est pas établi, ni même allégué, que M. A ait été empêché de présenter ses observations avant que ne soit prise la décision litigieuse. En outre, il lui était possible, au cours de l'instruction du réexamen de sa demande, d'adresser au préfet de l'Eure tout élément nouveau susceptible d'avoir une influence sur le sens de la décision rendue. Dès lors, M. A qui devait s'attendre à voir sa demande rejetée et assortie d'une obligation de quitter le territoire français n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté aurait été adopté en méconnaissance du respect des droits de la défense.

Sur la décision de refus de délivrance de titre de séjour :

8. En premier lieu, il ressort de l'examen de l'arrêté attaqué et des éléments préparatoires à celui-ci qu'il a été pris au terme d'un examen de la situation particulière de M. A.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; 2° Le conjoint a conservé la nationalité française () ". Si le préfet de l'Eure a reconnu que les conditions d'application dudit article étaient réunies, il a, en revanche, opposé à M. A les dispositions de l'article L. 412-1 du même code, qui subordonnent la première délivrance d'une carte de séjour temporaire à la production par l'étranger d'un visa de long séjour, dont l'intéressé ne conteste pas être démuni. En s'abstenant de faire usage du pouvoir qu'il détient, même sans texte, de régulariser la situation d'un étranger démuni de visa de long séjour ou de titre de séjour, le préfet de l'Eure n'a pas entaché sa décision de l'erreur de droit qui lui est reprochée.

10. En troisième lieu, d'une part, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".

11. Il appartient à l'autorité administrative qui envisage de procéder à l'éloignement d'un ressortissant étranger en situation irrégulière d'apprécier si, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour en France, ainsi qu'à la nature et à l'ancienneté de ses liens familiaux sur le territoire français, l'atteinte que cette mesure porterait à sa vie familiale serait disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision serait prise. La circonstance que l'étranger relèverait, à la date de cet examen, des catégories ouvrant droit au regroupement familial ne saurait, par elle-même, intervenir dans l'appréciation portée par l'administration sur la gravité de l'atteinte à la situation de l'intéressé.

12. D'autre part, aux termes de l'article 3 de la convention de New-York relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

13. A l'appui de ces moyens, M. A se prévaut du mariage qu'il a contracté le 27 novembre 2021 avec une ressortissante française elle-même mère d'une enfant française née en 2009 d'une précédente relation. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la relation de couple nouée entre M. A et son épouse, quelle que soit son intensité, avait une ancienneté d'environ une année à la date de la décision attaquée, à laquelle s'apprécie sa légalité, et il ressort des propres écritures du requérant que la vie commune n'a débuté qu'au moment du mariage. En outre, M. A a conservé de fortes attaches dans son pays d'origine, où résident ses parents et ses six frères et sœurs et où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-huit ans au moins. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du préfet de l'Eure porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris, ni qu'il méconnaitrait l'intérêt supérieur de la fille de son épouse.

14. En quatrième lieu, il résulte de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la commission du titre de séjour instituée dans chaque département est saisie par l'autorité administrative lorsque celle-ci envisage de refuser de délivrer ou de renouveler l'une des cartes de séjour temporaire qui y sont mentionnées. Il résulte de ces dispositions que le préfet est tenu de saisir la commission du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues à ces articles auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions. Dès lors qu'ainsi qu'il a été dit, M. A ne remplissait pas les conditions lui permettant de bénéficier de plein droit de la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Seine-Maritime n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande

15. En cinquième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale" () ". En présence d'une demande de régularisation présentée, sur le fondement de l'article L. 435-1 précité, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".

16. Toutefois, compte-tenu de ce qui a été précédemment exposé, il n'apparait pas qu'en considérant que l'admission exceptionnelle au séjour de M. A ne répondait pas à des considérations humanitaires et ne se justifiait pas au regard de motifs exceptionnels, le préfet de l'Eure ait fait une appréciation manifestement erronée de sa situation. S'agissant de la carte de séjour temporaire délivrée au titre de l'exercice d'une activité salariée, à supposer cette branche du moyen soulevée, elle est en tout état de cause inopérante, l'accord franco-tunisien susvisé réglant en intégralité les conditions dans lesquelles les ressortissants de ce pays peuvent se voir délivrer une carte de séjour temporaire en cette qualité.

17. En sixième lieu, outre ce qui a déjà exposé, M. A est entré en France et s'y maintient irrégulièrement, ne justifie d'aucune formation qualifiante ni d'aucune activité professionnelle actuelle ou passée ni d'aucune intégration particulière. Par suite, c'est sans entacher sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation particulière de son destinataire que le préfet de l'Eure a pu refuser de délivrer à M. A la carte de séjour temporaire sollicitée.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

18. Pour les mêmes motifs que ceux mentionnés aux points 8 à 17 du présent jugement, les moyens tirés de ce que la décision obligeant M. A à quitter le territoire français aurait été prise sans un examen individualisé de sa situation, qu'elle méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, celles de l'article 3.1 de la convention de New York relative aux droits de l'enfant et qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

19. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision de refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français ont tous été écartés. Dès lors, l'exception d'illégalité de ces décisions soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays à destination duquel M. A pourra être éloigné, ne peut qu'être écartée.

20. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés aux points 8 à 17 du présent jugement, les moyens tirés de ce que la décision fixant le pays à destination duquel M. A doit être éloigné méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3.1 de la convention de New York relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.

21. En dernier lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". L'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

22. Toutefois à l'appui de ce moyen, M. A se borne à soutenir qu'il appartiendrait à l'autorité administrative de démontrer en quoi il ne serait pas une personne à risque, sans même faire état du moindre risque le visant personnellement. Par suite, ce moyen ne saurait être sérieusement soulevé et doit être écarté comme mal fondé.

23. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées. Ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées par voie de conséquence. Ses conclusions tendant à l'octroi de frais d'instance doivent également être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er:La requête de M. A est rejetée.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de l'Eure.

Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Gaillard, présidente,

MM. Bouvet et Mulot, premiers conseillers,

Assistés de Mme Hussein, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.

Le rapporteur,

Robin Mulot

La présidente,

Anne Gaillard

La greffière,

Amélie Hussein

La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2203328

ah

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