mercredi 16 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2204523 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | ALLIX |
Vu la procédure suivante :
D une requête et un mémoire, enregistrés les 11 et 15 novembre 2022, M. C A, représenté D Me Allix, demande au tribunal :
1) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2) d'annuler pour excès de pouvoir :
- l'arrêté du 9 novembre 2022 D lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
- l'arrêté du même jour D lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours à son domicile, lui a fait interdiction de quitter les communes de la circonscription de sécurité publique du Havre sans autorisation et a défini ses obligations de présentations ;
3) d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa situation et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de trente jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros D jour de retard à compter de l'expiration de ce délai ;
4) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- il appartient au préfet de verser les éléments relatifs à la décision ; à défaut, les décisions sont " infondées en fait " ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il appartient à l'auteur de l'acte de justifier de sa compétence ;
- elle a été prise en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu avant toute décision défavorable ;
- elle méconnait les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
- il appartient à l'auteur de l'acte de justifier de sa compétence ;
- elle a été prise en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu avant toute décision défavorable ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- il appartient à l'auteur de l'acte de justifier de sa compétence ;
- elle a été prise en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu avant toute décision défavorable ;
- elle est illégale car reposant sur une obligation de quitter le territoire français elle-même entachée d'illégalité ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- il appartient à l'auteur de l'acte de justifier de sa compétence ;
- elle a été prise en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu avant toute décision défavorable ;
- elle est illégale car reposant sur une obligation de quitter le territoire français elle-même entachée d'illégalité ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de l'arrêté l'assignant à résidence pour une durée de quarante-cinq jours :
- il appartient à l'auteur de l'acte de justifier de sa compétence ;
- elle a été prise en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu avant toute décision défavorable ;
- elle est illégale car reposant sur une obligation de quitter le territoire français sans délai elle-même entachée d'illégalité ;
- elle est entachée d'une méconnaissance des dispositions des articles L. 731-1 et L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
D un mémoire en défense enregistré le 15 novembre 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête ; il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n°2004-374 du 29 avril 2004 ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Mulot, premier conseiller, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement des étrangers.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 16 novembre 2022 à 11h30, présenté son rapport et entendu les observations de Me Allix, avocate de M. A, qui reprend et complète les moyens et conclusions de la requête et du mémoire, revenant plus particulièrement sur les démarches de M. A tendant à se voir reconnaitre la nationalité française et sur les garanties de représentation dont il dispose.
Les parties ayant été averties de la possibilité que la décision soit rendue à bref délai.
En l'absence de M. A et du préfet de la Seine-Maritime, et en présence de M. B, interprète en langue arabe.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que M. C A, ressortissant algérien né en 1991, est entré irrégulièrement en France en janvier 2021 afin notamment, selon ses déclarations, de se voir reconnaitre la nationalité française, comme son grand-père maternel qui résiderait en France. Il a fait l'objet le 28 juillet 2022 d'une audition D un fonctionnaire de police pour des faits d'usage de stupéfiants. D deux arrêtés du 9 novembre 2022, le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il doit être éloigné, prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. D la présente requête, M. A demande au tribunal à titre principal d'annuler ces arrêtés.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique prévoit que " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () D la juridiction compétente () ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, qui fait l'objet d'une mesure restrictive de liberté, il y a lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun relatif à la communication du " dossier " :
3. Aux termes des dispositions de l'article L. 614-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné à cette fin () la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise ".
4. La seule circonstance que l'administration n'ait pas produit devant le magistrat désigné l'ensemble des pièces souhaitées D le requérant n'est pas de nature à entacher la décision d'illégalité. Le préfet de la Seine-Maritime a produit des pièces jointes à son mémoire en défense, que M. A a été mis à même de discuter utilement. D suite, c'est sans méconnaitre les dispositions précitées ni entacher ses arrêtés d'une erreur de fait que le préfet de la Seine-Maritime a pu édicter les décisions contestées.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 43 du décret du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements : " Le préfet de département peut donner délégation de signature () 7° Aux agents en fonction dans les préfectures, pour les matières relevant des attributions du ministre de l'intérieur ". L'arrêté attaqué a été signé D la directrice adjointes des migrations et de l'intégration de la préfecture de la Seine-Maritime qui disposait à cet effet d'une délégation consentie D le préfet de la Seine-Maritime du 29 aout 2022, régulièrement publiée. D suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
6. En deuxième lieu, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
7. Il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit, que M. A a été entendu le 28 juillet 2022 D un officier de police judiciaire de la police nationale pour des faits d'usage de stupéfiants. Lors de cette audition, il a été expressément interrogé sur son parcours migratoire, ses conditions d'existence en France et invité à produire ses observations sur le prononcé éventuel, D l'autorité administrative, d'une mesure d'éloignement et des décisions subséquentes. En outre, s'il soutient que sa situation a substantiellement évolué entre cette audition et l'édiction de la décision en litige, il n'a pas précisé en quoi consisteraient ces évolutions et n'en n'a pas justifié. D suite, c'est sans méconnaitre le principe général rappelé au point précédent que le préfet de la Seine-Maritime a pu prononcer à l'encontre de M. A une obligation de quitter le territoire français.
8. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ".
9. M. A est entré irrégulièrement en France et s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour ni d'aucun document l'autorisant à séjourner sur le territoire français. En outre, s'il justifie avoir déposé auprès du greffier du tribunal judiciaire du Havre une demande de certificat de nationalité française, cette seule circonstance ne rend pas, à elle seule, la décision d'éloignement illégale. D suite, c'est sans faire une inexacte application de ces dispositions que le préfet de la Seine-Maritime a pu prononcer à son encontre une obligation de quitter le territoire français.
10. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". En application de ces stipulations, il appartient à l'autorité administrative qui envisage de procéder à l'éloignement d'un ressortissant étranger en situation irrégulière d'apprécier si, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour en France, ainsi qu'à la nature et à l'ancienneté de ses liens familiaux sur le territoire français, l'atteinte que cette mesure porterait à sa vie familiale serait disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision serait prise.
11. La présence de M. A en France est très récente, il a reconnu lors de son audition être dépourvu de toute attache personnelle ou familiale sur le territoire et avoir conservé de forts lien avec l'Algérie où réside toute sa famille. En outre, il exerce très ponctuellement une activité professionnelle et ne justifie d'aucune insertion particulière. Dès lors, sans méconnaitre les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ni entacher sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur la situation personnelle de son destinataire que le préfet de la Seine-Maritime a pu édicter la décision en litige.
En ce qui concerne la décision fixant le pays à destination duquel M. A doit être éloigné :
12. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ont tous été écartés. Dès lors, l'exception d'illégalité de cette décision soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays à destination duquel M. A doit être éloigné n'est pas fondée et doit ainsi être écartée.
13. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés aux points 5 à 11 du présent jugement, les moyens tirés de ce que la décision fixant le pays à destination duquel M. A doit être éloigné aurait été prise D une autorité incompétente, au terme d'une procédure irrégulière, et qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de son destinataire doivent être écartés.
En ce qui concerne les autres décisions administratives prises à l'encontre de M. A :
14. Le premier alinéa de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision ". L'article L. 612-2 du même code ajoute que " D dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ".
15. En outre, l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que le risque de soustraction peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, lorsque " 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".
16. Il ressort des pièces du dossier que M. A dispose d'un passeport en cours de validité délivré D les autorités de son pays d'origine et il produit un contrat de colocation pour un logement situé au Havre. En outre, le préfet de la Seine-Maritime ne fait pas valoir qu'il aurait dissimulé des éléments à l'autorité administrative ou aux autorités de police, il a expressément répondu lors de son audition qu'il " suivrait la loi " en cas d'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre et il a déposé une demande de certificat de nationalité française en cours d'examen. D suite, en refusant d'accorder à M. A un délai de départ volontaire, le préfet de la Seine-Maritime a fait une inexacte application des dispositions précitées des articles L. 612-1 à L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
17. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête dirigés contre cette décision, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire ainsi que, D voie de conséquence, celle des décisions prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français et l'assignant à résidence qui en application des dispositions respectives des articles L. 612-6 et L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile se trouvent privées de base légale.
Sur les autres conclusions :
18. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision de ne pas accorder de délai de départ volontaire est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin rappelle à l'étranger son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé D l'autorité administrative en application des articles L. 612-1 ou L. 612-2. Ce délai court à compter de sa notification ".
19. En application de ces dispositions, il appartient seulement au préfet compétent de fixer à M. A, s'il entend poursuivre son éloignement, un délai de départ volontaire, qui courra à compter de sa notification. Toutefois, cette fixation ne présente pas le caractère d'une mesure d'injonction prévue aux articles L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative, de sorte que les conclusions présentées à ce titre D le requérant ne peuvent qu'être rejetées. Il en va de même des conclusions tendant à la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour, qui n'est pas nécessairement impliquée D le jugement.
20. Enfin, ainsi qu'il a été dit, il y a lieu d'admettre provisoirement M. A à l'aide juridictionnelle. D suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Allix, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Allix de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A D le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. A.
D É C I D E :
Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 9 novembre 2022 du préfet de la Seine-Maritime est annulé en tant qu'il prive M. A d'un délai de départ volontaire et qu'il prononce à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. L'arrêté du même jour D lequel le préfet de la Seine-Maritime a assigné M. A à résidence est également annulé.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Allix renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Allix, avocate de M. A, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A D le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. A.
Article 4 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : En application des dispositions de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il est rappelé à M. A qu'il est obligé de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera éventuellement fixé D l'autorité administrative.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Allix et au préfet de la Seine-Maritime.
En application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative, copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire du Havre.
Rendu public D mise à disposition au greffe le 16 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
Signé :
R. Mulot
La greffière,
Signé :
P. His
La République mande et ordonne au préfet de la région Normandie, préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2204523
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026