mardi 2 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2204702 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | DERBALI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 novembre 2022, M. A B, représenté par Me Derbali, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2022 par lequel préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer une carte de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour mention " vie privée et familiale ", à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation, le tout dans le délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte journalière de cent euros ;
3°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 12 octobre 2022 attaqué jusqu'à la date de lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de notification de celle-ci ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. B soutient que :
* Le refus de séjour :
- est insuffisamment motivé ;
- méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
* L'obligation de quitter le territoire français :
- repose sur un refus de séjour illégal ;
- méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
* La décision fixant le pays de destination :
- repose sur une obligation de quitter le territoire français illégale ;
- méconnaît l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 décembre 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu :
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative ;
- l'ordonnance du 1er février 2023 fixant la clôture de l'instruction au 3 mars 2023 à 12 h ;
- la décision du 8 novembre 2022 d'attribution de l'aide juridictionnelle totale ;
- les autres pièces du dossier.
Connaissance prise des pièces, produites pour M. B, enregistrées les 29 mars 2023 et 3 avril 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Minne, président de chambre,
- et les observations de Me Derbali, pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant congolais (République démocratique du Congo), est entré en France en novembre 2019 à l'âge de trente-neuf ans. Après le rejet de sa demande d'asile, il a demandé la délivrance d'une carte de séjour en raison de son état de santé. Par l'arrêté du 12 octobre 2022 attaqué, le préfet de la Seine-Maritime a refusé d'y faire droit, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi.
Sur le refus de séjour :
2. En premier lieu, l'arrêté préfectoral en litige cite les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont M. B a demandé le bénéfice et énonce les motifs de fait, propres à sa situation personnelle et familiale, à son état de santé en particulier. Par suite, la décision de refus de séjour, qui comporte les considérations de droit et de fait constituant son fondement, est suffisamment motivée.
3. En deuxième lieu, il ressort de l'avis du collège médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 10 août 2022, que le préfet ne s'est pas cru dans l'obligation de suivre même s'il s'en est approprié le sens, que le défaut de prise en charge de l'état de santé de M. B, en l'occurrence un syndrome dépressif, n'est pas susceptible de l'exposer à des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Les ordonnances de prescription de médicaments produites ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation portée par l'autorité administrative sur son état de santé. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui posent les conditions d'attribution de la carte de séjour pour motif de santé doit être écarté.
4. En troisième lieu, le requérant n'a pas sollicité le bénéfice de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif à la vie privée et familiale, ni celui de l'article L. 435-1 du même code relatif à l'admission exceptionnelle. Le préfet n'en pas fait spontanément application. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces textes est inopérant.
5. En quatrième lieu, M. B a déclaré être veuf mais avoir quatre enfants dans son pays d'origine. Les relations amicales et un engagement en qualité de bénévole dans le milieu associatif ne suffisent pas à établir qu'il aurait fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux en France. La perspective d'embauche dont il bénéficie n'est pas non plus de nature à conclure, au vu des attaches familiales importantes en République démocratique du Congo, que le refus de séjour porte une atteinte excessive au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
6. En dernier lieu, les éléments propres à la situation personnelle, notamment en ce qui concerne l'état de santé et la vie familiale de M. B analysés ci-dessus ne sont pas de nature à estimer que le préfet a, en ayant refusé le séjour, entaché son appréciation d'une erreur manifeste.
Sur l'obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours :
7. En premier lieu, l'obligation de quitter le territoire français ne repose pas sur une décision de refus de séjour entachée d'illégalité, ainsi qu'il résulte des points 2 à 6.
8. En second lieu, pour les motifs énoncés au point 5, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'erreur manifeste d'appréciation ne sont pas établis par les pièces du dossier.
Sur la décision fixant le pays de destination :
9. En premier lieu, la décision fixant le pays de destination repose sur une obligation de quitter le territoire français qui n'est pas entachée d'illégalité, ainsi qu'il résulte des points 7 et 8.
10. En deuxième lieu, les circonstances dans lesquelles le requérant aurait été impliqué dans un crash aérien survenu le 10 octobre 2019 et, surtout, la persécution dont il serait en proie de la part du régime après qu'il aurait été tenu pour responsable de la révélation de l'accident ne sont pas suffisamment étayées par les pièces produites. Au demeurant, il ressort des pièces produites en défense que le requérant avait demandé, et obtenu, un visa auprès des autorités consulaires belges au cours du mois d'août 2019, plusieurs semaines avant la survenue de l'accident et des suites qu'il présente comme l'ayant contraint à quitter son pays. Le lien entre ces événements et le départ pour l'Europe n'apparait donc pas établi. Par suite, il n'est pas établi que l'intéressé encourrait un risque personnel et actuel de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en République démocratique du Congo au sens des stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
11. En dernier lieu, l'erreur manifeste d'appréciation n'est pas établie.
Sur les conclusions à fin de suspension :
12. Aux termes de l'article L. 542-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application des b, c ou d du 1° de l'article L. 542-2, l'étranger peut demander la suspension de l'exécution de la décision d'éloignement. / Cette demande est présentée dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 752-5 à L. 752-12 lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 () " Aux termes de l'article L. 752-5 du même code : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. " Aux termes de l'article L. 752-11 du même code : " Lorsque le juge n'a pas encore statué sur le recours en annulation formé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 614-1, l'étranger peut demander au juge déjà saisi de suspendre l'exécution de cette décision. " Aux termes de l'article L. 752-11 du même code : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile. "
13. M. B se trouve dans le cas prévu par le b) du 1° de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la demande de réexamen de sa demande d'asile du 23 novembre 2022, postérieure à l'obligation de quitter le territoire français en litige, a été déclarée irrecevable par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 28 novembre 2022. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il a formé un recours contre cette décision de l'office. En toute hypothèse, son récit, tel qu'il résulte de ses écritures n'est pas de nature à faire naître un doute sérieux sur le bien-fondé de sa demande de réexamen de sa demande d'asile dès lors, notamment qu'il se borne à faire référence à un crash aérien survenu le 24 novembre 2019, à une date à laquelle il était déjà arrivé en Europe, sans lien avec les événements consécutifs à l'accident aérien du 10 octobre 2019 qu'il a évoqués devant les organes de protection des réfugiés. Par suite, le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français méconnaît la garantie d'être entendu personnellement par la CNDA afin de savoir si des craintes peuvent être raisonnablement éprouvées en cas de retour en République démocratique du Congo n'est, dans les circonstances de l'espèce, pas fondé.
14. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 12 octobre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer une carte de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Sanaë Derbali et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023 à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
M. Deflinne, premier conseiller,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2023.
Le président-rapporteur,
P. MINNEL'assesseur le plus ancien,
T. DEFLINNE
Le greffier,
J-L. MICHEL
N°2204702
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026