mercredi 14 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2203653 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | FRANCE TERRE D'ASILE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2022, M. A C, retenu au centre de rétention de Oissel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 septembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai en fixant son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle a été prise en méconnaissance de son droit d'être préalablement entendu ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 425-1 du même code dès lors qu'il n'a pas été informé de la possibilité de bénéficier du titre de séjour prévu par les dispositions de l'article L. 425-1 du même code ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, le préfet s'étant fondé à tort sur le 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'illégalité du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 septembre 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- La requête est irrecevable pour tardiveté ;
- Les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Par un courrier du 14 septembre 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de la tardiveté de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- et les observations de Me Lepeuc, représentant M. C, assisté de M. B, interprète en langue arabe qui reprend les conclusions et moyens exposés dans la requête, précise qu'il n'a pas eu accès à une association lui permettant de déposer son recours, qu'il n'a pas pu déposer son recours puisqu'il n'était pas en possession de la décision contestée, qu'il va prochainement être entendu en qualité de victime dans le cadre d'une procédure pénale ouverte pour des faits de traite des êtres humaines et enfin soulève un moyen tiré de l'absence de saisine du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent ni représenté.
En application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, la clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'appel de l'affaire.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 25 décembre 2003 à Algérie, déclare être entré en France en 2020. Par l'arrêté attaqué du 5 septembre 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis a obligé le requérant à quitter sans délai le territoire français en fixant son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.
2. Aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " () / II. - Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. Cette notification fait courir ce même délai pour demander la suspension de l'exécution de la décision d'éloignement dans les conditions prévues à l'article L. 752-5 du même code. ". En outre, selon l'article R. 776-18 du même code : " Les décisions attaquées sont produites par l'administration. " Enfin, aux termes de l'article R. 776-19 du code de justice administrative : " Si, au moment de la notification d'une décision mentionnée à l'article R. 776-1, l'étranger est retenu par l'autorité administrative, sa requête peut valablement être déposée, dans le délai de recours contentieux, auprès de ladite autorité administrative ".
3. En cas de rétention ou de détention, lorsque l'étranger entend contester une décision prise sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour laquelle celui-ci a prévu un délai de recours bref, notamment lorsqu'il entend contester une décision portant obligation de quitter le territoire sans délai, il incombe à l'administration de faire figurer, dans leur notification à un étranger retenu ou détenu, la possibilité de déposer sa requête dans le délai de recours contentieux auprès de l'administration chargée de la rétention ou du chef de l'établissement pénitentiaire.
4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 5 septembre 2022 portant obligation de quitter le territoire français a été notifié à M. C, par l'intermédiaire d'un interprète, le 6 septembre 2022, alors qu'il était retenu au sein du local de rétention administrative de Bobigny. L'arrêté mentionne, outre les délais et voies de recours ouverts contre cette décision, que l'intéressé a la possibilité de déposer son recours, dans le délai de recours contentieux auprès du greffe de l'établissement ou du chef d'établissement. Il ressort des pièces du dossier, ainsi que le requérant le mentionne lui-même dans sa requête, que la présente requête a été enregistrée le 9 septembre 2022, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours de quarante-huit heures. Si le requérant soutient, dans ses écritures et lors de ses observations à l'audience, qu'il a été dans l'incapacité de déposer son recours dans les délais de recours contentieux, il n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations, la circonstance qu'il ne disposait pas de la décision contestée étant sans incidence dès lors qu'il appartient à l'administration de la produire. Enfin, M. C ne peut utilement soutenir que les délais et voies de recours, la notification ne précisant pas l'identité de la personne ayant procédé à la notification de l'arrêté contesté, ne sont pas opposables, aucune règle, ni aucun principe n'imposant une telle information. Dans ces conditions, la requête, qui n'a été enregistrée que le 6 septembre 2022, est tardive et ne peut, par suite, qu'être rejetée.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation l'arrêté du 05 septembre 2022 du préfet de la Seine-Saint-Denis. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C et à la Préfecture de la Seine-Saint-Denis.
Lu en audience publique le 14 septembre 2022.
La magistrate désignée,
H. D
La greffière,
S. DANETLa République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026