jeudi 27 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2203812 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 3 |
| Avocat requérant | MANSOURI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 septembre 2022, M. A E, représenté par Me Mansouri demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 septembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et l'a astreint à une obligation de présentation afin de justifier des diligences nécessaires à l'organisation de son départ ;
2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation et de lui délivrer une carte de séjour " salarié " ; à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de trente jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. E soutient que :
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- a été adoptée par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée ;
- n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision fixant le pays de destination :
- est illégale pour être fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
La décision portant obligation de présentation :
- a été adoptée par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- procède d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 octobre 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter et VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique de 10 heures, le rapport de M. Bouvet, premier conseiller, a été entendu.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
En application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, la clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A E, ressortissant algérien né le 6 octobre 1995, déclare être entré en France, le 10 février 2020, muni d'un visa de court-séjour délivré par les autorités espagnoles. Le 13 septembre 2022, il a fait l'objet d'une retenue administrative à la suite d'un contrôle routier. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sous trente jours, a fixé son pays de destination et l'a astreint à une obligation de présentation périodique à la Police aux Frontières de Rouen aux fins de justifier des diligences entreprises en vue de son départ. M. E demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la compétence du signataire de l'arrêté :
2. L'arrêté en litige a été signé par Mme B D, cheffe du bureau de l'éloignement à la préfecture de la Seine-Maritime, qui bénéficiait, par arrêté n°22-052 du 29 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, d'une délégation du préfet de la Seine-Maritime, à l'effet de signer, notamment, les décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté manque en fait.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, la décision litigieuse cite les dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et rappelle, notamment, que M. E, ressortissant algérien est démuni de tout titre l'autorisant à séjourner en France. La décision comporte ainsi l'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Elle est, dès lors, suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la motivation de l'acte attaqué, que le préfet de la Seine-Maritime a procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant avant d'adopter la mesure d'éloignement en litige.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. E, qui séjournait sur le territoire national depuis moins de trois ans à la date d'adoption de la décision en litige, n'a jamais effectué de demande de titre de séjour. L'intéressé est célibataire, sans charge de famille en France. S'il justifie d'un contrat de travail à durée indéterminée conclu avec la société KABTELECOM pour un emploi d'installateur de câble de fibre optique, cette insertion professionnelle ne suffit pas, par elle-même, à démontrer qu'il aurait fixé en France le centre de sa vie privée et familiale. Il en va de même s'agissant de la présence, sur le territoire national, de cinq de ses frères et sœurs, avec lesquels il ne démontre pas entretenir de liens. Enfin, l'intéressé n'est pas dépourvu d'attaches personnelles et familiales en Algérie où demeurent toujours ses parents et quatre de ses frères et sœurs. Au regard de l'ensemble de ces éléments, la décision litigieuse n'est pas entachée de méconnaissance des dispositions citées au point n°5, pas plus qu'elle n'est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
7. Il résulte de ce qui a été exposé aux points précédents que l'obligation de quitter le territoire français opposée à M. E n'est pas illégale. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir de son illégalité au soutien de ses conclusions dirigées contre la décision fixant son pays de renvoi.
En ce qui concerne la décision portant obligation de présentation périodique :
8. En premier lieu, si l'obligation de présentation à laquelle un étranger est susceptible d'être astreint est une décision distincte de celles l'obligeant à quitter le territoire français et lui accordant un délai de départ volontaire, elle concourt néanmoins à la mise en œuvre de l'obligation de quitter le territoire. Dès lors, sa motivation peut, outre la référence à l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, se confondre avec celle de l'obligation de quitter le territoire français assortie d'un délai de départ volontaire. Ainsi qu'il a été dit au point n°3, la décision portant obligation de quitter le territoire français est suffisamment motivée. Par suite, la décision portant obligation de présentation l'est également.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. ".
10. M. E fait valoir que le préfet de la Seine-Maritime a commis une erreur de droit dans la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ne fixant aucune limite de durée à l'obligation qui lui est faite de se présenter une fois par semaine à la Police aux Frontières (PAF) de Rouen. Toutefois, il ressort des termes mêmes des dispositions précitées que la durée de l'obligation de présentation ne peut excéder la durée du délai de départ volontaire octroyé par l'autorité, soit trente jours, en l'espèce. Le préfet n'était dès lors pas tenu de fixer un terme à la décision litigieuse. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
11. En dernier lieu, si M. E fait valoir que l'obligation de se présenter chaque mercredi à 15 heures dans les services de la PAF de Rouen risque de lui faire perdre son emploi, il ne fournit aucun élément relatif aux conditions d'exercice de son métier de nature à démontrer que cette obligation mettrait effectivement en péril son activité professionnelle. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation formées par M. E doivent être rejetées de même que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
Signé :
C. C
La greffière,
Signé :
N. STOCK
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N. STOCK
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026