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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2204273

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2204273

jeudi 3 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2204273
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantMATRAND LUCILE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 octobre 2022, Mme C de Assuncao Andre D, représentée par Me Matrand, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a décidé de son transfert aux autorités portugaises ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de transmettre sa demande d'asile à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et, dans les mêmes conditions, de lui accorder un récépissé de demandeur d'asile " procédure normale " ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Matrand au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge, pour Me Matrand, de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Mme A D soutient que :

- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;

- il a été pris en violation de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 du Parlement et du Conseil ;

- il est entaché d'un défaut d'examen personnalisé de sa situation personnelle ;

- il méconnaît le point 2 de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 du Parlement et du Conseil ;

- il a été pris en méconnaissance de l'article 12 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 du Parlement et du Conseil ;

- il a été pris en méconnaissance de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 du Parlement et du Conseil.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 octobre 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par Mme A D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme E en application des articles L. 614-7 à L. 614-13 et L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Thielleux, magistrate désignée ;

- les observations de Me Teng, substituant Me Matrand, représentant Mme A D, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'il développe ; il soutient également que l'arrêté contesté a été pris en méconnaissance du principe du contradictoire tel que prévu à l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que Mme A D n'a pas été informée de son droit à présenter des observations complémentaires ;

- et les observations de Mme A D, assistée de M. B, interprète assermenté en langue portugaise, qui répond aux questions posées par le tribunal ;

- le préfet de la Seine-Maritime n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C de Assuncao Andre D, ressortissante angolaise née le 8 mai 1984 à Cuanza Norte, serait entrée en France le 13 mai 2022 accompagnée de sa fille mineure. Le 16 juin 2022, elle a déposé une demande d'asile en France. A cette occasion, il a été révélé, à la suite de la consultation du fichier " Visabio ", que le visa valable jusqu'au 11 octobre 2022 dont elle disposait avait été délivré le 23 mars 2022 par le Portugal. Le préfet de la Seine-Maritime a saisi les autorités portugaises d'une demande de prise en charge de Mme A D, lesquelles ont fait connaître leur accord le 14 septembre 2022 en application du point 2 de l'article 12 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Par l'arrêté attaqué du 12 octobre 2022, le préfet de la Seine-Maritime a décidé du transfert de Mme A D aux autorités portugaises.

Sur l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme A D au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Sur le surplus des conclusions de la requête :

4. En premier lieu, l'arrêté attaqué de remise de Mme A D aux autorités portugaises vise les textes sur lesquels il se fonde, notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la convention de Genève du 28 juillet 1951 modifiée, les règlements (UE) nos 603/2013 et 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, ainsi que le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il précise notamment qu'à la suite de la consultation du fichier " Visabio ", il a été révélé que Mme A D était en possession d'un visa en cours de validité délivré le 23 mars 2022 par les autorités portugaises, lesquelles ont accepté, le 14 septembre 2022, la prise en charge de l'intéressée. Au demeurant, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur la légalité de celle-ci. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté contesté doit, dès lors, être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. () / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'Etat membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. () ".

6. Il résulte des dispositions citées au point précédent que l'entretien individuel qu'elles prévoient n'a pour objet que de permettre de déterminer l'Etat responsable d'une demande d'asile et de veiller, dans l'hypothèse où les dispositions de l'article 4 du même règlement trouvent à s'appliquer, à ce que les informations prévues par cet article ont été comprises par l'intéressée.

7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme A D a bénéficié le 16 juin 2022 de l'entretien individuel exigé par les dispositions précitées de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Il ressort du compte-rendu de cet entretien que ce dernier a été conduit dans les locaux de la préfecture de la Seine-Maritime par un agent de la préfecture, qui doit être regardé, en l'absence, notamment, de tout élément permettant de supposer un défaut de formation ou d'accès à une information suffisante, comme une " personne qualifiée en vertu du droit national " au sens des dispositions précitées de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, par le biais d'un interprète en langue portugaise, que Mme A D a déclaré comprendre et parler. Il n'est en outre pas établi que cet entretien n'aurait pas été individuel et confidentiel. Par ailleurs, si la requérante soutient que le résumé de cet entretien ne lui a pas été remis, il n'est ni établi ni même allégué que l'intéressée ou son conseil ait sollicité la communication de ce résumé, aucune disposition du règlement (UE) n° 604/2013 n'imposant que ce document, qui, en l'espèce, a été communiqué par le préfet à l'appui de son mémoire en défense, ainsi que par la requérante, soit remis spontanément par l'administration au demandeur d'asile. Enfin, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que cet entretien aurait été mené postérieurement à la prise d'une décision de transfert vers le Portugal. Le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'un vice de procédure au regard de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit, dès lors, être écarté.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 100-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le présent code régit les relations entre le public et l'administration en l'absence de dispositions spéciales applicables. ". Selon l'article L. 121-1 de ce code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, () sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". En vertu de l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. () ".

9. Il résulte des dispositions du livre V du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier des articles L. 571-1, L. 572-1, L. 572-7 et R. 572-1 concernant les décisions de transfert d'un étranger aux autorités d'un Etat membre de l'Union européenne responsable de l'examen de sa demande d'asile, que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions de transfert. Dès lors, la méconnaissance des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ne saurait être utilement invoquée à l'encontre de l'arrêté attaqué, dont la procédure est régie par des dispositions spéciales. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier et de ce qui a été dit précédemment que Mme A D a bénéficié d'un entretien le 16 juin 2022 et n'établit ni même n'allègue avoir été empêchée de formuler des observations utiles et pertinentes sur sa situation personnelle de nature à influer sur le sens de la décision. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes du paragraphe 2 de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. / Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur en vertu du présent paragraphe vers un État membre désigné sur la base des critères énoncés au chapitre III ou vers le premier État membre auprès duquel la demande a été introduite, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable devient l'État membre responsable. ".

11. Le Portugal étant membre de l'Union Européenne et partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York, qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il doit alors être présumé que le traitement réservé aux demandeurs d'asile dans cet Etat membre est conforme aux exigences de la convention de Genève ainsi qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cette présomption est toutefois réfragable lorsqu'il y a lieu de craindre qu'il existe des défaillances systémiques de la procédure d'asile et des conditions d'accueil des demandeurs d'asile dans l'Etat membre responsable, impliquant un traitement inhumain ou dégradant. Dans cette hypothèse, il appartient à l'administration d'apprécier dans chaque cas, au vu des pièces qui lui sont soumises et sous le contrôle du juge, si les conditions dans lesquelles un dossier particulier est traité par les autorités portugaises répondent à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile.

12. Si Mme A D soutient qu'il existe une incapacité des institutions portugaises à traiter les demandeurs d'asile de nationalité angolaise dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le droit d'asile, elle n'établit pas, par les seules pièces qu'elle produit, que la situation générale qui y règne, ni que l'organisation mise en place par les autorités ne permettraient pas d'assurer, à la date à laquelle l'arrêté en litige a été pris, un niveau de protection suffisant aux demandeurs d'asile de nationalité angolaise. Il ne ressort pas davantage des seules pièces du dossier, d'une part, que la requérante encourrait des traitements inhumains ou dégradants en cas de transfert vers le Portugal du fait qu'elle serait " très connue " dans ce pays " en raison de ses activités au sein de la presse angolaise ", et, d'autre part, que la demande d'asile de M. A D ne serait pas traitée par les autorités portugaises dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile et de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige aurait été pris en violation des dispositions du paragraphe du 2 de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.

13. En cinquième lieu, la requérante soutient que " le fondement de la décision de transfert ", soit le point 2 de l'article 12 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, " n'est pas contestable dans la mesure où elle a effectivement bénéficié d'un visa d'entrée par les autorités portugaises et l'accord des autorités portugaises a été transmis dans le délai imparti ". Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions, à le supposer même soulevé, au vu des allégations que la requérante développe à son appui, ne peut ainsi qu'être écarté.

14. En dernier lieu, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ; 2. L'État membre dans lequel une demande de protection internationale est présentée et qui procède à la détermination de l'Etat membre responsable, ou l'Etat membre responsable peut à tout moment, avant qu'une première décision soit prise sur le fond, demander à un autre Etat membre de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment, sur des motifs familiaux ou culturels, même si cet autre Etat membre n'est pas responsable au titre des critères définis aux articles 8 à 11 et 16. Les personnes concernées doivent exprimer leur consentement par écrit. () ". La mise en œuvre, par les autorités françaises, des dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013 doit être assurée à la lumière des exigences définies par le second alinéa de l'article 53-1 de la Constitution, selon lequel : " les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif ". Il en résulte que la faculté laissée à chaque Etat membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement précité, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.

15. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de la requérante. Il a notamment, ainsi qu'il ressort des énonciations de l'arrêté contesté, examiné s'il y avait lieu de faire application des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.

16. D'autre part, si Mme A D soutient qu'un transfert vers le Portugal aurait des conséquences sur l'état de santé de sa fille mineure qui l'accompagne, elle ne produit toutefois aucune pièce permettant d'établir ses allégations. En outre, et eu égard à ce qui a été rappelé précédemment, la requérante n'établit pas qu'elle serait exposée à des risques personnels constitutifs d'une atteinte au droit d'asile en cas de transfert vers le Portugal. Si la requérante évoque par ailleurs des craintes en cas de retour en Angola, ces seules allégations ne permettent toutefois pas de considérer qu'elle apporte des éléments précis sur les risques personnels et actuels encourus en cas de retour dans son pays d'origine. Il n'est au demeurant nullement établi, ni même allégué, que les autorités portugaises auraient édicté à l'encontre de Mme A D une mesure d'éloignement. Ainsi, et alors que la requérante n'établit, ni même ne soutient, avoir des attaches familiales en France, en ne mettant pas en œuvre la procédure dérogatoire prévue à l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 précité, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.

17. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 12 octobre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a décidé de son transfert aux autorités portugaises. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions de la requête présentées aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : Mme A D est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C de Assuncao Andre D, à Me Matrand et au préfet de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.

La magistrate désignée,

D. E

La greffière,

A. Lenfant

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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