lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2204453 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | BIDAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 novembre 2022, M. A C, représenté par Me Bidault, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 novembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé son pays de destination et lui a interdit de retourner en France pour une durée d'un mois ;
3°) d'annuler l'arrêté du 5 novembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence ;
4°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte journalière de 100 euros ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ladite condamnation valant renonciation au versement de l'aide juridictionnelle, ou, dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée, à lui verser directement au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français emporte nécessairement l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi et de la décision de refus de délai de départ ;
- la décision de refus de délai de départ méconnaît l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français méconnaît les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'annulation de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire implique nécessairement l'annulation de l'assignation à résidence.
Par un mémoire enregistré le 9 novembre 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Derbali substituant Me Bidault, représentant M. C, qui reprend les conclusions et moyens exposés dans la requête.
M. C n'était pas présent.
Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent ni représenté.
En application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, la clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant géorgien né le 8 juin 1994 à Tbilissi, a été placé en garde à vue le 4 novembre 2022 pour conduite d'un véhicule sans permis de conduire. Il demande l'annulation des deux arrêtés du 5 novembre 2022 par lesquels le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire, a fixé son pays de destination et a prononcé une interdiction de retour en France d'une durée d'un mois.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. L'obligation de quitter le territoire français énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est donc suffisamment motivée.
4. Si M. C fait valoir qu'il est venu avec sa mère en France le 14 février 2011, alors qu'il était âgé de dix-sept ans, pour échapper aux persécutions qu'ils subissaient, il n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations et ne démontre pas non plus que sa mère séjournerait sur le territoire. Il est en revanche constant que l'intéressé est entré en France, au cours de l'année 2019, muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités consulaires françaises et qu'il n'a pas sollicité de titre de séjour à l'expiration de son visa, de sorte qu'il ne peut justifier tout au plus que d'une durée de présence en France de trois années. Il ne ressort pas en outre des pièces du dossier, notamment du contrat de travail conclu le 5 mai 2022, que le requérant bénéficierait d'une intégration professionnelle suffisamment ancienne et stable en France ni qu'il y aurait noué des liens affectifs et amicaux particuliers. Enfin, s'il allègue entretenir une relation amoureuse avec une compatriote, la seule production du titre de séjour de cette personne est insuffisante pour établir la réalité de cette relation qui, en tout état de cause, est très récente selon les dires mêmes du requérant. Dans ces conditions, en décidant d'éloigner M. C vers la Géorgie où il est retourné en 2018, le préfet n'a pas méconnu l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni n'a commis d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
5. M. C s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa. Dès lors, il entre dans le cas visé au 2° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour lequel le risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire est regardé, sauf circonstance particulière, comme établi. Ainsi, et dès lors que le requérant ne justifie pas de telles circonstances, le préfet a pu, sans méconnaître les articles L. 612-1 et L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni commettre d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation, refuser de lui accorder un délai de départ volontaire.
6. Compte tenu de ce qui précède, et notamment en l'absence de liens personnels établis en France du requérant, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni n'a commis d'erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de l'intéressé, en fixant à un mois la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français.
7. Compte tenu de ce qui précède, les moyens tirés de ce que les décisions fixant le pays de destination et le délai de départ volontaire doivent être annulées par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français ne peuvent qu'être écartés.
8. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de ce que l'assignation à résidence doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision supprimant le délai de départ volontaire doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation des arrêtés du 5 novembre 2022 du préfet de la Seine-Maritime doivent être rejetées. Il y a lieu également de rejeter, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte du requérant et celles relatives aux frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Bidault et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
Signé :
S. B La greffière,
Signé :
A. LENFANT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026