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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2203718

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2203718

jeudi 22 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2203718
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantMARY-INQUIMBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2022, M. D A, représenté par Me Inquimbert, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 mai 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant son pays de destination ;

2°) d'annuler l'arrêté du 13 septembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

3°) d'annuler l'arrêté du 13 septembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

4°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros hors taxes à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

s'agissant de la décision portant refus de séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît l'article L. 421-3 et l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

s'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

s'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle méconnaît le principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît le paragraphe 1 de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

s'agissant de la décision d'assignation à résidence :

- elle méconnaît le principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 16 septembre 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B, qui a informé les parties, conformément aux dispositions combinées des articles R. 611-7 du code justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination du 24 mai 2022,

- les observations de Me Barhoum substituant Me Inquimbert, représentant M. A, qui reprend les conclusions et moyens exposés dans la requête et ajoute que le requérant a obtenu son diplôme en juin 2022, que le préfet a commis une erreur de fait en lui reprochant des faits commis le 10 juin 2021 et que le requérant ne constitue pas une menace à l'ordre public.

Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent ni représenté.

En application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, la clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant ivoirien né le 24 juillet 2001 à Port Bouet, déclare être entré en France le 6 décembre 2018. A la suite de sa prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance, le préfet de la Seine-Maritime lui a délivré un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, valable du 27 avril 2021 au 26 avril 2022. Le 31 mars 2022, il a demandé le renouvellement de son titre de séjour. Par l'arrêté attaqué du 24 mai 2022, le préfet a refusé de faire droit à sa demande, a obligé le requérant à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé à l'expiration de ce délai. Par un second arrêté du 13 septembre 2022, dont le requérant demande également l'annulation, le préfet de la Seine-Maritime a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président / () ". En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 30 mai 2022 portant refus de séjour :

3. Aux termes de l'article R. 776-17 du code de justice administrative : " Lorsque l'étranger est placé en rétention ou assigné à résidence après avoir introduit un recours contre la décision portant obligation de quitter le territoire ou après avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle en vue de l'introduction d'un tel recours, la procédure se poursuit selon les règles prévues par la présente section. Les actes de procédure précédemment accomplis demeurent valables. L'avis d'audience se substitue, le cas échéant, à celui qui avait été adressé aux parties en application de l'article R. 776-11. / Toutefois, lorsque le requérant a formé des conclusions contre la décision relative au séjour notifiée avec une obligation de quitter le territoire, il est statué sur cette décision dans les conditions prévues à la sous-section 1 ou à la sous-section 2 de la section 2, selon le fondement de l'obligation de quitter le territoire. () ".

4. Il résulte de ces dispositions qu'il n'appartient pas au magistrat désigné saisi selon la procédure prévue aux articles R. 776-14 et suivants du code de justice administrative de se prononcer sur la légalité de la décision par laquelle le préfet a refusé de délivrer un titre de séjour à un étranger.

5. Après avoir pris un premier arrêté du 24 mai 2022 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi, le préfet de la Seine-Maritime a pris, le 13 septembre 2022, un second arrêté prononçant à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et l'a assigné à résidence sur le fondement de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les conclusions de M. A dirigées contre les décisions du 24 mai 2022 portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi, ainsi que celles dirigées contre l'arrêté du 13 septembre 2022 doivent être jugées par un juge unique sans conclusions d'un rapporteur public. En revanche, aucune disposition ne donne compétence à ce juge pour connaître des conclusions portant refus de séjour contenues dans l'arrêté du 24 mai 2022. Ces conclusions doivent donc être renvoyées devant la formation collégiale du tribunal. De même, doivent y être renvoyées les conclusions aux fins qu'il soit enjoint sous astreinte au préfet de délivrer un titre de séjour à M. A, auxquelles il ne pourrait être fait droit qu'en conséquence de l'annulation de la décision portant refus de séjour, et les conclusions aux fins qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, lesquelles ne pourront être appréciées que lorsqu'il aura été statué sur l'ensemble des conclusions de M. A.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, la décision contestée, qui vise les textes applicables, expose la situation personnelle de M. A et énonce les raisons pour lesquelles le préfet a décidé de refuser de lui délivrer un titre de séjour. La décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour comportant l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde avec une précision suffisante pour permettre à l'intéressé d'en comprendre les motifs, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'obligation de quitter le territoire français ne peut, dès lors, qu'être écarté.

7. En deuxième lieu, faute pour M. A d'avoir démontré l'illégalité la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour doit être écarté.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".

9. M. A fait valoir qu'il réside en France depuis quatre années, qu'il est père d'un enfant français et a bénéficié d'un contrat d'apprentissage dans le cadre de sa formation professionnelle. Toutefois, la circonstance que le requérant a suivi une formation professionnelle n'est pas suffisante, à elle seule, pour justifier de son intégration professionnelle. En outre, M. A ne justifie par aucune pièce versée au dossier de la réalité et de l'intensité des liens qu'il entretiendrait avec l'enfant de sa compagne qu'il a reconnu le 6 avril 2021. Enfin, il ressort des pièces du dossier que M. A a été condamné pénalement à une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis assortie d'un sursis probatoire de deux ans pour des faits de violences ayant entrainé une incapacité supérieure à huit jours de sa concubine. Dans ces conditions, compte tenu de la menace à l'ordre public que constitue M. A, en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet n'a pas porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.

10. En quatrième lieu, alors que M. A ne conteste pas avoir commis des faits de violence sur la personne de sa compagne le 9 juin 2021, la circonstance que le préfet ait mentionné dans ses écritures, pour relater ces évènements, une date erronée est sans incidence sur la légalité de la décision. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; ".

12. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A contribuerait effectivement à l'entretien et l'éducation de l'enfant qu'il a reconnu le 6 avril 2021. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit par suite être écarté.

13. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision l'obligeant à quitter le territoire français sur sa situation personnelle.

14. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.

Sur la décision fixant le pays de destination :

15. En premier lieu, l'arrêté, qui vise notamment l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, précise la nationalité du requérant et qu'il n'établit pas être soumis à des tortures ou à des traitements inhumains en cas de retour dans son pays d'origine. La décision est ainsi suffisamment motivée en droit et en fait.

16. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 14 du présent jugement que le moyen tiré de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

17. En troisième lieu, il résulte des motifs exposés au point 9 que le moyen tiré de la méconnaissance de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

18. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation.

19. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

20. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a été entendu par les services de police le 12 septembre 2022 sur sa situation administrative et personnelle. Au demeurant, le requérant n'établit ni même n'allègue avoir été empêché de présenter à l'administration, au cours de son audition, les éléments pertinents sur sa situation qu'il jugeait utiles. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu doit être écarté.

21. En deuxième lieu, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, suffisamment motivée.

22. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 14 du présent jugement que le moyen tiré de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

23. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. "

24. La circonstance que M. A a saisi le bureau d'aide juridictionnelle en vue de contester la décision du 24 mai 2022 l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours n'a pas eu pour effet d'ôter à cette mesure son caractère exécutoire. Par suite, le préfet de la Seine-Maritime pouvait, le 13 septembre 2022, se fonder sur les dispositions précitées de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour interdire à l'intéressé, qui s'était maintenu en France après l'expiration de ce délai, le retour en France pendant la durée d'un an. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit, dès lors, être écarté.

25. En cinquième lieu, les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne sont applicables qu'aux procédures contentieuses suivies devant les juridictions lorsqu'elles statuent sur des droits ou obligations de caractère civil ou sur des accusations en matière pénale et non aux procédures administratives. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article ne saurait être utilement invoqué par le requérant à l'encontre de la décision contestée.

26. En sixième lieu, il résulte des motifs exposés au point 9 que le moyen tiré de la méconnaissance de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

27. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A, dont la présence en France est récente, ne justifie pas d'une particulière insertion sociale et professionnelle, et n'établit pas qu'il entretiendrait des liens intenses et constants avec l'enfant qu'il a reconnu le 6 avril 2021. Il ressort également des pièces du dossier que M. A a été condamné à une peine d'emprisonnement de six mois avec sursis assortie d'un sursis probatoire de deux ans pour des faits de violences suivi d'incapacité supérieure à huit jours sur sa concubine. Dans ces conditions, en lui interdisant le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an, et alors même que M. A a introduit une demande d'aide juridictionnelle en vue de contester la décision portant refus de titre de séjour, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation.

28. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français.

Sur la décision prononçant une assignation à résidence :

29. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 20, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

30. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui n'a pas à faire référence à l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé, mentionne les dispositions dont il fait application et indique que l'assignation à résidence de M. A a pour but de permettre l'exécution de la mesure dont il fait l'objet. Il comporte ainsi les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

31. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision contestée serait privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

32. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".

33. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet se serait mépris sur la simple possibilité dont il dispose, en vertu des dispositions précitées, pour assigner M. A à résidence. En outre, contrairement à ce qui est soutenu, M. A ne justifie d'aucun titre en cours de validité l'autorisant à séjourner sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

34. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur d'appréciation des conséquences de la décision sur la situation du requérant.

35. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions contenues dans l'arrêté du 24 mai 2022 portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi, ni l'arrêté du 13 septembre 2022 du préfet de la Seine-Maritime.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Les conclusions de la requête de M. A aux fins d'annulation de la décision du 24 mai 2022 portant refus de titre de séjour ainsi que celles à fin d'injonction et d'astreinte et au titre des frais liés au litige, en tant qu'elles s'y rattachent, sont renvoyées à une formation collégiale du tribunal.

Article 3 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à la Selarl Mary et Inquimbert et au préfet de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.

La magistrate désignée,

Signé :

H. B

La greffière,

Signé :

M. C La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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