mardi 21 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2205023 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 2 |
| Avocat requérant | CAMUS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 14 décembre 2022 et 14 février 2023, M. C A, représenté par Me Camus, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 25 novembre 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de cent euros par jour de retard, et dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat à titre principal, une somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, et à titre subsidiaire, une somme de 1 000 euros à lui verser directement en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est insuffisamment motivée ;
- est intervenue au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de respect de son droit à être préalablement entendu ;
- méconnaît les dispositions des articles L. 541-1 et L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la décision par laquelle l'office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile, ne lui a pas été notifiée ;
- méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision fixant le pays de renvoi :
- méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 février 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Par une décision du 1er septembre 2022, le président du tribunal a désigné M. B comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter et VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 15 février 2023, a été entendu le rapport du magistrat désigné.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction est intervenue après appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant éthiopien né le 2 août 1996, déclare être entré, le 2 juillet 2021, sur le territoire français. Le 19 août 2021, l'intéressé a déposé une demande d'asile en préfecture de la Seine-Maritime. Par décision du 29 juillet 2022, l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté cette demande. Par l'arrêté attaqué du 25 novembre 2022, le préfet de la Seine-Maritime a fait obligation à M. A de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire en application des dispositions citées au point précédent.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, la décision attaquée, qui n'a pas à faire référence à l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé, vise les dispositions dont elle fait application et relève que M. A ne dispose plus du droit de se maintenir sur le territoire français. Elle fait également état de sa situation personnelle et familiale, à la fois en France et dans son pays d'origine, Elle comporte ainsi les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En deuxième lieu, lorsqu'il sollicite la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection internationale, l'étranger ne saurait en principe ignorer qu'en cas de rejet de sa demande, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement dès lors qu'il s'est vu remettre une information complète sur ses droits et obligations, par écrit et dans une langue qu'il comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Il appartient dès lors au demandeur d'asile qui s'est vu remettre cette information, laquelle remise constitue une garantie, lors du dépôt de sa demande ou en cours d'instruction, de faire valoir auprès de l'autorité préfectorale toute observation supplémentaire dans l'éventualité de l'intervention d'une mesure d'éloignement.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A s'est vu remettre, le 19 août 2021, lors du dépôt de sa demande d'asile, le guide du demandeur d'asile, qui comporte l'information mentionnée au point précédent, en langue amharique, qu'il a déclaré lire et comprendre. L'intéressé n'allègue pas que l'information remise était insuffisante, ni qu'il n'a pu faire valoir auprès du préfet ses éventuelles observations de manière utile et effective lors du dépôt de sa demande, durant son instruction ou après son terme. Le droit de l'intéressé à être préalablement entendu, ainsi satisfait, n'imposait pas au préfet de le mettre à même de réitérer ses observations ou d'en présenter de nouvelles, préalablement à l'intervention de la décision attaquée prise par suite du rejet de sa demande d'asile par l'OFPRA. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit de l'intéressé à être entendu préalablement à l'intervention d'une décision qui l'affecterait défavorablement doit être écarté.
7. En troisième lieu et d'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ". D'autre part, aux termes de l'article L. 541-1 du même code : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français ". Aux termes de l'article L. 542-2 de ce même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ".
8. M. A soutient que la décision attaquée méconnaît les dispositions citées au point précédent dès lors qu'en l'absence de notification de la décision de l'OFPRA rejetant sa demande d'asile, il dispose toujours du droit de se maintenir sur le territoire français.
9. Toutefois, en cas de retour à l'administration, au terme du délai de mise en instance, du pli recommandé contenant la décision, la notification est réputée avoir été régulièrement accomplie à la date à laquelle ce pli a été présenté à l'adresse de l'intéressé, dès lors du moins qu'il résulte soit de mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation du service postal ou d'autres éléments de preuve, que le préposé a, conformément à la réglementation en vigueur, déposé un avis d'instance informant le destinataire que le pli était à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière, le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet " avis de réception " sur lequel a été apposée la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l'enveloppe ou l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.
10. Il ressort des pièces du dossier que le volet " avis de réception " rattaché au pli contenant la décision du 29 juillet 2022 de l'OFPRA rejetant la demande d'asile de M. A, laquelle comportait la mention régulière des voies et délais de recours, indique, le 11 août 2022, comme date de vaine présentation et que le motif de non-remise du pli, à savoir " pli avisé et non réclamé ", est indiqué sur l'enveloppe. Il en ressort également que le pli a été retourné à l'OFPRA, le 5 septembre 2022, après le terme du délai de mise en instance. Dans ces conditions, et en l'absence de circonstance particulière invoquée par le requérant, la notification de la décision du 29 juillet 2022 de l'OFPRA doit être regardé comme ayant été accomplie à la date à laquelle le pli a été présenté à l'adresse de M. A, demeurée inchangée. Il en résulte que, l'intéressé n'ayant déposé un recours devant la CNDA contre cette décision que le 14 décembre 2022, soit après l'expiration du délai de recours, et en l'absence de preuve du dépôt d'une demande d'aide juridictionnelle pendant ce délai, il ne disposait plus d'un droit de se maintenir sur le territoire français depuis la notification de cette décision. Dans ces conditions, le préfet de la Seine-Maritime a légalement pu édicter la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 541-1 et L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du même : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ".
12. M. A soutient que son état de santé requiert un suivi médical à la suite de l'intervention chirurgicale subie le 13 septembre 2022 en raison de la présence de trois abcès axillaires, soins dont il ne pourra bénéficier dans la région du Tigré en raison du conflit en cours. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intervention précitée ne requiert que des " suites simples ", avec une " évolution favorable " du patient, dont la plaie est propre. Il en ressort également que cette intervention n'implique que des soins infirmiers à effectuer jusqu'à cicatrisation complète, dont le requérant n'établit, ni même n'allègue qu'elle n'était pas réalisée à la date de la décision attaquée, plus de deux mois après l'opération. Il ressort enfin de l'ordonnance produite, datée du 13 septembre 2022, que, outre les produits nécessaires au nettoyage de la cicatrice et aux changements de pansement, M. A ne s'est vu prescrire que des antalgiques. En tout état de cause, par les seuls articles de presse en ligne généraliste versés à l'instance, l'intéressé n'établit pas qu'il ne pourrait pas bénéficier des soins infirmiers prescrits, à les supposer encore nécessaires, dans son pays d'origine, en dehors de la région du Tigré. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Il en va de même, pour les mêmes motifs, du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant à la situation médicale de M. A.
13. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que la présence en France de M. A est récente et qu'il n'établit pas, ni même n'allègue y avoir des attaches familiales, ni noué des liens particuliers. Il n'allègue pas davantage être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine en dépit de la perte de certains membres de sa famille lors du conflit. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle de M. A doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
14. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales () ". Aux termes de l'article 2 de cette convention : " Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. () ". Aux termes de l'article 3 de cette même convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
15. Ainsi que l'a rappelé la cour administrative d'appel de Douai, dans un arrêt n° 18DA00572 rendu le 19 juin 2018, fiché en R, faisant état de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, il appartient au ressortissant étranger de produire les éléments susceptibles de démontrer qu'il serait exposé, en cas de retour dans son pays d'origine, à un risque réel de traitement contraire aux stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, à charge ensuite pour l'autorité administrative de lever les doutes éventuels que ces éléments ont pu soulever, compte tenu de la situation générale de ce pays et des circonstances propres à l'intéressé. A cet égard, et s'il y a lieu, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, de rechercher s'il existe une situation générale de violence dans le pays de renvoi ou, si l'intéressé en est originaire, dans une région de ce pays, et le cas échéant, s'il peut être renvoyé dans ce pays, à l'exclusion de cette région, du seul fait qu'un retour l'exposerait à une situation de violence généralisée.
16. M. A soutient que de nationalité éthiopienne, et appartenant à l'ethnie tigréenne, il ne pourra que retourner, en cas de renvoi forcé, dans sa région d'origine, laquelle est en proie, depuis le mois de novembre 2020, à un conflit mettant aux prises les forces armées éthiopiennes et érythréennes, les forces régionales amharas et le Front de libération du peuple du Tigré. Il précise également qu'il a subi des sévices de la part des autorités éthiopiennes en raison de son appartenance à l'ethnie tigréenne, de même que d'autres membres de sa famille, dont certains ont perdu la vie à cette occasion. Le préfet, qui ne conteste pas sérieusement que l'intéressé est originaire de la région du Tigré, ni qu'il soit d'ethnie tigréenne, ni la réalité des sévices qu'il a pu subir, fait valoir qu'un accord de paix a été signé, le 2 novembre 2022, entre les parties belligérantes.
17. Il ressort des pièces du dossier, en particulier d'un article, mis en ligne le 3 novembre 2021 sur le site d'information de l'Organisation des Nations unies, qu'un rapport conjoint de la Commission éthiopienne des droits de l'homme et du Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations Unies, a constaté l'existence de " violations du droit international des droits de l'homme, du droit international humanitaire et du droit international des réfugiés, dont certaines peuvent constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ". Il en ressort également que le conflit a ravivé les tensions interethniques entre Amharas et Tigréens, qui se sont traduites par des exactions sur les populations civiles. A cet égard, un rapport de l'organisation non-gouvernementale Human Rights Watch, mis en ligne le 16 juin 2022 et cité par le requérant, met en évidence l'épuration ethnique à l'œuvre au Tigré, à l'égard des Tigréens, ayant conduit à leur déportation forcée par les forces éthiopiennes et amharas. Par ailleurs, ainsi que l'indiquent les articles produits par l'intéressé, l'accord signé le 2 novembre 2022 a seulement pour effet de mettre fin aux hostilités et sa mise en œuvre demeure pour partie conditionnée au retrait des troupes érythréennes, alors en outre que postérieurement à cet accord, de nouvelles exactions ont été signalées à l'égard des populations civiles. Enfin, ainsi que le précise le requérant, dans une décision n° 19050187 du 30 avril 2021, librement consultable sur son site internet, la Cour nationale du droit d'asile a reconnu une situation de violence aveugle d'intensité exceptionnelle dans la région éthiopienne du Tigré et l'a confirmée récemment dans une décision rendue le 26 janvier 2023, versée à l'instance. Dans ces conditions, si, ainsi qu'il est opposé en défense, rien n'impose à M. A de retourner dans sa région d'origine, quand bien même il y a toujours vécu, le préfet a en revanche méconnu les dispositions et stipulations citées au point 14 en n'excluant pas, dans la décision fixant le pays de renvoi, la région du Tigré, qui comportent cinq aéroports, dans le pays dont M. A a la nationalité. Par suite, les moyens invoquant leur méconnaissance doivent être accueillis dans cette mesure.
18. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le moyen restant invoqué au soutien des conclusions dirigées contre la décision attaquée, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 25 novembre 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a fixé le pays de renvoi de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet, en tant qu'elle n'exclut pas la région du Tigré dans le pays dont il a la nationalité.
19. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 25 novembre 2022 du préfet de la Seine-Maritime seulement en tant que, en ce qu'il fixe le pays de renvoi, il n'exclut pas la région du Tigré dans le pays dont l'intéressé a la nationalité.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
20. Eu égard à la nature de la décision partiellement annulée, l'annulation prononcée n'implique aucune mesure d'exécution, de sorte que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les conclusions au titre des frais exposés et non compris dans les dépens :
21. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée. Ces dispositions font toutefois obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante pour l'essentiel dans la présente instance, au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La décision du 25 novembre 2022 du préfet de la Seine-Maritime portant fixation du pays de renvoi est annulée en tant qu'elle n'exclut pas la région du Tigré dans le pays dont M. A a la nationalité.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Camus et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 21 février 2023.
Le magistrat désigné,
J. BLa greffière,
N. Drouilhet
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026