vendredi 24 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2204896 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | MARY-INQUIMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Inquimbert, associé de la SELARL Mary et Inquimbert, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 juillet 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a retiré sa carte de résident ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, soit de lui délivrer une carte de résident valable dix ans, soit de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail, dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, une somme de 1 500 euros hors taxe à verser à la SELARL Mary et Inquimbert prise en la personne de Me Inquimbert, sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 alinéa 2 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, ladite condamnation valant renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
M. B soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- la procédure contradictoire prévue à l'article L.121-1 du code des relations entre le public et l'administration n'a pas été respectée ;
- la décision a été prise en méconnaissance de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet s'étant considéré en situation de compétence liée au regard de l'unique condamnation du requérant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mars 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 15 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 31 mars 2023 à 12 heures.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Armand,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant pakistanais né le 8 août 1970, est entré irrégulièrement en France en avril 2004. Après avoir bénéficié, à compter du 22 février 2018, d'un titre de séjour temporaire portant la mention " salarié : responsable restaurant ", régulièrement renouvelé jusqu'au 22 février 2022, il s'est vu délivrer, le 18 février 2022, une carte de résident valable dix ans. Par un arrêté du 11 juillet 2022, le préfet de la Seine-Maritime a procédé au retrait de cette carte sur le fondement de l'article L. 432-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au motif que l'intéressé avait été condamné, le 15 décembre 2021, à quatre mois d'emprisonnement avec sursis et à une amende de 1 500 euros pour des faits d'emploi d'un étranger non muni d'une autorisation de travail salarié et recours aux services d'une personne exerçant un travail dissimulé. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 2° Infligent une sanction ; () ". Aux termes de l'article L. 121-1 du même code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Selon l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 432-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout employeur titulaire d'une carte de résident peut se la voir retirer s'il a occupé un travailleur étranger en violation des dispositions de l'article L. 8251-1 du code du travail ". La mesure de retrait d'une carte de résident prise sur le fondement de cet article revêt le caractère d'une sanction, dont le prononcé est par conséquent soumis au respect de la procédure contradictoire prévue par les dispositions précitées des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration.
4. Par un courrier du 23 mai 2022, le préfet de la Seine-Maritime a informé M. B qu'il envisageait de retirer sa carte de résident délivrée le 18 février 2022, et l'a invité à présenter ses observations dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce courrier. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que ledit courrier n'a pas été notifié au 128 rue Gustave Brindeau - 76600 Le Havre, qui constituait nécessairement la dernière adresse connue de l'administration puisqu'elle figurait sur le récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour établi le 11 février 2022, mais à son ancienne adresse située au 108 rue Hélène - 76600 Le Havre. Dès lors, compte-tenu de cette notification irrégulière, et sans que le préfet puisse utilement faire valoir que le courrier dont il s'agit est revenu avec la mention " pli avisé et non réclamé " et non " destinataire inconnu à l'adresse ", le requérant n'a pas été mis à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales, avant l'adoption de la décision du 11 juillet 2022 lui retirant sa carte de résident. Ainsi, faute d'avoir respecté la procédure contradictoire prévue aux articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, ce qui a privé M. B d'une garantie, la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière. Le moyen doit donc être accueilli.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 11 juillet 2022 doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
6. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que la carte de résident de M. B lui soit restituée. Il y a lieu d'enjoindre au préfet territorialement compétent d'y procéder dans le délai d'un mois suivant la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette mesure de l'astreinte demandée.
Sur les frais d'instance :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. B sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 alinéa 2 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 11 juillet 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a retiré la carte de résident de M. B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de restituer à M. B sa carte de résident dans le délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Inquimbert et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Van Muylder, présidente,
- M. Armand, premier conseiller,
- M. Cotraud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2023.
Le rapporteur,
Signé :
G. ARMAND
La présidente,
Signé :
C. VAN MUYLDERLe greffier,
Signé :
J.-B. MIALON
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026