mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2203833 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | SODALO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 septembre 2022, M. B A, représenté par Me Sodalo, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 juillet 2022 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a cessé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de le rétablir dans les conditions matérielles d'accueil.
Il soutient que :
- la décision contestée a été prise au terme d'une procédure irrégulière en raison du défaut d'entretien concernant sa vulnérabilité ;
- elle est entachée d'erreur de droit et méconnait les dispositions des articles L. 551-15 et L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le motif de la décision attaquée ne constitue pas un motif de refus et que M. A a respecté les exigences des autorités chargées de l'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2024, l'Office français de l'immigration de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- l'ordonnance de la juge des référés du tribunal administratif de Rouen du 26 juillet 2022 n°2202829 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Esnol a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant éthiopien né le 12 février 1992, s'est vu octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil le 6 juillet 2022. Par une décision du 11 juillet 2022, dont M. A demande l'annulation, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil au profit de M. A. Par une ordonnance n°2203834 du 23 novembre 2022, la juge des référés a suspendu l'exécution de la décision du 11 juillet 2022.
2. Postérieurement à l'introduction de la requête, la Cour nationale du droit d'asile a octroyé le statut de réfugié à M. A le 21 novembre 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version alors en vigueur : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () ".
4. La décision attaquée est fondée sur le motif tiré de ce que M. A n'aurait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de présenter les informations utiles à l'instruction de son dossier de demande. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les services de l'asile ont été dans l'incapacité de relever ses empreintes digitales qui ont été estimées " altérées ". Cette seule circonstance ne permet de regarder l'intéressé comme ayant refusé que ses empreintes soient relevées ou de fournir les informations nécessaires à l'instruction de sa demande d'asile. De plus, dans ses observations formulées le 8 juillet 2022, M. A a fait valoir, sans être contredit, avoir travaillé dans le domaine de la soudure et en tant que maçon en Lybie si bien que ses empreintes ont pu être altérées par de tels travaux. En outre, l'OFII ne soutient pas avoir indiqué à l'intéressé la nécessité de se déplacer au sein de certains guichets uniques pour demandeurs d'asile (GUDA), munis de la technologie nécessaire afin de reconstituer les empreintes altérées, ni que l'intéressé aurait refusé de s'y rendre. Dans ces conditions, le motif de la décision attaquée tiré de la méconnaissance du 3° de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est entaché d'erreur de droit. Ce moyen doit, par suite, être accueilli.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 11 juillet 2022 par laquelle la directrice régionale de l'OFII a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait M. A doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Aux termes de l'article L. 551-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le versement de l'allocation pour demandeur d'asile prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2. / Pour les personnes qui se sont vu reconnaître la qualité de réfugié prévue à l'article L. 511-1 ou accorder le bénéfice de la protection subsidiaire prévue à l'article L. 512-1, le bénéfice de l'allocation prend fin au terme du mois qui suit celui de la notification de la décision. "
7. Le présent jugement, qui annule la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil, implique, eu égard aux motifs sur lesquels il est fondé, que l'OFII rétablisse M. A dans ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil et lui verse en conséquence l'allocation pour demandeur d'asile de manière rétroactive à compter du 11 juillet 2022. Il résulte de l'instruction que la juge des référés a ordonné le rétablissement des conditions matérielles d'accueil dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance du 23 juillet 2022 au profit de M. A. En exécution de cette ordonnance, l'OFII a rétabli l'allocation pour les demandeurs d'asile au profit de M. A dans le courant du mois de novembre 2022. En outre, le statut de réfugié a été octroyé à M. A par une décision de la cour nationale du droit d'asile du 21 novembre 2023 notifiée le 4 décembre 2023.
8. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre à l'OFII, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement de procéder au rétablissement des conditions matérielles d'accueil, pour la période comprise à compter du 11 juillet 2022 jusqu'à la date à laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a procédé à son rétablissement courant novembre 2022 en exécution de l'ordonnance de la juge des référés, ainsi que jusqu'à la cessation de ses droits aux conditions matérielles d'accueil fixée en application du deuxième alinéa de l'article L. 551-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au 31 décembre 2023.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 11 juillet 2022 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait M. A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir M. A dans ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de lui verser en conséquence l'allocation pour demandeur d'asile pour la période comprise entre le 11 juillet 2022 et la date de rétablissement des conditions matérielles d'accueil en exécution de l'ordonnance de la juge des référés du 23 novembre 2022 ainsi que jusqu'à la cessation de ses droits au 31 décembre 2023, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Sodalo et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Armand, premier conseiller faisant fonction de président,
M. Cotraud, premier conseiller,
Mme Esnol, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
La rapporteure,
B. Esnol
Le premier conseiller faisant fonction de président,
G. ArmandLa greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026