LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2203338

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2203338

mardi 23 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2203338
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantLEROY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

D une requête enregistrée le 18 août 2022, M. A C, représenté D Me Leroy, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) à titre principal, d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 16 août 2022 D lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) à titre subsidiaire, d'annuler les modalités d'assignation à résidence en exigeant qu'il ne se présente qu'une fois D semaine, uniquement le vendredi ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 960 euros TTC à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, à lui verser directement sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. C soutient que :

- l'arrêté est insuffisamment motivé ;

- il n'a pas été précédé d'un examen complet et sérieux de sa situation ;

- l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français susceptible d'être relevée D la Cour administrative d'appel, priverait de base légale la mesure d'assignation à résidence ;

- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- cet arrêté porte atteinte tant au droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti D l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qu'à l'intérêt supérieur de ses enfants, protégé D l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- en ce qu'elles l'astreignent à ne pas sortir du territoire de la circonscription de sécurité publique de Rouen, les modalités de l'assignation à résidence présentent un caractère disproportionné eu égard, notamment, à sa situation professionnelle.

D un mémoire en défense enregistré le 19 août 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bouvet, premier conseiller ;

- les observations de Me Quèvremont, substituant Me Leroy, pour M. C, qui reprend les conclusions et moyens exposés dans la requête, et ajoute que l'arrêté est entaché d'une erreur de fait dès lors que le requérant dispose bien d'un passeport kosovar en cours de validité.

- les observations de M. C.

Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent ni représenté.

En application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, la clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant kosovar né le 1er février 1984, déclare être entré en France le 2 novembre 2015, accompagné de sa femme et de leurs deux enfants. Il a présenté le 7 décembre suivant, une demande d'asile qui a été rejetée D une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 26 avril 2016, confirmée D un arrêt de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) en date du 14 novembre 2016. A la suite du rejet de sa demande d'asile, l'intéressé a effectué, le 23 décembre 2016, une demande de titre de séjour " étranger malade ". Une carte de séjour valable du 10 mai 2017 au 9 mai 2018 lui a été délivrée dans ce cadre. Le 17 avril 2018, M. C a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. D courrier du 4 janvier 2021, l'intéressé a complété sa demande de titre de séjour sur le fondement des articles L. 313-11 7° et L. 313-10, alors en vigueur, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D arrêté du 17 mars 2021, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de renouveler le titre de séjour du requérant en raison de son état de santé et l'a obligé à quitter le territoire français. Cet arrêté a été annulé D jugement du tribunal administratif de Rouen du 19 novembre 2021 dès lors que le préfet ne s'était pas prononcé sur l'ensemble des fondements sollicités. D courrier du 28 septembre 2021, M. C a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 421-1 de ce code. D un arrêté du 4 octobre 2021, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de faire droit à sa demande et l'a obligé à quitter le territoire français. Le recours en annulation introduit D M. C dirigé contre cet arrêté a été rejeté D un jugement du tribunal administratif de Rouen en date du 2 juin 2022. D un arrêté en date du 16 août 2022, le préfet de la Seine-Maritime a assigné M. C à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. M. C demande l'annulation de cette décision.

Sur la demande d'aide juridictionnelle :

2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui rappelle, notamment, que M. C est sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français dont la légalité a été confirmée D un jugement du tribunal administratif de Rouen en date du 2 juin 2022, énonce l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles s'est fondé le préfet de la Seine-Maritime pour décider de prononcer à l'encontre de l'intéressé une assignation à résidence de courte durée. D suite, nonobstant la circonstance qu'il ne fait pas état de la situation familiale de M. C, ni ne vise les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, qui n'en constituent pas la base légale, l'arrêté litigieux est suffisamment motivé.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant avant d'adopter la décision litigieuse. En particulier, la seule circonstance que l'intéressé détienne un passeport kosovar valable jusqu'au 23 août 2027, ainsi que le rappelle l'arrêté, qui n'est dès lors pas entaché d'erreur de fait, ne faisait nullement obstacle à ce que l'autorité préfectorale décide d'assigner M. C à résidence en vue d'effectuer les démarches nécessaires à la mise en œuvre de son éloignement auprès des autorités consulaires kosovares.

5. En troisième lieu, il est constant que le recours en annulation dirigé contre l'obligation de quitter le territoire français prononcée le 4 octobre 2021 à l'encontre de M. C D le préfet de la Seine-Maritime, a été rejeté D un jugement du tribunal administratif de Rouen en date du 2 juin 2022. Ainsi, la mesure d'éloignement, base légale de l'assignation à résidence litigieuse, était bien exécutoire à la date d'adoption de la décision contestée, nonobstant la procédure non-suspensive introduite devant la Cour administrative d'appel de Douai. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, doit ainsi être écarté en tant qu'il est inopérant.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".

7. Au cas d'espèce, l'arrêté a été adopté en vue d'exécuter une obligation de quitter le territoire français sans délai dont la légalité a été confirmée D un jugement du tribunal administratif de Rouen en date du 2 juin 2022. En outre, l'intéressé dispose d'un passeport kosovar valable jusqu'au 23 août 2027. Il n'est pas établi que la durée de 45 jours, de l'assignation à résidence de M. C, pour permettre aux services préfectoraux d'effectuer les démarches consulaires en vue de mettre en œuvre son éloignement vers le Kosovo, présenterait un caractère disproportionné au regard des buts poursuivis. Au surplus, il n'incombe pas à l'autorité administrative de détailler, dans l'arrêté décidant d'une assignation à résidence adoptée en application de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les circonstances qui constituent le caractère raisonnable de la perspective d'éloignement d'un étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai ou dont le délai de départ volontaire a expiré. Il appartient en revanche à l'étranger qui conteste cet élément d'apporter des éléments de nature à caractériser l'absence de caractère raisonnable de cette perspective ou la preuve qu'il peut quitter immédiatement le territoire français. Au regard de l'ensemble de ces éléments, le moyen tiré de l'erreur de droit dans la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (). ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".

9. M. C, qui se prévaut de six années de séjour en France et de la présence, sur le territoire national, de son épouse et de ses trois enfants, fait valoir que le préfet a porté atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à l'intérêt supérieur de ses enfants en ne tenant pas compte de ces circonstances. Le requérant ajoute, D la voix de son conseil, à l'audience, que la cellule familiale ne peut se reconstituer dans son pays d'origine dès lors que la fille aînée mineure du couple, Erina, âgée de dix-sept ans, s'est récemment vue délivrer une carte de séjour temporaire " vie privée et familiale ". Toutefois, à les supposer établies, ces circonstances sont sans incidence sur la légalité de l'arrêté litigieux, qui ne statue ni sur le séjour ni sur l'éloignement du requérant mais se borne à l'assigner à résidence et à lui interdire de sortir sans autorisation de la circonscription de sécurité publique de Rouen. Au demeurant, l'intéressé est assigné à résidence au domicile familial. Enfin, le requérant, qui ne fait état d'aucun élément précis à ce sujet, ne démontre pas que les modalités de son assignation à résidence sont incompatibles avec l'exercice de son activité professionnelle. Au regard de ces éléments, les moyens tirés de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

10. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 16 août 2022 du préfet de la Seine-Maritime.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Leroy et au préfet de la Seine-Maritime.

Rendu public D mise à disposition au greffe le 23 août 2022.

Le magistrat désigné,

C. B

La greffière,

A. LENFANT

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir
← Retour aux décisions

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026