lundi 7 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2204269 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | SOW |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 octobre 2022 et 3 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Sow, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 août 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " l'autorisant à travailler dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et, dans les mêmes conditions, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de se prononcer sur sa situation ;
4°) à défaut, d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer, durant cet examen, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à Me Sow sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, à charge, pour son conseil, de refuser au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
M. A soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
La décision portant refus de séjour :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée ;
- a été prise en violation de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 dès lors que le préfet s'est borné à instruire sa demande d'admission au séjour sur le seul fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- a été prise en violation de l'article 9 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 ;
- a été prise en violation de l'article 11 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 ;
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour, qui :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée ;
- a été prise en violation de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 dès lors que le préfet s'est borné à instruire sa demande d'admission au séjour sur le seul fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- a été prise en violation de l'article 9 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 ;
- a été prise en violation de l'article 11 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 ;
- a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
La décision portant octroi d'un délai de départ volontaire :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article 7 de la directive n° 2008/115 dès lors qu'il aurait dû bénéficier d'un délai de départ volontaire plus important que celui qui lui a été accordé, au vu de sa situation particulière ;
La décision fixant le pays de destination :
- est insuffisamment motivée ;
- a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
La décision portant assignation à résidence :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle vise un arrêté du 21 septembre 2022, qui est inexistant ;
- est entachée d'une erreur de droit dès lors que le délai de départ volontaire de trente jours qui lui a été accordé n'était pas expiré à la date de son édiction ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 novembre 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une lettre du 4 novembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 21 octobre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a assigné M. A à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, dès lors qu'elles sont tardives (article L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile).
Par une lettre du 4 novembre 2022, les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de procéder d'office à une substitution de base légale en substituant les stipulations de l'article 9 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 aux dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 septembre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Rouen.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Dakar le 1er août 1995 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D en application des articles L. 614-9 à L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thielleux, magistrate désignée ;
- les observations de Me Sow, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'il développe ;
- et les observations de M. A, qui répond aux questions posées par le tribunal ;
- le préfet de la Seine-Maritime n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant sénégalais né le 18 mai 1997 à Dakar, serait entré en France le 6 septembre 2016, sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention étudiant, valable jusqu'au 22 août 2017. Le 7 juin 2017, il s'est vu délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant ", régulièrement renouvelé jusqu'au 31 octobre 2021. L'intéressé a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 29 août 2022, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination. Par un arrêté du 21 octobre 2022, le préfet de la Seine-Maritime a assigné M. A à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par sa requête, M. A demande, dans le dernier état de ses écritures, l'annulation des arrêtés des 29 août 2022 et 21 octobre 2022.
Sur l'étendue du litige :
2. M. A demande l'annulation de l'ensemble des décisions contenues dans l'arrêté du préfet de la Seine-Maritime en date du 29 août 2022 mentionné au point précédent. Toutefois, le magistrat statuant dans le délai de cent quarante-quatre heures prévu à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est compétent que s'agissant des conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français, fondée, en l'espèce, sur le 3°) de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision portant octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours et la décision fixant le pays de destination. Ainsi, il appartiendra à une formation collégiale du tribunal de se prononcer, en application des dispositions de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, sur les conclusions de la requête dirigées contre le refus de titre de séjour. Par suite, il y a lieu de réserver leur examen à une telle formation, de même que celui des conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte qui en sont l'accessoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () ". D'autre part, aux termes de l'article 9 de la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Dakar le 1er août 1995 : " Les ressortissants de chacun des Etats contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation qui ne peut être assuré dans le pays d'origine, sur le territoire de l'autre Etat, doivent, pour obtenir le visa de long séjour prévu à l'article 4, présenter une attestation d'inscription ou de pré-inscription dans l'établissement d'enseignement choisi, ou une attestation d'accueil de l'établissement où s'effectue le stage. Ils doivent en outre justifier de moyens d'existence suffisants, tels qu'ils figurent en annexe. / Les intéressés reçoivent le cas échéant, un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite des études ou du stage, ainsi que de la possession de moyens d'existence suffisants. ". L'article 13 de la même convention stipule que : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation respective des deux Etats sur l'entrée et le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord. ".
4. Il résulte des stipulations précitées de la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Dakar le 1er août 1995, que l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas applicable aux ressortissants sénégalais désireux de poursuivre leurs études supérieures en France, dont la situation est régie par l'article 9 de cette convention. Par suite, ainsi que le soutient le requérant, la décision portant refus de séjour édictée le 29 août 2022 à son encontre ne pouvait être prise sur le seul fondement des dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Au demeurant, pour refuser de faire droit à la demande de M. A, le préfet de la Seine-Maritime a considéré que, depuis son arrivée en France le 6 septembre 2016, l'intéressé a bénéficié d'un droit au séjour d'une durée de six années pour n'obtenir qu'un niveau de première année de Master, et qu'il ne justifiait ni d'une progression significative dans ses études, ni même du sérieux de celles-ci.
6. Toutefois, il est constant que M. A a validé au titre de l'année universitaire 2018/2019, en trois années, la licence de droit, économie, gestion, mention administration économique et sociale de l'université de Rouen, avec la mention passable. S'il ressort des pièces du dossier qu'il a été ajourné par deux fois, au titre des années universitaires 2019/2020 et 2020/2021, de la maîtrise en droit, économie, gestion, mention économie de l'environnement, de l'énergie et des transports, à laquelle il était inscrit au sein de l'université de Rouen, il justifie toutefois d'une certaine progression dans les notes et résultats qu'il a obtenus, passant de 9,029 sur 20 à 9,747 sur 20 de moyenne annuelle, avant d'obtenir cette maîtrise au titre de l'année universitaire 2021/2022 avec une moyenne annuelle de 10,364 sur 20. Le requérant produit en outre une attestation établie le 11 septembre 2022 par le responsable du master économie de l'environnement, de l'énergie et des transports de l'université de Rouen, qui, si elle est postérieure à l'édiction de la décision de refus de séjour édictée à l'encontre de M. A, est de nature à mettre en lumière une situation de fait existant à la date de cette décision. Selon cette attestation, qui fait au demeurant état des conditions d'études difficiles qui ont marqué les années 2020 et 2021, M. A est un " étudiant sérieux, motivé et assidu " qui, s'il n'a pas entièrement validé sa maîtrise au titre de l'année scolaire 2020/2021, " ne s'est pas découragé et a trouvé un stage long pour l'année universitaire 2021/2022, puis a obtenu son master 1 ". A cet égard, le conseil du requérant et ce dernier ont précisé, au cours de l'audience, les difficultés rencontrées par l'intéressé à obtenir un stage afin de valider sa maîtrise, eu égard au contexte de pandémie ayant marqué les années 2020 et 2021. En outre, cette attestation précise également qu' " ayant donné entière satisfaction dans son entreprise d'accueil " au titre de l'année universitaire 2021/2022, M. A " est d'ores et déjà assuré de pouvoir faire le stage obligatoire de la deuxième année de master (quatre à six mois) dans la même entreprise, à partir de mars 2023 ", l'intéressé étant inscrit au titre de l'année universitaire 2022/2023 en deuxième année de master économie de l'environnement, de l'énergie et des transports de l'université de Rouen. Dans ces circonstances particulières, M. A, dont il n'est pas contesté qu'il justifie de moyens d'existence suffisants, doit être regardé comme établissant le caractère réel et sérieux de ses études. Par suite, en refusant la délivrance du titre de séjour sollicité, le préfet de la Seine-Maritime a méconnu les stipulations précitées de l'article 9 de la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Dakar le 1er août 1995.
7. Il suit de là, et sans qu'il soit besoin de procéder à la substitution de base légale relevée d'office par le tribunal, que le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour doit être accueilli.
8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête invoqués au soutien des conclusions dirigées à l'encontre de la décision attaquée, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 29 août 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français. Il y a lieu, par voie de conséquence, d'annuler les décisions du même jour portant octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours et fixation du pays de sa destination.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
9. Aux termes de l'article L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision d'assignation à résidence prise en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-1 peut être contestée devant le président du tribunal administratif dans le délai de quarante-huit heures suivant sa notification. Elle peut être contestée dans le même recours que la décision d'éloignement qu'elle accompagne. / Le délai de quarante-huit heures prévu au premier alinéa est également applicable à la contestation de la décision d'assignation à résidence notifiée postérieurement à la décision d'éloignement, alors même que la légalité de cette dernière a été confirmée par le juge administratif ou ne peut plus être contestée. ".
10. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 21 octobre 2022 portant assignation à résidence de M. A lui a été notifié le même jour et que cet arrêté comporte, en son article 6, la mentions des délais et voies de recours ouverts à son encontre. Les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 21 octobre 2022 n'ayant été enregistrées que le 3 novembre 2022 au greffe du tribunal, soit au-delà du délai de recours contentieux de quarante-huit heures prévu par les dispositions précitées, ces conclusions sont, dès lors, tardives. Par suite, ces conclusions sont irrecevables et doivent être rejetées pour ce motif.
11. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas recevable à demander l'annulation de l'arrêté du 21 octobre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
12. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ".
13. Outre la fin de la mesure d'assignation à résidence dont le requérant fait l'objet, l'exécution du présent jugement implique, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer la situation de M. A et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour. Un délai de deux mois est imparti au préfet de la Seine-Maritime à cette fin, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
14. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Sow, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Sow de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Ainsi qu'il a été dit au point 2 du présent jugement, l'examen des conclusions de la requête de M. A à fin d'annulation de la décision du 29 août 2022 portant refus de titre de séjour, ainsi que de celles aux fins d'injonction et d'astreinte, en tant qu'elles s'y rattachent, est réservé jusqu'à ce qu'il y soit statué par une formation collégiale du tribunal.
Article 2 : Les décisions du 29 août 2022 par lesquelles le préfet de la Seine-Maritime a obligé M. A à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Maritime de procéder, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, au réexamen de la situation de M. A et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour.
Article 4 : L'Etat versera à Me Sow une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Sow renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Sow et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2022.
La magistrate désignée,
Signé :
D. D
La greffière,
Signé :
M. C
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026