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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2204721

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2204721

jeudi 27 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2204721
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1 ère Chambre
Avocat requérantLEBRIQUIR AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête sommaire et un mémoire ampliatif, enregistrés les 23 novembre 2022 et 2 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Lebriquir, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 novembre 2022 du préfet de la Seine-Maritime en tant qu'il a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que les décisions attaquées:

- sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation ;

- méconnaissent le principe de fraternité ;

- méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- portent atteinte à l'intérêt supérieur des enfants ;

- méconnaissent la circulaire NOR INTK1229185C du 28 novembre 2012 relative à l'admission exceptionnelle au séjour des étrangers en situation irrégulière.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.

Vu :

- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Minne, président de chambre, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant malgache, est entré en France le 24 décembre 2019 muni d'un visa de court séjour. Par arrêté du 10 novembre 2022, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer une carte de séjour au titre de l'admission exceptionnelle prévue par l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours, a fixé le pays de destination et prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un mois. M. B demande l'annulation des décisions de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire français contenues dans cet arrêté.

2. En premier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance du principe de fraternité, dépourvu de toute précision permettant d'en apprécier le bien-fondé, doit être écarté.

3. En deuxième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir des énonciations de la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui constituent uniquement des orientations générales adressées aux préfets pour les éclairer dans la mise en œuvre de leur pouvoir de régularisation.

4. En dernier lieu, M. B, qui est entré sur le territoire français moins de trois ans avant la décision attaquée, vit en couple avec une compatriote en situation irrégulière et leurs deux enfants, il est vrai scolarisés. Il a vécu jusqu'à l'âge de trente-neuf ans dans son pays d'origine où il n'établit pas être dépourvu de toute attache privée et familiale. Par ailleurs, la présence de l'intéressé en France est marquée par deux obligation de quitter le territoire français des 21 mai 2020 et 10 août 2021 du préfet de l'Essonne auxquelles il n'a pas déféré et par une condamnation pénale de six mois d'emprisonnement avec sursis pour violences conjugales. Si M. B se prévaut de son activité professionnelle de mécanicien/chauffeur livreur, il ressort des pièces du dossier que cette activité a débuté le 1er mai 2020 en vertu d'un contrat de travail à durée indéterminée consenti par une entreprise contrôlée par sa famille alors qu'il est entré sous couvert d'un visa de court séjour et peu avant l'édiction de la première mesure d'éloignement. Si l'intéressé peut se prévaloir d'une durée d'activité totale de deux ans et demi à la date de l'arrêté attaqué, cette circonstance, même ajoutée aux précédentes, ne constitue pas des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels de nature à lui permettre d'obtenir un titre de séjour au titre de l'admission exceptionnelle sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise dans l'application des dispositions de ce texte et celui tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'atteinte à l'intérêt supérieur des enfants du couple n'est pas fondé dès lors que les décisions attaquées n'impliquent pas la séparation de la famille.

5. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 10 novembre 2022 du préfet de la Seine-Maritime en tant qu'il l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience du 4 avril 2023 à laquelle siégeaient :

M. Minne, président,

M. Deflinne, premier conseiller,

M. Le Vaillant, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 avril 2023.

Le président-rapporteur,

Signé

P. MINNEL'assesseur le plus ancien,

Signé

T. DEFLINNE

Le greffier,

Signé

J-L. MICHEL

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N. BOULAY

N°2204721

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