jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2204919 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | ELATRASSI-DIOME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 décembre 2022 et un mémoire complémentaire enregistré le 14 février 2023, Mme B A, représentée par Me Elatrassi-Diome, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 septembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou " étudiant ", à titre subsidiaire de réexaminer sa demande, dans l'un et l'autre cas, dans le délai d'un mois sous astreinte journalière de cent euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, à titre principal, une somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à titre subsidiaire une somme de 1 500 euros, à verser à elle-même en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
La décision portant refus de séjour :
- est insuffisamment motivée ;
- a été prise par une autorité incompétente ;
- n'a pas été précédée d'une saisine de la commission du titre de séjour ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- procède d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est insuffisamment motivée ;
- a été adoptée par une autorité incompétente ;
- a été adoptée en méconnaissance de son droit d'être entendue ;
- méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- est illégale pour être fondée sur un refus de séjour illégal ;
- méconnaît le 1°) de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle a sollicité son admission au séjour alors qu'elle était mineure et qu'elle bénéficiait d'une protection pour les deux mois suivant la date de son dix-huitième anniversaire ;
La décision fixant le pays de destination :
- est insuffisamment motivée ;
- a été adoptée par une autorité incompétente ;
- méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est illégale pour être fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2023 et un mémoire complémentaire enregistré le 22 février 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative ;
- la décision en date du 8 novembre 2022 prononçant l'admission de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bouvet, premier conseiller ;
- les observations de Me Yousfi, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante de la République du Congo née le 10 juillet 2004 est entrée en France le 4 octobre 2020 munie d'un visa mineur scolarisé valide jusqu'au 28 novembre 2021. Le 25 avril 2022, elle a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 5 septembre 2022, le préfet de la Seine-Maritime, a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français sous trente jours et a fixé son pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, arrivée à l'âge de dix-sept ans en France pour y suivre ses études, était inscrite au titre de l'année universitaire 2021-2022 à l'IUT de Rouen dans le cadre d'un cursus " Génie chimique des procédés " donnant lieu à délivrance d'un " bachelor universitaire de technologie " (BUT). Il ressort des relevés de notes et attestations versées aux débats que l'intéressée a validé cette première année, en obtenant de très bons résultats, illustrés par une moyenne générale de 15,14/20. En outre, l'intéressée était, à la date d'adoption du refus de séjour contesté, inscrite en deuxième année de ce cursus, au titre de l'année universitaire 2022-2023, circonstance que n'ignorait pas le préfet, ainsi que le révèlent les termes mêmes de l'arrêté litigieux. Il ressort à cet égard des pièces produites, en particulier des attestations d'enseignants de l'IUT que Mme A est une étudiante appliquée, qui continue d'obtenir de très bons résultats dans le cadre du cursus précité. Dans ces conditions, et alors que l'intéressée fait valoir, sans être utilement contestée, qu'elle ignorait pouvoir solliciter un titre de séjour avant son dix-huitième anniversaire et qu'elle avait perdu son passeport, en février 2021, circonstance dont elle justifie par la production de la déclaration de perte, Mme A est fondée à soutenir que le préfet de la Seine-Maritime a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'admettre au séjour. Il suit de là, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision de refus de séjour contestée doit être annulée, de même que, par voie de conséquence, la décision obligeant Mme A à quitter le territoire français sous trente jours et la décision fixant son pays de destination.
Sur l'injonction :
3. Eu égard à ses motifs, l'exécution du présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet territorialement compétent de délivrer à Mme A, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Il n'y a, en revanche, pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
4. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Dès lors, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 000 euros à Me Elatrassi-Diome, conseil de l'intéressée, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 5 septembre 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de délivrer à Mme A une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Elatrassi-Diome une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que cette avocate renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Elatrassi-Diome et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
M. Leduc, premier conseiller,
M. Bouvet, premier conseiller,
Assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.
Le rapporteur,
C. BOUVET
La présidente,
A. GAILLARD
Le greffier,
H. TOSTIVINT.
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026