mardi 29 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2204642 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | FRANCE TERRE D'ASILE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 novembre 2022, M. D B, représenté par
Me Leprince, demande au tribunal :
1) de bénéficier d'un avocat commis d'office ;
2) d'annuler l'arrêté du 17 novembre 2022 par lequel le préfet de l'Eure lui a refusé l'admission au séjour au titre de l'asile et a ordonné son maintien en rétention administrative.
M. B soutient que l'arrêté :
* est entaché d'incompétence ;
* est insuffisamment motivé ;
* procède d'une erreur de droit dans la mise en œuvre des dispositions des articles L. 754-2 et L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en production de pièce et un mémoire en défense, enregistrés le 28 novembre 2022 et le 29 novembre 2022, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. E comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
les autres pièces du dossier.
Vu :
la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir au cours de l'audience publique du 29 novembre 2022, présenté son rapport et entendu les observations orales :
* de Me Leprince, avocat représentant M. B qui demande que soit mise à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et soutient que :
- il n'y a pas d'éléments objectifs au dossier pour justifier du maintien en rétention ;
- il n'a pas fait de demande d'asile antérieurement en raison de problèmes liés à la prise de drogues ;
- la circonstance que sa demande soit notamment motivée par son homosexualité explique l'absence de demande antérieure ;
* de M. B qui soutient qu'il n'a pas demandé l'asile en raison des médicaments qui lui avaient été prescrits.
L'instruction étant close à l'issue de l'audience à 15 heures 30, en application de l'article R.776-26 du code de justice administrative ;
1. M. B, ressortissant ivoirien, né le 18 octobre 1992, est, selon ses dires, entré sur le territoire français en 2011. Par arrêté en date du 17 novembre 2022, le préfet de l'Eure a pris à son encontre un arrêté lui refusant l'admission au titre de l'examen de sa demande d'asile et maintenant son placement en rétention aux motifs qu'il ne justifiait pas de son identité, qu'il a été condamné à huit mois d'emprisonnement pour violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours par jugement du 17 avril 2015 du tribunal correctionnel de Versailles, qu'il a été condamné à deux mois d'emprisonnement pour détention non autorisée de stupéfiants et offre ou cession non autorisée de stupéfiants le 12 janvier 2017 par la chambre des appels correctionnels de Paris, qu'il a été condamné à cinq ans d'emprisonnement assorti d'une interdiction définitive du territoire français pour violence aggravée par trois circonstances suivie d'incapacité supérieure à huit jours (récidive), violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité supérieure à huit jours (récidive) et violence sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire liée à la victime par un pacte civil de solidarité par le tribunal correctionnel de Niort le 26 février 2021, décision confirmée par arrêt de la Cour d'appel de Poitiers le 7 juillet 2021, qu'il a été informé de la mise à exécution de la décision d'interdiction du territoire français par courrier du 6 octobre 2022, qu'un arrêté fixant le pays de son renvoi a été adopté le 17 octobre 2022, que présentée après son placement en rétention et alors qu'il n'avait jamais exprimé le souhait de déposer une demande d'asile, cette demande n'a été introduite qu'en vue de faire échec à la mesure d'éloignement, que, célibataire et sans enfant, il ne justifiait ni être isolé dans son pays d'origine ni avoir des attaches en France et qu'il n'établissait pas être soumis à des traitements contraires à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président [] ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " [] L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. " En sollicitant le versement d'une somme de 1 500 euros à son conseil au titre de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, M. B doit être regardé, dans les circonstances de l'espèce, comme ayant entendu solliciter l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire. Il y a lieu d'accorder, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, Mme C G, qui a signé l'arrêté attaqué, bénéficiait d'une délégation de signature du préfet de l'Eure en date du 13 septembre 2022, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet notamment de signer les décisions en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué manque en fait.
4. En deuxième lieu, les décisions attaquées, comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ces décisions, prises après un examen particulier de la situation de M. A se disant B par le préfet de l'Eure sont donc suffisamment motivées.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 754-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger placé ou maintenu en rétention présente une demande d'asile, l'autorité administrative peut procéder, pendant la rétention, à la détermination de l'État responsable de l'examen de cette demande conformément à l'article L. 571-1 et, le cas échéant, à l'exécution d'office du transfert dans les conditions prévues à l'article L. 751-13. " Aux termes de l'article L. 754-3 de ce code : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. (). Aux termes de l'article L. 754-4 du même code : " L'étranger peut demander au président du tribunal administratif l'annulation de la décision de maintien en rétention prévue à l'article L. 754-3 dans les quarante-huit heures suivant sa notification afin de contester les motifs retenus par l'autorité administrative pour estimer que sa demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement. Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il désigne à cette fin parmi les membres de sa juridiction, ou les magistrats honoraires inscrits sur la liste mentionnée à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative, statue après la notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides relative au demandeur, dans un délai qui ne peut excéder quatre-vingt-seize heures à compter de l'expiration du délai de recours, dans les conditions prévues aux articles L. 614-7 à L. 614-13. (). En cas d'annulation de la décision de maintien en rétention, il est immédiatement mis fin à la rétention et l'autorité administrative compétente délivre à l'intéressé l'attestation mentionnée à l'article L. 521-7. Dans ce cas l'étranger peut être assigné à résidence en application de l'article L. 731-3. " La décision par laquelle l'autorité administrative décide, lorsqu'un ressortissant étranger a formulé une demande d'asile lors de sa rétention, du maintien de l'intéressé en rétention, implique nécessairement un refus de séjour au titre de la formulation d'une demande d'asile et relève, en totalité, du régime prévu par les dispositions des articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. M. B, qui serait entré sur le territoire français en 2011, soutient qu'il n'a pas déposé de demande d'asile antérieurement à novembre 2022 car il se sentait en sécurité en France et indique craindre pour sa vie et sa liberté en cas de retour dans son pays d'origine en raison de son homosexualité et de traitements subis par l'armée. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressé, célibataire et sans enfant, qui serait entré en France en 2011 a été incarcéré à de nombreuses reprises comme cela ressort des éléments indiqués au point 1. À aucun moment de son long séjour en France, l'intéressé, qui n'a par ailleurs pas établi de permis de visite ni n'a été en contact téléphonique avec des proches durant son incarcération, n'a fait état des craintes qu'il aurait à retourner dans son pays d'origine ni n'a indiqué souhaiter déposer une demande d'asile en France, et notamment pas depuis sa condamnation à une peine d'interdiction définitive du territoire français qui a été prononcée en première instance par le tribunal correctionnel de Niort le 26 février 2021. Par suite, c'est à bon droit que le préfet de l'Eure a, en raison de ces éléments, regardé la demande d'asile formée par M. B après qu'il ait été informé de la mise à exécution de la mesure d'interdiction judiciaire du territoire français prononcée à son encontre - et qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 22 novembre 20222 - comme présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de cette mesure d'éloignement et a, pour ce motif, décidé son maintien en rétention.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet de l'Eure.
Lu en audience publique le 29 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
Signé :
T. E
La greffière,
Signé :
M. F
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026