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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2203706

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2203706

vendredi 16 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2203706
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantFRANCE TERRE D'ASILE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 septembre 2022, Mme B A demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 septembre 2022 par lequel le préfet du Nord l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de sa destination, lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans et a procédé à son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dès la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard, et de procéder à un nouvel examen de sa situation.

Mme A soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- l'auteur de la décision attaquée était incompétent pour l'édicter ;

- la décision contestée est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est illégale dès lors que le préfet n'a pas pris en considération l'intérêt supérieur de sa fille mineure ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- l'auteur de la décision attaquée était incompétent pour l'édicter ;

- la décision contestée est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle dès lors qu'elle ne présente pas de risque de soustraction à la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- l'auteur de la décision attaquée était incompétent pour l'édicter ;

- la décision contestée est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est illégale dès lors que le préfet n'a pas pris en considération l'intérêt supérieur de sa fille mineure ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- l'auteur de la décision attaquée était incompétent pour l'édicter ;

- la décision contestée est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ;

- elle est illégale dès lors que le préfet n'a pas pris en considération l'intérêt supérieur de sa fille mineure ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de la particularité de sa situation.

La requête a été communiquée le 14 septembre 2022 au préfet du Nord, qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme G en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Thielleux, magistrate désignée ;

- les observations de Me Gomez, représentant Mme A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'elle développe ;

- les observations de Mme A, qui répond aux questions posées par le tribunal ;

- et les observations de Me Boukerzi, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante algérienne née le 29 mars 2003, est entrée en France le 5 mai 2018 sous couvert d'un visa de court séjour valable du 15 avril au 11 octobre 2018 pour une durée de séjour autorisée de trente jours. Par une décision du 28 décembre 2018, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a refusé de faire droit à la demande d'asile formulée par l'intéressée, décision confirmée le 10 avril 2019 par la Cour nationale du droit d'asile. Le 11 septembre 2022, Mme A a fait l'objet d'une interpellation par les services de police. Par l'arrêté attaqué du 12 septembre 2022, le préfet du Nord a obligé Mme A à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, par un arrêté du 20 juin 2022, régulièrement publié le même jour au recueil n° 151 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme E D, attachée d'administration de l'Etat, adjointe à la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, à l'effet de signer, notamment, les décisions portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée manque en fait et doit, dès lors, être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision contestée, qui n'avait par ailleurs pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments afférents à la situation personnelle de Mme A, mentionne, avec une précision suffisante, les circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement pour mettre utilement la requérante en mesure de discuter les motifs de cette décision et le juge d'exercer son contrôle. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision contestée doit être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

5. S'il est constant que Mme A est entrée en France le 5 mai 2018, elle n'établit pas, par les seules pièces qu'elle produit, la continuité de son séjour, alors qu'il ressort par ailleurs des pièces du dossier qu'elle a donné naissance à une fille, C, le 19 mai 2021 à Bruxelles. S'il n'est pas contesté que la mère adoptive et la sœur de la requérante résident sur le territoire français, il ressort toutefois des pièces du dossier que la fille mineure de Mme A réside à Bruxelles, et, depuis le 22 septembre 2021, à la " Maison des Petits " du service résidentiel général en application d'un jugement du tribunal de la jeunesse francophone de Bruxelles. Il ressort également des pièces du dossier que Mme A est défavorablement connue des services de police français pour des faits de vol aggravé avec violences, vol simple, vol à l'étalage, vol dans un moyen de transport collectif de voyageurs et vol en réunion. La requérante ne justifie d'aucune insertion sociale ou professionnelle en France et n'établit pas qu'elle ne pourrait se réinsérer socialement et professionnellement en Algérie, où elle a vécu la majorité de son existence. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme A une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis et n'a, dès lors, pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce moyen doit, par suite, être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

7. Il est en l'espèce constant que la fille mineure de Mme A réside en Belgique, où elle a été placée en pouponnière. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

8. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Nord aurait entaché la décision contestée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de la requérante.

9. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 12 septembre 2022 par laquelle le préfet du Nord l'a obligée à quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

10. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " et aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

11. En l'espèce, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que Mme A aurait explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet. A cet égard, la circonstance que l'intéressée a déclaré aux services de police, lors d'une audition s'étant déroulée le 12 septembre 2022, souhaiter être éloignée à destination de la Belgique, ne saurait être regardée comme une déclaration explicite d'une intention de ne pas se conformer à une décision portant obligation de quitter le territoire français. De plus, s'il est constant que Mme A a perdu son passeport, elle a toutefois justifié, d'une part, avoir déposé, le 9 novembre 2021, une déclaration de perte de ce document auprès du consul général d'Algérie à Lille, et, d'autre part, être titulaire d'une attestation du 9 novembre 2021 par lequel le consul général d'Algérie atteste de ce qu'elle a déposé une demande de passeport. Dans ces conditions, Mme A, qui justifie au demeurant d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale, a accepté de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité et bénéficie d'un droit de visite hebdomadaire auprès de sa fille mineure résidant à Bruxelles, ne peut être regardée comme entrant dans le champ d'application des dispositions précitées des 4° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de ce que la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est illégale dès lors que Mme A ne présente pas de risque de soustraction à la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet doit, dès lors, être accueilli.

12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête invoqués au soutien des conclusions dirigées à l'encontre de la décision attaquée, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 12 septembre 2022 par laquelle le préfet du Nord lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de destination :

13. En premier lieu, la décision attaquée vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et mentionne que Mme A n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires aux stipulations de ce même article en cas de retour dans son pays d'origine ou dans tout autre pays dans lequel elle serait légalement admissible, et que sa demande d'asile a été rejetée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

14. En deuxième lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire doit être écarté.

15. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 5 et 7 du présent jugement, et alors que les seules pièces produites ne permettent pas d'établir que Mme A exercerait effectivement, de manière hebdomadaire, ou à tout le moins régulière, le droit de visite de sa fille mineure dont elle bénéficie, les moyens tirés de ce que la décision contestée aurait été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, doivent être écartés.

16. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Nord aurait entaché la décision contestée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de la requérante.

17. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 12 septembre 2022 par laquelle le préfet du Nord a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

18. Aux termes L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

19. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire doit être accueilli.

20. Au demeurant, Mme A doit être regardée comme soutenant que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation. Eu égard à la durée de présence de la requérante sur le territoire français, sur lequel elle est arrivée mineure, accompagnée de sa mère adoptive, dont elle soutient sans être contestée qu'elle réside également en France, de même que sa sœur, ainsi qu'aux circonstances qu'elle n'a fait l'objet d'aucune précédente mesure d'éloignement et qu'elle bénéficie d'un droit de visite auprès de sa fille mineure résidant à Bruxelles, et alors même que sa présence sur le territoire national peut être regardée comme présentant une menace pour l'ordre public, le préfet du Nord a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en fixant à trois ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français dont Mme A fait l'objet.

21. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête invoqués au soutien des conclusions dirigées à l'encontre de la décision attaquée, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 12 septembre 2022 par laquelle le préfet du Nord lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

22. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est seulement fondée à demander l'annulation des décisions du 12 septembre 2022 portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

23. D'une part, aux termes de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision de ne pas accorder de délai de départ volontaire est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin rappelle à l'étranger son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative en application des articles L. 612-1 ou L. 612-2. Ce délai court à compter de sa notification. ".

24. D'autre part, aux termes de l'article R. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement. ".

25. L'exécution du présent jugement, qui ne prononce pas l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de la requérante, n'implique pas nécessairement que Mme A soit mise en possession d'une autorisation provisoire de séjour ni que le préfet réexamine sa situation. Il appartient en revanche au préfet de procéder à la suppression de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen et de mettre fin aux mesures de surveillance de l'intéressée.

26. Par ailleurs, conformément aux dispositions précitées de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il est rappelé à Mme A son obligation de quitter le territoire français, le cas échéant, dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions du 12 septembre 2022 du préfet du Nord portant refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans sont annulées.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A au préfet du Nord.

Lu en audience publique le 16 septembre 2022.

La magistrate désignée,

Signé :

D. G

La greffière,

Signé :

M. F

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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