mardi 30 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2203474 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | LEROY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 26 août 2022, M. F E, représenté par Me Leroy, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 2 août 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un mois ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 2 août 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence, et à titre subsidiaire, d'annuler cet arrêté en ce qu'il lui est fait obligation de se présenter plus d'une fois par semaine dans les locaux de la police aux frontières ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, en cas d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français, à titre principal, de lui délivrer une carte de résident dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et à titre subsidiaire, de réexaminer son admission au séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, et en toute hypothèse, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, en cas d'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français, de supprimer le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat à titre principal, une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, et à titre subsidiaire, la même somme à lui verser directement au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est intervenue au terme d'une procédure ayant méconnu " le droit à une bonne administration, incluant le droit d'être entendu et les obligations de motivation et d'examen complet et sérieux de sa situation " ;
- serait dépourvue de base légale en cas d'annulation, par la cour administrative de Douai, de la décision du 16 février 2021 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour ;
- méconnaît le principe selon lequel un étranger devant se voir attribuer de plein droit un titre de séjour ne peut être éloigné, dès lors qu'il peut se voir délivrer une carte de résident sur le fondement de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une carte de séjour temporaire sur le fondement de l'article L. 423-23 du même code ou encore bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code précité ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
- est intervenue au terme d'une procédure ayant méconnu " le droit à une bonne administration, incluant le droit d'être entendu et les obligations de motivation et d'examen complet et sérieux de sa situation " ;
- est entachée d'illégalité par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision fixant le pays de renvoi :
- est intervenue au terme d'une procédure ayant méconnu " le droit à une bonne administration, incluant le droit d'être entendu et les obligations de motivation et d'examen complet et sérieux de sa situation " ;
- est entachée d'illégalité par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- est intervenue au terme d'une procédure ayant méconnu " le droit à une bonne administration, incluant le droit d'être entendu et les obligations de motivation et d'examen complet et sérieux de sa situation " ;
- est entachée d'illégalité par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant assignation à résidence :
- est intervenue au terme d'une procédure ayant méconnu " le droit à une bonne administration, incluant le droit d'être entendu et les obligations de motivation et d'examen complet et sérieux de sa situation " ;
- est entachée d'illégalité par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 août 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Par une décision du 18 octobre 2021, le président du tribunal a désigné M. G comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter et VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 30 août 2022, le magistrat désigné a présenté son rapport. Ont été entendues les observations de Me Quèvremont, substituant Me Leroy pour M. E, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans la requête. Elle a rappelé que M. E doit se voir délivrer un titre de séjour de plein droit en vertu de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en raison de la qualité de réfugiée de sa compagne, avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité il y a environ deux ans, leur vie commune n'étant en outre pas contestée. Elle a en outre souligné le défaut d'examen par le préfet de la situation de l'intéressé, compte tenu des éléments nouveaux de sa situation, liés à l'ancienneté de son union civile et à la naissance de son enfant, demandeur d'asile. Elle a également précisé d'une part, que compte tenu du statut de la compagne de M. E et de son enfant, la cellule familiale ne peut se reconstituer dans le pays d'origine de l'un ou de l'autre des partenaires, de nationalités différentes, et d'autre part, que l'éloignement de son client aurait pour effet de priver son enfant d'un de ses deux représentants légaux. Elle a enfin rappelé que M. E ne présente pas un risque de fuite. Ont été également entendues les observations de M. E, ainsi que celles de Mme L H, sa compagne. Ont enfin été entendues les observations de M. J C, représentant la Cimade, de M. A B, représentant l'association Pastorale des migrants, et de M. D I, bailleur de M. E, lesquels ont tous témoigné de l'insertion du requérant et de la stabilité de sa relation avec Mme H.
Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. F E, ressortissant ivoirien né le 20 avril 1975, déclare être entré en France le 27 janvier 2013. L'intéressé a déposé, le 29 mars 2013, une demande d'asile en préfecture de la Seine-Maritime. Par décision du 10 octobre 2013, confirmée par une décision de la cour nationale du droit d'asile du 22 mai 2014, l'office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté cette demande. Par arrêté du 19 septembre 2014, le préfet de la Seine-Maritime a fait obligation à M. E de quitter le territoire français. Par un jugement n° 1502175 du 20 octobre 2015, confirmé par une ordonnance n°15DA01767 du président de la cour administrative d'appel de Douai du 16 décembre 2015, le tribunal administratif de Rouen a rejeté le recours de M. E contre cet arrêté. Le 18 mai 2017, M. E a sollicité un titre de séjour sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 19 mars 2018, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté la demande de titre de séjour de M. E et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Le 29 juin 2020, l'intéressé a déposé une nouvelle demande de titre de séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 16 février 2021, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté la demande de titre de séjour de M. E, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un mois. Par un jugement n° 2100977 du 13 août 2021, le tribunal administratif de Rouen a rejeté le recours de M. E contre cet arrêté. Après son audition, le 19 juillet 2022, à fin de vérification de son droit au séjour et par le premier arrêté attaqué du 2 août 2022, le préfet de la Seine-Maritime a fait obligation à M. E de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un mois. Par le second arrêté du même jour, le préfet de la Seine-Maritime a assigné l'intéressé à résidence.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire en application des dispositions mentionnées au point précédent.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 2 août 2022 en ce qu'il porte obligation de quitter le territoire français :
4. Indépendamment de l'énumération prévue par l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour. Lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement faire l'objet d'une mesure d'éloignement.
5. Aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La carte de résident prévue à l'article L. 424-1, délivrée à l'étranger reconnu réfugié, est également délivrée à : () / 2° Son conjoint ou son partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est postérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile, à condition que le mariage ou l'union civile ait été célébré depuis au moins un an et sous réserve d'une communauté de vie effective entre époux ou partenaires, sans que la condition de régularité du séjour ne soit exigée ; () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. E a conclu une union civile, le 22 juin 2020, avec Mme H, titulaire, en qualité de réfugiée, d'une carte de résident délivrée le 2 avril 2020 par le préfet de la Seine-Maritime. Il ressort également des pièces du dossier, et n'est pas contesté, que M. E vit avec sa partenaire au moins depuis le 21 décembre 2019, avec laquelle il a eu un enfant, né le 31 mars 2022 et actuellement demandeur d'asile. Dans ces conditions et alors en outre que la condition de régularité du séjour de M. E n'est pas exigé, celui-ci est fondé à soutenir qu'il doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour en vertu des dispositions citées au point précédent, laquelle circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe rappelé au point 4 doit être accueilli.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens invoqués au soutien des conclusions dirigées contre la décision attaquée, que M. E est fondé à demander l'annulation de la décision du 2 août 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français, de même que, par voie de conséquence, des décisions du même jour refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, fixant le pays de renvoi de la mesure d'éloignement et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un mois.
En ce qui concerne l'arrêté du 2 août 2022 portant assignation à résidence :
8. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
9. Il résulte de ce qui a été dit au point 7 que l'arrêté du 2 août 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a assigné M. E à résidence doit être annulé par voie de conséquence de l'annulation de la décision du même jour par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai.
10. Il résulte de ce qui précède que M. E est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 2 août 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
12. Outre la fin de la mesure d'assignation à résidence, l'exécution du présent jugement implique, en application des dispositions citées au point précédent, que M. E se voit délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il soit de nouveau statué sur sa situation. Il y a dès lors lieu d'enjoindre au préfet compétent de procéder au réexamen de la situation de l'intéressé, au regard des motifs exposés au point 6, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de ce réexamen. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
13. En second lieu, aux termes de l'article R. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement ".
14. L'exécution du présent jugement implique également, en application des dispositions citées au point précédent, la suppression du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen dans les conditions prévues à l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 susvisé. Il y a dès lors lieu d'enjoindre au préfet compétent de procéder à cette suppression dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions au titre des frais exposés et non compris dans les dépens :
15. M. E a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Leroy, avocate de M. E, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Leroy d'une somme de 1 200 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. K le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros lui sera versée directement.
D E C I D E :
Article 1 : L'arrêté du 2 août 2022 du préfet de la Seine-Maritime portant obligation de quitter le territoire sans délai, fixation du pays de renvoi de cette mesure d'éloignement et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un mois, est annulé.
Article 2 : L'arrêté du 2 août 2022 du préfet de la Seine-Maritime portant assignation à résidence est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet compétent de procéder au réexamen de la situation de M. E, dans les conditions fixées au point 12, dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de ce réexamen.
Article 4 : Il est enjoint au préfet compétent de procéder à la suppression du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen dont fait l'objet M. E dans les conditions fixées au point 14, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement.
Article 5 : Sous réserve de l'admission définitive de M. E à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Leroy renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Leroy, avocate de M. E, une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. K le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 200 euros lui sera versée directement.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. F E, à Me Leroy et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 30 août 2022.
Le magistrat désigné,
J. GLa greffière,
A. Lenfant
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026