mardi 23 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2203393 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | GRATIEN SIMON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête sommaire enregistrée le 20 août 2022, M. F, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, du préfet de la Seine-Maritime portant " obligation de quitter le territoire français, refus d'octroi de délai de départ volontaire, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français " ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard, et de réexaminer sa situation ;
M. E soutient que :
- l'arrêté a été adopté par une autorité dont la compétence n'est pas justifiée ;
- les décisions qu'il comporte sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation quant à leurs conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 août 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis et VII ter du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les observations de Me Gratien, avocat commis d'office, pour M. E, qui indique : qu'il se désiste des conclusions de la requête sommaire dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français ; qu'il forme de nouvelles conclusions en annulation dirigées contre la décision du 18 août 2022 du préfet de la Seine-Maritime portant prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ; qu'il soulève le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au soutien de ses nouvelles conclusions ; que M. E doit impérativement pouvoir demeurer en France aux fins de prêter assistance à son épouse dont l'une des filles est paraplégique ;
- les observations de M. E, assisté de Mme C, interprète en géorgien.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A E, ressortissant géorgien né le 3 avril 1988 est entré en France le 9 mars 2019. Le 10 avril 2019, il a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), le 21 août 2019. Il a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 19 septembre 2019 aux fins de contester cette décision devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Par un arrêté du 21 octobre 2019, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination. M. E ne s'est pas conformé à cette obligation dont la légalité avait été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Rouen du 19 décembre 2019. Le 24 septembre 2020, le préfet de la Seine-Maritime a prononcé à l'encontre du requérant une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans. Le recours en annulation introduit par M. E contre cette décision a été rejeté par un jugement du tribunal administratif de Rouen du 20 novembre 2020. Par un arrêté du 24 septembre 2020, M. E a été placé en rétention administrative, puis libéré par une ordonnance du juge des libertés et de la détention du 27 septembre 2020. Il a ultérieurement fait l'objet d'une assignation à résidence de longue durée mais n'a pas respecté ses obligations de pointage. Le 21 décembre 2020, l'intéressé a été condamné par le tribunal correctionnel de Rouen pour, notamment, complicité de vol en bande organisée et non-respect de l'obligation de présentation périodique aux services de police ou de gendarmerie. Le 24 février 2021, le préfet de la Seine-Maritime a adopté à son encontre une prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français de deux ans dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Rouen du 12 mars 2021. Par un arrêté du 24 février 2021, le préfet de la Seine-Maritime l'a placé en rétention administrative. M. E a été libéré par une ordonnance du juge des libertés et de la détention en date du 27 février 2021. Le 23 mars 2022, le préfet de la Seine-Maritime a adopté un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de destination, interdiction de retour sur le territoire français de deux ans à l'encontre de M. E qui a été assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours par un arrêté du même jour. Le 3 mai 2022, cette assignation à résidence a été prolongée pour une nouvelle période de quarante-cinq jours. Le 27 juillet 2022, une prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français d'un an a été notifiée à l'intéressé qui a par ailleurs été placé en rétention administrative, avant d'en être libéré par une ordonnance du juge des libertés et de la détention du 30 juillet 2022. Par un arrêté du 18 août 2022, le préfet de la Seine-Maritime a prolongé d'un an l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à l'encontre de M. E. Le requérant, retenu au centre de rétention administrative de Oissel, demande l'annulation de cette dernière décision.
Sur le désistement partiel :
2. Par la voix de son conseil, à l'audience, M. E a indiqué se désister de ses conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français et des conclusions en injonction s'y rattachant. Ce désistement partiel est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur la recevabilité :
3. Aux termes des deux derniers alinéas du II de l'article R. 776-5 du code de justice administrative : " Lorsque le délai est de quarante-huit heures (), le second alinéa de l'article R. 411-1 n'est pas applicable et l'expiration du délai n'interdit pas au requérant de soulever des moyens nouveaux () / Le requérant qui, dans le délai de quarante-huit () a demandé l'annulation de l'une des décisions qui lui ont été notifiées simultanément peut, jusqu'à la clôture de l'instruction, former des conclusions dirigées contre toute autre de ces décisions ".
4. En application de ces dispositions, les conclusions formées par M. E, à l'audience, par la voix de son conseil, avant la clôture de l'instruction, et dirigées contre la décision du 18 août 2022 du préfet de la Seine-Maritime portant prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français, sont recevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
6. M. E fait valoir qu'il réside depuis 2018 en France avec son épouse et les deux enfants de cette dernière, issus d'une précédente union. Toutefois, il n'est pas contesté que le requérant n'a pas exécuté la mesure d'obligation de quitter le territoire français édictée le 21 octobre 2019 par le préfet de la Seine-Maritime, pas plus qu'il ne s'est conformé à l'obligation de quitter le territoire français sans délai prononcée le 23 mars 2022 dans les conditions rappelées au point n°1, par cette même autorité, de sorte que le requérant ne peut utilement se prévaloir de sa durée de séjour sur le territoire national, laquelle résulte, notamment, de ce qu'il s'est soustrait aux deux mesures d'éloignement précitées. En outre, l'intéressé, qui a été condamné, le 21 décembre 2020, à quatre mois d'emprisonnement avec sursis par le tribunal judiciaire de Rouen pour vol en bande organisée, ne justifie d'aucune insertion professionnelle. La circonstance, dont se prévaut le requérant à l'audience, que la fille aînée de son épouse est paraplégique, son état nécessitant impérativement sa présence à ses côtés, n'est pas démontrée par les pièces versées aux débats. Enfin, la seule circonstance que M. E vive en France avec sa famille n'est pas de nature à conférer à la décision d'interdiction de retour sur le territoire français contestée un caractère disproportionné alors, notamment, que son épouse, de nationalité géorgienne, tout comme lui, se trouve également en situation irrégulière. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
7. En deuxième lieu, au regard des éléments précédemment exposés, l'erreur manifeste d'appréciation invoquée par le requérant n'est pas établie.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à solliciter l'annulation de l'arrêté du 18 août 2022 du préfet de la Seine-Maritime. Ses conclusions à fin d'annulation dirigées contre cette décision doivent dès lors être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : Il est donné acte du désistement des conclusions de la requête de M. E tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français et des conclusions en injonction s'y rattachant.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F et au préfet de la
Seine-Maritime.
Jugement lu en audience publique le 23 août 2022.
Le magistrat désigné,
Signé :
C. B
La greffière,
Signé :
M. D
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026