LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2204765

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2204765

jeudi 30 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2204765
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2 ème Chambre
Avocat requérantSOUTY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 novembre 2022, M. I, représenté par Me Souty, demande au tribunal :

1°) avant dire-droit :

- d'enjoindre à l'Office français de l'intégration et de l'immigration (OFII) de produire l'ensemble de son dossier, de justifier du caractère incomplet du rapport médical et de présenter des éléments pertinents relatifs à l'accès aux soins dans le pays d'origine ;

- de saisir le Conseil d'Etat d'une demande d'avis concernant la production des éléments sur lesquels se base l'administration pour déterminer l'offre de soins dans le pays d'origine ;

- d'inviter le Dr A G ou Mme C H, ou tout autre spécialiste, dont la compétence serait de nature à produire des observations d'ordre général sur la question des conséquences du défaut de traitement, conformément aux dispositions de l'article R. 625-3 du code de justice administrative ;

- d'ordonner qu'il soit procédé à une expertise de sa situation médicale afin de déterminer les conséquences d'un défaut de traitement sur son état de santé, en application de l'article R. 621-1 du code de justice administrative ;

2°) d'annuler l'arrêté du 7 octobre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", subsidiairement, de réexaminer sa demande, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou en tout état de cause, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte suffisamment convaincante par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, une somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, ou à titre subsidiaire, de mettre cette somme à la charge de l'Etat à son propre bénéfice sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. I soutient que :

L'arrêté attaqué :

- est insuffisamment motivé ;

- est entaché d'un vice de procédure, dès lors que l'avis du collège des médecins rendu collégialement selon une délibération à distance a été rendu en violation de l'article 3 de l'ordonnance n° 2014-1329 du 6 novembre 2014 relative aux délibérations à distance des instances administratives à caractère collégial, en l'absence de preuve d'une décision du président du collège ;

- le rapport médical établi par le Dr B le 27 janvier 2022 est irrégulier en l'absence d'information concernant le défaut de prise en charge médicale ;

- est intervenu au terme d'une procédure irrégulière, dès lors que l'existence et la régularité de l'avis du collège des médecins de l'OFII n'est pas établie, en particulier, il n'est pas démontré que le rapport du médecin instructeur a été communiqué au collège des médecins ;

- est entaché d'un vice de procédure, dès lors que l'avis du collège des médecins de l'OFII a été rendu sans une délibération au préalable ;

- est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- est entaché d'une procédure irrégulière, dès lors que son état de santé n'est pas compatible avec une mesure d'éloignement ;

- méconnaît l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 janvier 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. I a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour et des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme E ;

- et les observations de Me Souty, représentant M. I.

Considérant ce qui suit :

1. M. I, ressortissant camerounais, né le 22 juin 1995 à Deido, entré en France selon ses dires le 13 septembre 2017 en provenance d'Italie, a sollicité son admission au séjour pour raisons médicales le 17 septembre 2021. Par l'arrêté attaqué du 7 octobre 2022, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".

3. Pour rejeter la demande d'admission au séjour présentée par M. I au regard de son état de santé, le préfet de la Seine-Maritime a repris les conclusions de l'avis rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'intégration et de l'immigration le 31 janvier 2022, selon lequel si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale, un défaut de prise en charge ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il ressort toutefois des nombreux documents médicaux produits par M. I à l'appui de sa requête, établis entre 2019 et 2022 par différents praticiens que l'interruption du suivi psychologique et du traitement de M. I provoquerait une réapparition d'hallucinations anxiogènes rapide ainsi qu'un risque autoagressif. En outre, ces éléments particulièrement circonstanciés révèlent, également, que M. I souffre d'une lourde pathologie psychiatrique qui nécessite toujours, à la date de la décision attaquée, des consultations spécialisées et un suivi infirmier régulier ainsi qu'un traitement médicamenteux. Enfin, il ressort des certificats médicaux rédigés par le médecin psychiatre du requérant à destination du collège des médecins de l'Office français de l'intégration et de l'immigration que ses troubles psychiatriques présentent un lien avec des traumatismes vécus dans son pays d'origine, notamment dû à son orientation sexuelle, restant encore aujourd'hui, pénalement réprimée. Dans ces conditions, le requérant démontre, par les pièces médicales produites, d'une part, qu'un défaut de prise en charge médicale de son état de santé est susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et, d'autre part, qu'il ne pourra pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, M. I est fondé à soutenir que l'arrêté du préfet de la Seine-Maritime lui refusant la délivrance d'un titre de séjour a été pris en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

4. Il suit de là, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. I est fondé à demander l'annulation de la décision refusant de l'admettre au séjour, ainsi que, par voie de conséquence, des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi, qui se trouvent privées de base légale.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

5. Eu égard au motif d'annulation énoncé ci-dessus, le présent jugement implique nécessairement la délivrance à M. I d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime ou à tout préfet territorialement compétent, de procéder à cette délivrance dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

6. M. I a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Souty, représentant M. I, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Souty de la somme de 1 000 euros.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 7 octobre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé à M. I la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Maritime ou à tout préfet territorialement compétent de délivrer à M. I un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et de le munir dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour.

Article 3 : L'Etat versera à Me Souty une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Souty renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. F I, à Me Souty et au préfet de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Bailly, présidente,

- Mme J et Mme D, conseillères.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.

La présidente-rapporteure,

P. E

L'assesseure la plus ancienne,

D. J

La greffière,

A. Hussein

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

ah

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions